‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 6 sur 197 · Voir Infra, chap. V, Des Fidéicommis, p. 364 et suiv · texte numérisé non relu

Voir Infra, chap. V, Des Fidéicommis, p. 364 et suiv

2. — C'est ainsi qu’il haïssait l'Angleterre protestante et oppose toujours dans ses écrits — par exemple dans les Errori popolari sull’Economia Nazionale et dans les Fidecommessi — les nations protestantes aux nations catholiques pour conclure à la supériorité de celles-ci sur celles-là. Voir également Lettere sulla Religione e il Governo de’ Popoli. Lett. Famil. (CUSTODI, ouv. cit., p. m., t. XXV, p. 262) ; Lett. XXVIII, à Michele Ciani, de Venise, le 6 avril 1782 (Cusront, p. m., t. XXIV, p. 405), et surtout son Traité Della Differenza della Religione Cattolica da tutte le altre. (Op. varie autogr., Marciana It., class. II, cod. CXXXVIII, f” 81 à 94 recto et verso).

3. — LAMPERTICO, Giam. Ortes e la Scienza econ. al suo tempo,

pratique. Il en fit la pénible expérience. S’occupant de négoce, en la manière des hommes de Lettres ou de Science, les résultats ne tardèrent pas à s'affirmer tout négatifs. Il tomba en faillite et « se mit à rentes viagères » pour assurer son existence et celle des siens.

Est-ce à dire, comme on l’a prétendu, qu’il vécut misérable ? Il ne le semble pas. Sans doute, il était très méticuleux, conservait ses livres de comptes ?, et surveillait de près ses intérêts *. Mais il y à là surtout précaution de sa nature prudente plutôt que nécessité réelle. On ne peut même pas dire qu’il fût obligé &e travailler. Il le reconnaît lui-même : « Si j'avais dû gagner ma vie par quelque métier, je crois que je me serais fait musicien » “ : la musique était sa passion, comme celle de tout Vénitien. Il fut, en somme, un dilettante à la fois contemplatif et studieux : « Je n'ai jamais été très actif », avoue-t-il un jour‘; et, dans une de sesLettres, comme dans son Journal du reste‘, il se reconnaît de tempérament fleg-

p. 165. Voir dans le même sens sa réflexion sur sa « profession » dans l’Avis au Lecteur qui précède le manuscrit de ses Sonnets (Op. varie autogr., Marciana, tbidem, f° 246 recto). Dans son Opuscule Dell’ Autorità di Persuazione e di Forza, Ortes déclare encore : « Per me. ammetterd sempre la Religione cattolica sopra le altre, prescindendo ancora dalle verità eterne insegnate da essa, e che incomparabilmente accrescono il suo valore… », XII (Op. varie autogr., Marciana, ibidem, f° 110 recto ; CICOGNA, Trattatelli ined., p. 59 in fine et 60 princip.). Enfin dans l’Avertissement à son Essai de la Philosophie des Anciens, il dit : « Questa fede cattolica io mi glorio di professare costantemente avvegnachè filosofo. » (Saggio della filos. degli Antichi, Avvertim. p. 6 in fine).

1. — LAMPERTICO, Giam. Ortes e la Scienza econ. al suo tempo, p. 29.

2. — Lettre XXII, à Ciani, de Venise, 23 septembre 1780. (Cus- TODI, OUV. Cit., p.m., t. XXIV. p. 393).

3. — Voir Lettre XIV, à Michele Ciani, de Venise, 25 mars 1780. (Cusropt, ouv. cité, ibidem, p. 373).

4, — « Se avessi dovuto procurarmi il vito con qualche mestiero, credo che quel della musica sarebbe stato il mio. ». Lettre XVIII, à Ciani, de Venise, 3 juin 1780. (CUSTODI, ouv. cit. P. M. t. XXIV, p. 384).

5. — « Non sono mai stato molto attivo. » Lettre L, à Ciani, de Venise, 23 Mars 1786. (Cusropt, ouv. cit., ibidem, p. 459).

6. — « Il mio naturale di raro collerico, si stabili flemmatico ». Memorie ined. (Cicocna, Trattatelli ined., p. 11).

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matique et indifférent, Mais, s’il estimait qu’un peu de paresse est nécessaire?, il ne demeura jamais oisif, combattit la mollesse, et défeadit toujours, dans son Economie Nationale en particulier, la grande loi du travail universel.

Ce n’est donc pas la nécessité — puisqu'il se proposait plaisamment de vivre comme un mameluk 4 — mais bien la volonté, aussi l’ennui de l’oisiveté, qui stimulèrent son activité intellectuelle. « J’en suis réduit à écrire quelque chose pour mon seul agrément » *. D’autres fois, il cherche à oublier dans l'étude ses soucis personnels.

Au surplus, si la question matérielle n’est point, pour Ortes, sans importance ; si, à l'occasion, il ne laisse pas de récriminer contre ses débiteurs qui volontiers « paient le plus tard possible, le moins possible et quand ils le peuvent ne paient rien »°, il semble que ses ressources fussent encore supérieures à ses besoins, puisqu'il put, à diverses reprises, augmenter ses rentes viagères ? — mode

1. — « Io veramente mi trovô per temperamente flemmatico e indifferente. » Lettere in propos. della Econ. Nazion., Lett. VI, 9 août 1777. (CusrTopr, ouv. cit, p. m., t. XXIII, p. 175). Voir Infra, p. 29 et n. 1.

2. — Parlant de Guido Grandi, il le disait en effet « …incapace di godere un poco di quella pigrizia che finalmente è necessaria a chi vive vita mortale.. ». (Vita del P. Guido Grandi, p. 154).

3. — « …ella vede ch'io colle mie dottrine non coltivo negli uomini mollezza o infingardaggine alcuna, ma che procuro all opposto che questi poveri spensierati, in luogo di affaticarsi male per rendersi infelici e scontenti, s’affatichino meglio per rendersi contenti e veramente felici. » Tre Lettere a Michele Ciani. Lett. II, de Venise, 8 août 1778 (CUSTODI, Ou. cit., p. m. t. XXIII, p. 356).

4. — Dans une de ses lettres explicatives sur l'Economie Nationale, il écrivait à Ciani : « Due altre vorrei pure scriverne € dopo queste penso di fare il poltrone senza più scrivere e di vivere da mammalucco per almeno 30 anni ». Lett. V, de Venise, 26 Juillet 1777. (CUSTODI, ouv. cit., p. m., t. XXIV, p. 342).

5. — « per fuggir la noja del quale (l’oisiveté) son poi ricorso al ripiego di scrivere quache cosa per mio solo trattenimento. » Lett. XXI, à Ciani, de Florence, 9 septembre 1780. (CusTont, ouv. cit, ibid., p. 390).

6. — Lettre XXIX, de Venise, 9 novembre 1782. (CUSTODI, oûv. cit., ibid., p. 409).

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