Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. III, $ IV, p. XIII
7. — « il figurarsi un esatta analogia fra le immagini colle quali s’apprendon gli oggetti, e le voci colle quali s’esprimono, è figurarsi un assurdità. » Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. IV, 81, D'XIV:
limité à la variété des sons qui les représentent :. C’est le résultat fatal de l’usage et de la convention arbitraire par lesquels, avec des sons immuables, on veut exprimer des objets essentiellement variables. Et la preuve que la multitude des objets et des images est, dans chaque cerveau, incomparablement plus grande que les mots qui servent à les désigner, découle, à l'évidence, de la fréquente difficulté que l’on éprouve à s'exprimer ?. Cesarotti notera, lui aussi, cette insuffisance des Langues par rapport aux besoins de l'esprit *. Il n’admettra pas, cependant, ce qui est assez contradictoire, que l’on puisse être embarrassé dans l’élocution t,
Ortes remarque toutefois, et avec raison, que les sons bénéficient, eux aussi, d’une indéfinie possibilité, mais non par rapport aux objets : seulement par rapport à euxmêmes. C’est par là qu’il explique la diversité du langage dans l’espace et le temps‘. A cet égard les mots, éternels fugitifs, ont une indépendance que nous essayons vainement d’enchaîner et qui nous entraîne à leur poursuite.
Ces changements du langage dans l’espace et le temps vont donc aggraver encore la non concordance des termes avec les objets à désigner. Au surplus — Ortes a nettement vu cette particularité mise en lumière par Cesarottis —
1. — Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. IV, $ II, p. XV. 2. — Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. IV, $ III, p. XVII.
3. — Saggio sulla Filos. delle Lingue, part. III (Opere, t. I, p. 131).
4 — « Niun uomo che parla si trova mai imbarazzato per mancanza di termini. » Saggio sulla Filos. delle Lingue, part. I (Opere, t. I, p. 26). Il est vrai que Cesarotti parle de la langue courante, plus animée, plus vivante, plus libre, plus féconde que la langue écrite.
5. — « Quindi apparisce perchè le lingue abbiano ad esser diverse a diversi tempi e nei diversi luoghi, perchè essendo le maniere colle quali li voci possono articolarsi infinite, e dovendo esse adoprarsi a numero finito per esprimer oggetti medesimi e consimili, ben che infiniti; non v'à ragione perchè a questo uso s’adoprino l’une anzichè l’altre di esse... » Rifless. sugli Ogg. apprens., chap V, $ I, p. XVIII.
6. — « Le Arti, le Scienze, il Commercio presentano ad ogni momento oggetti nuovi, che domandano d’esser fissati con nuovi termini. » Saggio sulla Filos. delle Lingue, part. I (Opere, t. I,
cette non concordance se trouvera accentuée chaque jour avec l'apport du progrès qui crée de nouveaux objets et de nouveaux usages, nécessitant de nouveaux sons pour les énoncer :. De telle sorte qu’au cours des siècles les anciennes expressions changent de sens ou diparaissent, de nouveaux termes surgissent, toutes choses qui modifient profondément les Langues, sans compter les emprunts respectifs — nécessaires d’après Cesarotti? — des Langues entre elles ÿ.
On comprend, par suite, la difficulté de désigner exactement les objets ou les images d’une époque et d’un lieu avec le langage d’une autre époque et d’un autre lieu “. La pratique des Langues mortes ou étrangères ne
saurait suffire à cette dernière fin : elles ne fournissent guère que de nouveaux termes, ce qui est peu en vérité pour la connaissance proprement dite’. Et nous retrou-
p. 20). Cesarotti complètera du reste ces causes de modification des langues : mots vieux adaptés ; idées changées ; sensibilité de l'oreille accrue ; influence d'écrivains ; l’usage ; la mode... (part. II, ibid., p. 67 et 68). A noter toutefois que ces adjonctions ne sont justifiées que si les circonstances de fait les nécessitent (Voir part. III, ibid., p. 132).
1. — Pour Cesarotti le progrès de la langue est fonction des progrès de l’esprit (part. I, ibid., p. 33). Les langues cesseront de s'enrichir quand l'esprit n’aura plus rien à découvrir, ni matière sur quoi méditer (ibid., p. 20).
2. — « Le cause dell’alterazione sono inevitabili e necessarie. » Saggio sulla Filos. delle Lingue, part. I (Opere, t. I, p. 21) ; Voir encore, ibid., p. 17, et part. II (Ibid., p. 70 et 71).
3. — Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. V, $ IL, p. XX, XXI.
4. — On pourrait étayer ce raisonnement d'Qrtes par des citations de Cesarotti : « .l’estrema difficoltà di giudicare adeguatamente delle opere scritte in una lingua morta o straniera, riuscendo spesso impossibile di conoscer con precisione qual fosse allora lo stato attuale e individual dei vocaboli, quale il senso accessorio predominante, se i colori delle metafore fossero vivaci o sfumati. » Saggio sulla Filos. delle Lingue, part II (Opere, t. I, p. 68).
5. — « la cognizione delle lingue morte o vive straniere, non amplifica per nulla la cognizioni degli oggetti, ma carica soltanto la mente di più termini d’essi appresi ad un modo solo, diritto o torto ch'’ei siasi, lasciando ciascuno nello stato d’ignoranza o di dottrina, nel quale d’altronde ei si trovi. » Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. V, $ III, p. XXI in fine, XXII princip. Cesarotti, au contraire, estimait que les traductions de langues étran-
vons ici l'influence de Descartes qui avait le mépris des Langues et ne faisait pas plus de cas du grec et du latin que de l’hébreu : ; Cesarotti ne dira pas autre chose ?.
Evidemment Ortes n’est pas un chaud partisan de la vulgarisation des Langues * ; il s’opposait ainsi, le fait vaut d’être signalé, à Vico qui, dès son retour à Naples, après neuf années de solitude à Valtolla, accuse dans ses Lettres, ses discours, ses opuscules, les mathématiques généralisées par la méthode cartésienne, d’étouffer l'induction, de tuer l'Histoire, la Physique, l’Eloquence, les Arts, en un mot tout ce qui n’est pas susceptible d’une démonstration précise ni d’une exactitude absolue ‘.
La multiplicité des combinaisons d’objets, diverses chez chacun, entraîne un ordre déterminé par lequel les hommes se différencient de groupe à groupe, et qui constitue les mœurs — i costumi — dans des lieux et des temps différents *. Cette diversité de mœurs ne sera, en aucun
gères, bien loin de « charger l’esprit » avaient une réelle utilité : « per dar nuovi atteggiamenti e nuove richezze alla lingua nulla gioverebbe maggiormente che l’instituire une serie di giudiziose traduzioni degli autori più celebri di tutte le lingue in tutti gli argomenti, e in tutti gli stili..… » Saggio sulla Filos. delle Lingue, part. III (Opere, t. I, p. 165).