‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 60 sur 197 · bid., p · texte numérisé non relu

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2. — « .….giacchè tanto è necessaria la religione per verificare 11 Principato quanto il Principato per verificare la Religione… » Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. I, précit. (CUSTODI, ouv. cit., ibid., p. 276). Voir encore Lett. X, précit. (CUSTODI, OU. Cit., p. m., t. XXVI, p. 104, 118, 121).

3. — « Certo è che esclusa dal governo la Religione del tutto, il sovrano, arbitro assoluto di tutti i suoi sudditti puô far di loro quel che a lui pare. » Lett. sulla Relig. e il Govern. Lett. XII, précit. (CusToDI, ouv. cit., ibid., p. 206).

4. — Aussi, tant cette entente lui semble indispensable, ne craint-il pas de recommander que, s’il n’est vraiment pas possible de réaliser une collaboration réelle, il importe du moins de ménager l’apparence théorique de cette bonne collaboration : « se la religione non puô aver parte nel Governo per teorica e per pratica, l’abbia almen per teorica… » Lett sulla Relig. e il Govern. Lett. XII, précit. (CusrTopt, ouv. cit., ibid., p. 205 in fine, 206 princip.).

5. — Le Servite Sarpi, plus connu sous le nom de Fra Paolo, historien du Concile de Trente, était un des plus célèbres docteurs en Théologie du xvi: siècle. Sa vaste érudition, son sens

reproche de s'être lourdement trompé en fondant la Religion sur la pauvreté servile et ñon sur la pauvreté volontaire !, risquant de provoquer ainsi la décadence de l'Eglise? et, par suite, d’aggraver la subordination de l'autorité de Raison à l'autorité de Force :.

Cette subordination de l'Eglise au Principat ne devrait pas, d’après Ortes, se rencontrer dans les nations catholiques *, mais bien chez les peuples non catholiques, les

avisé des choses de la Politique en firent le Conseil écouté de la République, pendant les démélés de la Sérénissime avec le Pape Paul V, notamment au sujet de la mise en accusation par les Dix du chanoine vicentin Saracere et de l'abbé de Narveze Brandolino que Rome soutenait dépendre de la justice du Nonce à Venise. Fra Paolo, pour défendre les droits de sa Patrie, écrivit à cette occasion un célèbre manifeste où il combattait hardiment l’Interdit que le Pape avait fait publier, menaçant d'Excommunication, s'ils ne cédaient, le Doge, le Sénat et tous les sujets de la République. Il publia également plusieurs ouvrages pour préciser et limiter le pouvoir spirituel des Papes. A sa mort, les Vénitiens le vénérèrent comme un Saint.

1. — Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. XI, du 17 mars 1781 (CUSTODI, ouv. Cit., p. m., t. XXVI, p. 171).

2. — Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. XI, précit. (CUSTODI, ouv. Cit., ibid., p. 159).

3. — C’est surtout dans ses Lettres X et XI qu'Ortes examine la Doctrine de Fra Paolo et la discute, notamment sur la confusion qu’il lui reproche entre la pauvreté volontaire et la pauvreté servile. Lett. X (Cusropr, ouv. cit., ibid., p. 107, 108, 110, 111, 112) ; Lett. XI (Ibid., p. 155). Il y défend également, et par voie de conséquence, le temporel ecclésiastique. Lett. X (Ibid. p. 118, 121, 123) ; Lett. XI (1bid., p. 163, 167, 168).

4. — Comme on lui avait objecté qu’en fait le Principat l'emporte sur la Religion, Ortes répond longuement sur ce point dans deux de ses Lettres. Dans la première (Lett. V, du 23 décembre 1780, Cusrtopr, ouv. cit., p. m., t. XXV, p. 374 à 405), il explique à Ciani, qui lui avait reproché d’exagérer les qualités des nations catholiques où le gouvernement ne se caractérise pas toujours par la distinction entre les deux Principes, en recourant à une subtilité spécieuse : rien n’empécherait l'Eglise, Autorité de Raison normalement investie, d'exercer l'Autorité de Force si elle lui est déléguée par le Principat (CUSTODI, ouv. cit, ibid., p. 394, 395). C’est évidemment un peu insuffisant comme argument, d'autant qu’en équité il faudrait admettre la même possibilité de délégation par l'Eglise en faveur du Principat, ce qui justifie toutes les tyrannies. Dans son opuscule sur la Différence de la Religion Catholique d’avec toutes les autres, il dénie du reste cette possibilité de délégation : Differenea della Relig. Catt., chap. XIII (Op. varie autogr., Marciana, It. class. II, cod. CXXXVIII, fo 89 recto). Voir Infra, p. 178.

protestants notamment:, et surtout parmi les nations non chrétiennes, comme les juives où le Principat est soumis à la Religion ; comme les musulmanes où le principe de Force domine le principe de Raison.

Dans sa seconde Lettre, dont le « sérieux, annonçait-il à Michele Ciani, correspond moins à ces derniers jours de Carnaval où je l’ai rédigée, qu’aux premiers jours du Carême où vous la lirez »?, Ortes examine la portée de ces principes, et notamment la raison pour laquelle, dans la plupart des nations non catholiques, il n’est guère

Aussi Ortes est-il obligé de convenir qu’au cours des siècles trop de Princes furent par des Papes « vescovizzati », et trop d’'Evéques par des Princes « principizeati »y (Custopt, ouv. cit., ibid., p. 394). Dans sa seconde Lettre (Lettre VI, du 6 janvier 1781, Cusroni, ouv. cit., ibid., u. 406 à 435), Ortes cherche également à expliquer pourquoi le Principat l'emporte sur l'Eglise même dans les nations catholiques. Il voit du reste une preuve d’union et d'égalité des deux Principes dans les serments prêtés à la fois à l’Eglise et au Principat, ou bien encore dans la possibilité, du moins théorique, pour l'Eglise, de choisir librement ses chefs. Dans la pratique, il n’en est certes pas souvent ainsi ; Ortes en donne une raison inattendue : les ministres de la Religion, trop souvent alléchés par les bénéfices dispensés par le Principat, préfèrent cette sujétion à l’union effective (CusTopt, ouv. cit., ibid., p. 422, 423). Il s’élèvera, du reste, avec indignation contre cette soif de richesses des ministres de la Religion. Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. XVIII, précit. (CUSTODI, ouv. Cit., p. m., t. XXVI, p. 410).

1. — A tout instant dans ses Lettres sur la Religion, notamment dans la Lettre XII, précit. (Cusront, ouv. cit., ibid., p. 174 à 212) et dans la Lettre XVI, du 23 mars 1781, où il critique les prétentions « impossibles, hyperboliques et injustes » de l'Angleterre (CusTopI, ouv. cit., ibid., p. 341), comme du reste, d’une facon générale, dans ses divers écrits, Ortes revient sur le Schisme protestant pour l’accabler, et sa rancœur est telle au’il admet parfaitement la révocation de l’Edit de Nantes et l'exil des Huguenots. Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. IX, précit. (Custont, ouv. cit., ibid., p. 76). L'unité de religion dans l'Etat est en effet à ses yeux chose essentielle. Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. XIX, du 11 mai 1782 (CusToDt, ouv. cit., ibid., p. 447). Or, à son avis, le Protestantisme, par la confusion provoquée entre les deux principes de Raison et de Force, aurait fait regresser l'Humanité au stade des peuples païens. Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. II, précit. (CUSTODI, OU. Cit., p. m. t. XXV, p. 309).

2. — Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. I, précit. (CUSTODI,

ouv. cit., ibid., p. 285). Rappelons que la Lettre II porte, en effet, la date du 12 février 1780.

qu’un simulacre de gouvernement par suite du défaut de l'élément constitutif et indévendant de la Religion !,

Les diverses nations réparties dans l’humanité seront sages ou déraisonnables suivant que dans chacune d'elles dominera la raison commune ou l'ambition particulière. Les gouvernements respectifs reflèteront naturellement ces tendances et, suivant les cas, seront véritables ou ne représenteront qu’une apparence de gouvernement. Et ce qui est vrai pour chaque nation doit l'être également pour l’ensemble des nations qui représenteront, par rapport à l’univers, la raison commune ou une ambition particulière nationale. Or, 1a plupart des peuples étant animés d’ambitions particulières, leurs gouvernements ne pourront guère être que fictions ?.…

Ainsi la distinction entre l'esprit égoïste — l’amourpropre suivant Son expression — et l'esprit de raison commune expliquerait, d’après Ortes, la prédominance dans le gouvernement et dans la nation soit d’un esprit universel de raison commune, soit d’un esprit particulariste de raison nationale. Par cette extension d’un principe particulier d’abord, national ensuite, social enfin, on arrive à la théorie même de l’Internationalisme. Et cette tendance, philosophique évidemment plutôt que politique, est inattendue chez un penseur pénétré des antiques méthodes gouvernementales et tout imprégné de traditions vénitiennes, le plus féroce particularisme national qui ait, et si longtemps, existé.

Il convient de remarquer du reste, qu’Ortes n'hésite pas à admettre, lorsque dans les nations prévaut une tendance ambitieuse, qu’une ambition plus accentuée encore de gouvernement ia vienne réprimer. C’est la justification

1. — C’est ce qu’il examinera encore dans son opuscule Della Differenza della Religione Cattolica da tutte le altre (Infra, p. 176 et suiv.).

2, — « se la maggior parte delle Nazioni e de’ Governi loro non son che finzioni, ciô non avviene se non perchè l’ambizione ne’ rispettivi popoli prevale alla ragione. commune, vale a dire perchè l'inganno fra loro prevale… » Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. II, précit. (Cusronr, ouv. cit., ibid., p. 291).

même du despotisme!, toujours particulariste, et, par suite, en opposition formelle avec la thèse internationaliste, aboutissement logique des principes qu’il a le plus catégoriquement affirmés. Peut-être y pourrait-on voir une influence possible de Malebranche qui établit la souveraineté absolue de la raison -— la raison commune d’'Ortes — à l'égard de toutes les volontés, qu’il s'agisse des individus et des peuples, des particuliers et des rois, de Dieu même?; peut-être encore n’y a-t-il guère là qu’une tentative d’explication de l’absolutisme souverain du Conseil des Dix.

Quoi qu’il en soit, on retrouve dans ces idées d’Ortes la tendance que nous avions signalée * de tout ramener au peuple, qui, en définitive, doit imprimer au gouvernement l’impulsion qu’il désire et lui marquer sa direction . C’est donc au peuple qu’il appartiendra de se corriger de ses erreurs et de réaliser cette raison commune source de tous les bienfaits sociaux, au lieu de s’en tenir à l’ambition particulière, source de tous les désordres et de tous les mécomptes *. Ce sont, en effet, ses changements

1. — « ….qualora nelle nazioni prevalga l’ambizione alla Religione o ragione comune, giova che un’ ambizione maggior di Governo reprima tutte le altre particolari minori de’ popoli…. » Lett. II, précit. (Cusropt, ouv. cit., ibid., p. 294). Il dit encore «il dispotismo si rende allor necessario per salvar la Nazione... » Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. XII, précit. (CUSTODI, ouv. CH DD, DCR NIESD 183);

2. — Voir FRANCISQUE BOUILLIER, Hist. de la Philos. cartés., t. II, chap. V, Vision de Dieu, p. 96.

3. — Nous avons dit (chap. I, Supra, p. 54 et suiv.) et nous verrons plus loin ({nfra, chap. V, Des Fidéicommis, p. 365) que par suite d’erreurs accidentelles, emporté par les besoins de ses démonstrations, Ortes a pu, exceptionnellement, subordonner le Peuple au Prince ou à la noblesse.

4, — Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. II, précit. (CUSTODI, ouv. cit., p. m., t. XXV, p. 292 in fine, 293 princip.). Dans une autre Lettre il ajoutait : « Chiesa e Principato non poter esser che quali son voluti e riconosciuti dai popoli. dovendo ogni governo.. adattarsi alle disposizioni de’ popoli e non mai i popoli alle disposizioni de’ Governi… » Letit. sulla Relig. e il Govern., Lett. XV, précit. (CUSTODI, ouv. cit., p. m., t. XXVI, p. 297).

5. — Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. II, précit. (CUSToDt, ouv. cit., p. m, t. XXV, p. 295). Et il ajoute : « Ma in qualsivoglia sua situazione e in ogni evento sarà sempre il popolo

propres qui provoqueront les changements utiles dans le gouvernement, comme sa volonté pourra interdire légitimement l'application de lois injustes !. Et l’on ne saurait sérieusement contester qu’il n’y ait là, au point de vue politique, une idée lourde de conséquences, justificative de toutes les révolutions et qui affirme déjà les principes que devait consacrer, quelques années plus tard, la Déclaration des Droits de l'Homme. Ortes est ainsi tout près de nos Encyclopédistes les plus rénovateurs. Rares furent ceux qui affirmèrent au Seftecento, avec autant d'énergie que de précision, le dogme de la souveraineté populaire. Aucun Vénitien, surtout, ne l'avait encore osé, et nous étions fondé à soutenir qu'il fallait à Ortes un beau courage pour se faire le propagandiste de telles idées.

Ainsi nous apparaît, dans ses grandes lignes, le traité sur la Religion ei le Gouvernement des Peuples, qui suscita maintes critiques. Dans les Lettres particulières examinées au cours de notre exposé, Ortes tenta de les réfuter... avec « ordre et précision » ? autant que la précision puisse se concilier avec les développements touffus de ces épîtres, par leur auteur lui-même qualifiées de lungagne * et de « bavardages » #, et qui, à l’en croire, étaient susceptibles d’interprétations différentes 5.

che inspirerà i sentimenti e provvederà il Governo, e non mai il Governo che inspiri i sentimenti nel popolo. » (Jbid., p. 296).

1. — « se sono ingiuste i popoli non son tenuti a osservale. » Della Differenza della Relig. Cattol. da tutte le altre, chap. XII, (Op. varie autogr., Marciana, It. class. II, cod. CXXXVIII, fo 88 verso).

2. — « con quell ordine e quella precisione che saprô migliore. » Lett. sulla Relig. e il Govern.,, Lett. VII, précit. (CusTopi, ouv. Cit., 1bid., p. 8).

3. — Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. X précit. (CusTopr, OUDNCILS Di 06 XX VTT, 0D1352);:

4. — Lett. sulla Relig e il Govern., Lett. XX, précit. (CUSTODI, ouv. cit., ibid., p. 491).

5. — « Dicono che v'’ha une gemma detta Opalo, la quale apparisce di colori diversi à misura delle diverse direzioni colle quali è riguardata. Tali potranno apparire queste considerazioni stesse. » Lett. sulla Relig. e il Govern, Lett. XIII, précit. (Cuszopi, ouv. cil., ibid., p. 243).

L'importance de la coopération rationnelle de la Religion et du Principat dans tout gouvernement apparaissait telle à Ortes, qu’il s’efforça de parfaire Ses démonstrations dans les trois opuscules dont il convient, pour épuiser complètement le problème, de rapporter maintenant une analyse au moins succincte.

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Dans ses écrits sur la Différence entre la Religion Catholique et toutes les autres', la Confession chez les Catholiques ?, les Autorités de Persuasion et de Force, Ortes s'attache à renforcer sa démonstration de l'utilité politique de la Religion, à justifier sa participation au gouvernement, et la possession par l'Eglise d’une richesse propre.

Dans l’appréhension de l’état de choses nouveau qui allait tendre à dépouiller l’Eglise non seulement de son patrimoine, mais encore de toutes ses prérogatives séculaires, on comprend qu’'Ortes s’appliquât à imposer l’autorité de la Religion, par sa collaboration nécessaire avec le Principat, pour défendre, en même temps que son indépendance, la légitimité de son temporel.

Après avoir une fois de plus posé en axiome qu’une seule et même autorité ne saurait, dans la nation, à la fois persuader et contraindre, il s’élève contre l'erreur

1. — Della Differenèa della Religione Cattolica da tutte le altre ( Op. varie autogr., Marciana, It., class. II, cod. CXXXVIII, f” 81 à 93 recto et verso). L'ouvrage compte XVIII chapitres plus un chapitre supplémentaire non numéroté (f* 93 verso et 94 recto). Le manuscrit porte la date du 1” mars 1788.

2. — Della Confessione fra i Cattolici (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f” 78, 79 recto et verso).

3. — Dell’Autorità di Persuasione e di Forza fra loro divise. (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f” 106 à 109 recto et verso, 110 recto). Le manuscrit est daté du 1° septembre 1788. L’ouvrage fut publié par Cicocna dans ses Trattatelli ined. di Giam. Ortes, p. 45 à 59. Pour faciliter la vérification des références, nous renverrons, pour chaque citation, à la fois au manuscrit et à l'ouvrage de Cicogna.

4, — « non puô un’ autorità stessa nelle nazioni persuadere

générale de croire qu’il en peut être différemment :. Car les deux ministères de Persuasion et de Force doivent, dans la réalité pratique, s’unir et se soutenir dans une intime collaboration, seule capable de ménager des gouvernements raisonnables ?. La Religion est, à ses yeux, indispensable dans la nation * qu’elle soit — concession aux mœurs et pratiques du temps 4 — vraie ou simulée”,

e non puô nell’ istesso tempo astringere alle azioni medesime ». Dell Autor. di Persuas., XI (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 109 verso ; Cicocna, Trattatelli, p. 57). Voir encore Della

Differ. della Relig. Catt. chap. XV (Marciana, ibid., fo 90 verso).

1. — « L'errore… è questo di credere che l’autorità che persuade.. le azioni da farsi, sia quella eziando che astringe a farle, e che l’autorità che astringe a fare le azioni sia quella altresi che a quelle persuade.… » Dell Autor. di Persuas., I (Op. varie autogr., Marciana, 1bid., f° 106 recto; Cicocna, Trattatelli, p. 45).

2. — « Introdotto poi il Cristianesimo nelle nazioni l’autorità di persuasione o di Religione vera, s’unî da sè stessa al Principato e rese i Governi ragionevoli ». Dell’ Autor. di Persuas., XI, (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 109 verso ; CicoGna, Trattatelli, p. 58).

3. — « La Religione… è necessaria in ogni nazione perchè i sudditti rispettino il sovrano.. e … ciô procede saviamente se la Religione è saviamente professata dal Sovrano e dai sudditti. » Della Differ. della Relig. Catt., chap. I (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 31 verso).

4. — Il voyait dans la bonne entente existant parmi les adeptes de religions différentes une preuve de l'indifférence religieuse bien plus qu’une manifestation d’un esprit de tolérance louable. Della Differ. della Relig. Catt. (Marciana, ibid. f° 81 recto).

5. — « Ogni Sovrano.… dee indispensabilmente professare una Religione o vera e sincera, o falsa e simulata, senza la quale ei non potrebbe regnare, e un Re privo di Religione… non si trova sopra la terra. » Della Differ. della Relig. Catt., chap. I (Op. varie autogr., Marciana, ibid). Les religions simulées du reste sont courantes d’après Ortes. Della Differ. della Relig. Catt. chap. XVI (Op. varie autogr., Marciana, ibid, f° 91 recto). Cela se produirait toutes les fois que les Gouvernements, ce à quoi ils tendent, imposeraient leur autorité (chap. XVII, Marciana, ibid. f* 91 verso et 92 recto). C’est ce qu'Ortes précise dans une formule concise et claire : « Essa — la Religion — è vera quando sia libera e concordia col Principato al Governo dei popoli. Essa è falsa e simulata quando sia al Principato soggetta. » Della Differ. della Relig. Catt., chap. XVIII (Op. varie autogr. Marciana, ibid., fo 92 verso). pa

comme il advient dans les religions autres que la religion catholique :.

La religion catholique au contraire, tenant sa liberté d'elle-même et non du Principat?, n’est pas soumise au souverain, dont elle ne diminue du reste en rien l’autorité puisqu'elle collabore avec lui. Elle tend, en effet, à atténuer le despotisme du Principat, et par suite écarte les aléas que ce despotisme comporte pour la sécurité du souverain, Elle ne lui est donc pas opposée, mais étroitement solidaire Toutefois pour apporter au Prince un appoint moral effectif, la Religion doit pouvoir en approuver les lois : C’est par là qu’elle est une garantie de bon gouvernement ‘, Mais cette sorte d’ « enregistrement » n’aura pas pour résultat de substituèr l’autorité de l'Eglise à celle du Principat, éventualité, nous le savons, inadmissible dans la théorie d'Ortes® malgré de fâcheuses mé-

1. — Della Differ. della Relig. Catt., chap. II (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 82 verso princip.).

2. — Della Differ. della Relig. Catt., chap. XVIII (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 92 verso, princip.).

3. — Della Differ. della Relig. Catt., chap. III (Op. varie autogr. Marciana, ibid., f° 82 verso ; chap. XII, f° 88 verso).

4. — « …colla vera Religione l’autorità di persuazione fù quella che piegô la volontà dei popoli al Sovrano, e assicurô i sovrani dell obbedienza e dell amore dei sudditti… » Della Differ. delle Relig. Catt., chap. VII (Op. varie autogr. Marciana, ibid., f° 85 recto).

5. — « Questa approbazione della Religione alle leggi del Principato ognun vede quanto imponga freno all’arbitrio del Principato per non opprimer colle leggi i suoi popoli e per prescrivere le leggi conformi alla ragion comune… » Della Differ. della Relig. Catt., chap. IV (O9. varie autogr., Marciana, ibid., f° 83 recto). Et plus loin il ajoute : « …tutte le leggi che riguardano i costumi debbono approvarsi dalla Religione altrimente non saran esse che una forza che stringe i sudditti lor malgrado… » Della Dijfer. della Relig. Catt., chap. XIV (O%. varie autogr., Marciana, 1bid., f° 89 verso). Voir encore : chap. XII Gbid., f° 88 recto) ; chap. XVII (ibid., f° 91 verso) ; chap. XVIII (ibid., f° 92 verso).

6. — Il le répète du reste : « non puô la Religione rimetter nel Principato la sua autorità di persusione, siccome non puô il Principato rimetter nella Religione la sua autorità d’astringere. » Della Differ. della Relig. Catt., chap. XIII (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 89 verso).

connaissances de cette nécessité d’interdépendance:. Ce sera, Sans plus, un concours utile dans l'intérêt de la nation ?, une source certaine de bonheur national, une application rationnelle des tendances respectives des deux Autorités {,

Il s’agit là, bien entendu, des lois civiles ou des actes de gouvernement de portée politique ayant trait aux seules affaires de l'Etat, étrangères aux choses de l'Eglise‘. Il en serait différemment s’il s'agissait de ce qu’Ortes appelle « les préceptes stables prescrits à tous par l'Eglise », sacrements, pratique des Offices. Dans ce domaine l’autorité de l'Eglise doit être absolue, s'étendre à tous, s'imposer au souverain lui-même‘. Bien plus son autorité propre de persuasion devra se doubler en quelque sorte à son profit d’une autorité de force capable de contraindre : ainsi le Principat assumerait naturellement la responsabilité des contraintes exercées pour inobservation des préceptes religieux, et qui se conciliaient malaisément, dans leurs rigueurs et leurs excès, avec l’esprit de tolérance et de persuasion dont Ortes se plait à faire les caractéristiques essentielles de l'Eglise.

La collaboration indispensable de la Religion et du Principat trouverait son expression même dans la Con-

1. — Della Differ. della Relig. Catt., chap. VII (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 85 verso).

2. — Della Differ. della Relig. Catt., chap. IV (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 83 recto et verso).

3. — Della Difjfer. della Relig. Catt. chap. VI (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 84 verso).

4, — « Il Principato di sua natura è destinato ad astringere ed è la sola forza quella che lo caratterizza, onde non sarà mai possible che ci persuade. La Religione all’incontro quando sia vera e non al Principato soggetta, à destinata a persuadere ed è la persuasione quella che forma il suo carattere ; laonde non posse mai astringere… » Della Differ. della Relig. Catt. chap. VI (Op. varie autogr., Marciana, tbid., fo 84 verso).

5, — Dell’ Autorità di Persuas.e di Forza, VI (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 107 verso ; Cicocna, Trattatelli, p. 52).

6. — Della Differ. della Relig. Catt., chap. V (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 84 recto). Voir aussi : Dell’Autor. di Persuas., VII (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 108 recto ; CICOGxA, Trattatelli, p. 53).

fession. La Confession ne serait pas seulement une manifestation de foi catholique, mais encore, côté politique et pratique du problème, une aide efficace du principe de Raison au principe de Force, en ce qu’elle contribue d’abord à corriger les fidèles de leurs défauts et les incite, ensuite et surtout, à respecter le pouvoir !. C’est donc un élément d'influence persuasive que la Religion met au service du Principat, et par quoi se justifie politiquement son existence. Non seulement elle stimule le loyalisme des fidèles vis-à-vis du Prince, mais en les corrigeant de leurs tendances répréhensibles, elle éviterait, dans maintes circonstances, l'intervention répressive du Principat. Elle est donc tout à la fois, un élément de sécurité politique et sociale, une inspiratrice de tolérance bienfaisante dans la nation‘. Cela devrait lui assurer le respect et la soustraire à toute ingérence extérieure *.

Car Ortes déplore que le Principat, contrairement à ce qui existait aux premiers temps du Christianisme, empiète de plus en plus sur le domaine propre à l’autorité de Raison, et « ferme de force la bouche à la Religion » #, au mépris de toute sagesse el de toute prudence : il ne saurait y avoir collaboration harmonieuse là où il y a subordination. En fait cette subordination de la Religion au Principat aurait été provoquée par le schisme

1. — « I Sovrani.… conoscono la Confessione esser quella che assicura loro il dominio de’ sudditti perchè.… chi à fedele al suo confessore lo è altresi al suo sovrano. » Della Confessione frœ i Cattolici, II, (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 78 recto) ; III (ibid., fo 78 verso).

2. — « fra tutte le Religioni io preferisco la Cattolica.… come quella nella quale la violenza ha meno di parte, e assicura i Sovrani della fede de’sudditti, essendo la principale premura de’ sudditti cattolici la grandezza e l’onor de’ Sovrani che dalla grandezza e dell’ onor della Religione non puô andar mai disgiunta. » Della Confess. fra à Cattol., VI (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 79 verso).

3. — Della Confess. fra i Cattol., IV (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 79 recto).

4. — Dell” Autor. di Persuas., V (O9. varie autogr., Marciana, ibid., f° 107 verso ; CicoGna, Trattaielli, p. 51).

5. — Dell’ Autor. di Persuas., I (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 106 recto ; Cicocna, Trattatelli, p. 46).

protestant : la religion nouvelle, se soumit au Principat, et renonça volontiers à la pompe extérieure, à son prestige, pour ne demeurer guère qu’« Une simple spéculation de l'esprit » !. Précédent en vérité des plus fâcheux : il incita les souverains catholiques à s’immiscer dans les affaires de l'Eglise, tant en ce qui concerne le temporel 2 que Ile spirituel lui-même *, De telle sorte que le Principat, inseñsiblement, restreignit les richesses de l'Eglise pour la tenir, par des subsides parcimonieusement répartis, dans un état de dépendance propre à lui assurer son obéissance éventuelle #.

Ortes ne peut admettre une situation ainsi diminuée. L'Eglise, d’après lui, ne pourrait songer à remplir efficacement son rôle social que si elle est riche, si, par conséquent, elle possède un patrimoine * : nous retrouvons le système exposé dans le traité de la Religion et du Gouvernement des Peuples. La Religion, pour s'imposer, doit être riche, car «sans richesse point de respect »° et cette amère vérité de toujours lui apparaît d'autant plus impérative que la foi va diminuant !.

1. — Della Difjfer. della Relig. Catt., chap. IX (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 86 verso).

2. — Della Dijfer. della Relig. Catt., chap X (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 87 recto). À rapprocher de ce qu’il dit des lieux d’asile instaurés pour les pauvres : Discorso sull’ Economia Nazionale, XIX (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 239 recto).

3. — Della Differ. della Relig. Catt., chap. X (Op. varie autogr. Marciana, ibid., f” 87 recto, in fine, 87 verso, princip.).

4 — « il Principato fra i Cattolici stessi procuri & nostri giorni più che ai tempi passati piuttosto la povertà che la ricchezza della Religione… perchè nel Governo de’ popoli ci vorebbe la Religione a sè unita, ma in istesso tempo. conservare ei solo sovr’ essa qualchè superiorità.. » Dell’ Autor. di Persuas., VIII (Op. varie autogr., Marciana, tbid., fo 108 recto ; CICOGNA, Trattatelli, p. 54). Voir aussi Della Difjfer. della Relig. Catt., chap. XI (Op. varie autogr., Marciana, ibid., f° 87 verso, 88 recto).

5. — « per aver essa — la Religion — un espressione esterna dee posseder beni temporali. ne possa mai la chiesa appellarsi libera quando non possiede beni da quali sussistere indipendentemente dal Principato… » Della Differ. della Relig. Catt., chap. VIII (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 85 verso).

6. — Della Differ. della Relig. Catt., chap. VIII (Op. varie autogr. Marciana, ibid, f° 85 verso).

7, — Della Differ. della Relig. Catt. chap. VIII (Op. varie

On voit combien tenace était la volonté d’Ortes de solidariser le Principat et la Religion, par l’aäjonction au principe de Force du gouvernement d’un principe indispensable de Raison. Pour s’être trop perdu dans les détails, il paraît avoir vu assez confusément que les religions — plutôt que la Religion proprement dite — ont, du point de vue social, tendance à agir comme force de conservation par cela seul qu’elles expriment l'unité et la puissance des groupements humains. Aussi ne s'est-il guère borné qu’à affirmer, plus qu’il n’a démontré, le rôle politique et social qui pouvait, et devait à son avis, incomber à l'Eglise : c'était évidemment réagir non sans efficacité, si sa doctrine était acceptée, contre les empiètements incessants du Principat dans le domaine exclusif de la Religion. A tout prendre c’est à ce seul point de vue que les trois ouvrages que nous venons d'analyser, et qui s’enchevêtrent si étroitement, méritent d'être retenus pour les intégrer dans le système d’Ortes de la défense de l'Eglise, de ses privilèges, de son indépendance et de son autorité.

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