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manuscrit’. Il poussait la minutie très loin à cet égard. Amoureux de la musicalité de 11 langue italienne, il recherchait dans la disposition des accents, dans l’élision de mots, une sonorité plus marquée, une harmonie « plus agréable à l'oreille »2. Car l'harmonie est pour lui primordiale *.
Mais s’il eut la juste passion de la pureté de sa langue, le souci de la forme — à tel point que Lampertico, qui n’est cependant pas indulgent, lui doit reconnaître quelques mérites ‘ — il n’alla pas, contrairement aux Arcadiens, jusqu’à lui sacrifier la richesse des idées et la force du raisonnement. Il pouvait faire siennes les paroles qu'’adressait Parini au P. Onofrio Branda, barnabite milanaïis, à qui il reprochaiïit d'écrire pédantesquement : « La vérité est la fin à laquelle doit tendre l’homme de Lettres ; la véritable éloquence… tient dans la forces des raisons et la beauté des pensées. » *.
L’affectation sous toutes ses formes, et notamment littéraire, l’exaspérait. Pour lui, comme pour les fidèles du Caffè*, la langue est un moyen. Elle doit se renouve-
1. — « Quanto perd al troncar le ultime vocali nei verbi o nomi mi sarà caro che si stia al manoscritto… » Lett. XVIII, de Venise, 3 juin 1780 (Cusropt, ouv. cit., ibid., p. 383).
2. — « Io considero questo troncar le vocali come uno de’ migliori pregi di nostra lingua italiana sopra le altre; perchè fatto esso a proposito, si rende con ciô il periodo più risonante e per la portatura della voce e la disposizion degli accenti più armonico e più grato all’orecchio. » Lett. XVIII, précit. (CUSTODI, ouv. cit., ibid.)
3. — C'est ainsi qu’en 1781, lorsque Herschel découvrit une planète, Ortes se plaignit de ce que l’on donnât aux astres des noms difficiles à prononcer et non fe beaux noms comme le faisaient les Anciens (Voir LAMPERTICO, Giam. Ortes e la Scienza econ. al suo tempo, p. 52).
4. — « L’infelicissimo verseggiare dell’'Ortes non lo faccia credere tuttavia uno scrittore insipido ed incolto ; qualche cura della lingua e dello stile non puô negarsegli. » (LAMPERTICO, ouv. Cit., p. 51).
5. — T. Concari, Il Settecento, chap. VIII, Rinnovamento della lirica e della satira (Storia letter. d’Ital., t. VIII, p. 345).
6. — Dans une lettre du 15 décembre 1761, Verri dit à ce sujet : « Il pedantismo ha fatto uggiosa la scuola, contristato con l’erudizione indigesta e l’adorazione dell’arcaismo la genia-
ler, parce qu’elle évolue avec les mœurs. Les néologismes deviennent un jour classiques, et telles expressions qui faisaient image à une époque, ne feront, plus tard, la moindre impression sur les esprits. Tant il est vrai que chaque siècle a sa façon de penser, d'écrire ou de parler, et que les langues sont dans un perpétuel devenir?. Et ce sont là, nous l’avons vu‘, idées chères à Cesarotti ‘.
Ainsi, pour Ortes, le discours n’est point une simple question de mots — et son sentiment sur l’orateur est caractéristique à cet égard — mais, avant tout, un ensemble complexe de sentiments et d'idées. On comprend, par suite, qu’il s’accommodât malaisément du manque de naturel de l’Arcadia, approuvât, au contraire, de cœur et d'esprit, l’ardent Baretti fustigeant de ses sarcasmes cruels ceux qu’il appelait dédaigneusement les « eunu-
lità della creazione artistica, e ora con lo spirito curiale, cavilloso, obliguo, ha confuso ogni ordine di cognizioni con una teologia intollerante ; trasformato il governo in una repubblica di togati ombrosi, arcigni, che riguardano l'industria, le scienze e il coraggio di pensare come un principio di ribellione. » (Voir sur le Caffè et ses tendances, l'ouvrage de M. EUGÈNE BoUvY, Le Comte Pietro Verri, Paris 1889).
1. — « ….mentre coll introdurvi nuove lingue e nuovi costumi non puô negarsi che le lingue e i costumi antichi non si perdan del tutto, e che quelle espressioni che destavano alcune immagini e facevano certe impressioni à tempi antichi nelle menti umane d’allora non destino immagini e non faciano impressioni diverse nelle menti umane d’un tempo di lingua € di costume notabilmente da quelli diverso, onde quel che non era contradditorio à quel tempo possa talvolta parerlo a molti secoli dopo. » Lett. sulla Relig. e il Govern., Lett. IX, du 3 février 1781 (CusTopt, ouv. cit., p. m., t. XXVI, p. 91).
2. — « Questo apprendere le maniere, i costumi e gli affari antichi colle idee de’ moderni fà che in effetto quel che fù scritto dagli antichi… sia stato appreso diversamente ne’secoli posteriori di lingue e costumi diversi. » Lett. IX, précit. (CUSTODI, ouv. cit, ibid., p. 92). Voir Supra, chap. III, $ IV, p. 135 et suiv.