‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 62 sur 197 · I. — LA LANGUE ET LE STYLE D’ORTES · texte numérisé non relu

I. — LA LANGUE ET LE STYLE D’ORTES

I. — Les élégances latines recueillies avec tant de soins par les érudits des xv° et xvi° siècles, et dont sa culture était profondément imprégnée, comme un long et intime commerce avec les Anciens, expliquent le constant souci d’Ortes d'écrire avec correction. Jaloux de la pureté de la langue italienne !, il voulait que le style fût simple, s’il ne fut pas toujours simple en son style ?. Nous avons vu dans ses Réflexions sur les Objets appréhensibles sa conception personnelle de la philosophie du iangage *. Pour ce qui est de la pratique, deux faits dominants sont à retenir : d’abord son habitude d'écrire en italien, non pas dans un but de vulgarisation — seule, nous le savons, une élite restreinte lui importait — mais par volonté réfléchie d’affirmer sa patriotique italianité ; ensuite son hostilité à tout langage maniéré, à toute afféterie dans l’expression, qui le range aux côtés des plus ardents adversaires de l'Académie des Arcades.

On sait, en effet, que le latin, au début du Settecento, était encore la langue usuelle de l'Eglise et de l’Université. Philosophes, Physiciens, Mathématiciens, Médecins, Naturalistes, Lettrés et Poètes — sans excepter les fem-

1. — « per istudioso che fosse della lingua italiana. » Rifless. sugli Oggetti apprens., chap. XIX, $ IV, p. CIII.

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