Supra, chap. I, …x, p. 32 et n
ges démonstratifs de systèmes originaux ou de conceptions particulières, il emploie volontiers des formules heureuses, imagées, qui souvent paraissent inattendues dans d'aussi sévères traités. Nous avons eu l’occasion d’en signaler déjà quelques-unes :. On en trouve, notamment, dans la plus ardue peut-être de ses productions, toute hérissée d'arguments métaphysiques, ses Réflexions sur les Objets appréhensibles. C’est ainsi que pour indiquer l'impossibilité de connaître les innombrables lois du mouvement il parle « de mesurer l'infini avec un empan, ou de faire entrer tout l’océan dans un verre »?; qu’ compare l’entêtement de certains à vouloir que l’apparent l’emporte sur le réel, à l’espoir « de troubler le cours du soleil par un coup de canon »*. D’autres fois, ce sont des images séduisantes : quand il dépeint « la vie caduque qui va derrière le temps, infatigable et éternel » ; quand il met en garde contre le danger de « divaguer, emporté par les chevaux ardents de l'imagination » 5. Et l’on pourrait multiplier les exemples. Mais si, négligeant ses traités scientifiques et spéculatifs, où s’est d’ailleurs affirmée, avec une maîtrise incontestable, son intelligence pénétrante, on veut se bien rendre compte de sa « manière », il faut parcourir sa correspondance ‘. C’est là que s'affirme, avec ses qualités de cœur et d’esprit, le charme de son style élégant et net, sans mots recherchés, union heureuse de classicisme rigoureux et de séduisante