‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 63 sur 197 · Chap. III, $ IV, Supra, p. 129 et suiv · texte numérisé non relu

Chap. III, $ IV, Supra, p. 129 et suiv

mes — parlaient et écrivaient latin. Le latin était la langue courante des Congrès. C’est en latin qu'écrivaient Newton, Leibnitz ; que paraissaient les Mémoires des Jésuites de Trévoux, les Recueils des Bollandistes, les Annales de Baronio et de Reynaldi, tous les Commentaires, toutes les Démonstrations, toutes les Dissertations, jusqu'aux Opuscules nombreux traitant des sciences physiques expérimentales. C’est le lien qui unissait la grande famille intellectuelle de l’Europe savante.

Ortes, du reste, sacrifia lui aussi à l’usage. Il utilisa le latin notamment dans des Démonstrations mathématiques ! et dans quelques ouvrages d'importance secondaire qu'il écrivit dans sa jeunesse’. Mais bientôt, dans sa dévotion au dolce stil nuovo, il n’écrit plus qu’en italien, suivant ainsi les traces chères de Guido Grandi, à qui, dans son Eloge, il reconnaît, entre autres supériorités sur les Mathématiciens ses contemporains, celle de parler une langue vivante pour être compris de tous sans l’intermédiaire obligé des traducteurs ou des scolastiques à.

A tant louer son Maître de se montrer sobre et de ne pas tomber dans le goût emphatique de l’époque, on comprend qu'il fût du nombre des polémistes et des écrivains qui s’affirmèrent partisans vigoureux d’une langue claire, précise et vraiment italienne pour toute la péninsule. Pour avoir aussi, par une étude des meilleurs auteurs

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