‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 82 sur 197 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Cuopra le mie stentate rime, e il vanto Non abbia di gradirvi il servir mio » :.

Aussi estime-t-il à la fois sage et prudent de compter beaucoup plus sur l’indulgence de l’Elue pour couronner ses vœux, que sur la « magie » de ses vers :

« Ma se qualche merce ne ottengo intanto Tutta al libero cor vostro voglio io Doverla, e non alla magia del canto »:.

Ortes, en effet, n’apparaît point dans ses Sonnets comme un amoureux bien hardi et capable de forcer le destin par son audace. L'Amour, à ses yeux, est une puissance souveraine, digne de respect et de la plus servile obéissance :

« Onnipossente Amor, tuo sommo impero Riverente ed umil sempre adorai ;

E se chieder pietà talcr osai

Atto mai fù sedizioso o altero… »3.

Et le portrait qu’il brosse, s’il est net et précis, ne nous dépeint guère qu’un bien humble et bien discret amant :

« Io porto grave di tristezza il volto Chino la fronte e gli occhi egri e dolenti Immobilmente tengo al suolo intenti Nell’ intenso mio duol tutto raccolto » “.

Il le sent si parfaitement du reste qu’il croit devoir en expliquer la raison. L’amour qui s’est emparé de lui l’a

1. — Alcuni Sonetti, Son. IV (Op. var. autogr., Marciana, ibid., fo 248 recto).

Page 1