‹ Gianmaria Ortés: Économiste Vénitien 1713-1790Chapitre 100 sur 155 · Tbid., p. 342, princip · texte numérisé non relu

Tbid., p. 342, princip

2. Lett. in propos. della Econ. nazion., lett. XVIT, précit. (CuSToDt, : p. m., tom. XXIII, p. 288, in fine, 289, princip.). — Voir également lett. XIX, précit. (Cusropi, tom. XLIX, suppl, p. 74, 88 à 91).

3. Econ. nazion., liv. VI, chap. X (Cusroni, p. m., t. XXIT, p. 329). En l'espèce, cette antériorité est d'autant moins contestable, comme le fait remarquer Ortes, que les biens sont la réalité et le numéraire l'apparence; or, de toute évidence, l'apparence doit suivre le réel, «comme l’ombre suit le corps ».

4 Tbid., p. 333.

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dante des biens et de l’argent, génératrice d’une contre-équivalence !. Et cette imperfection première est encore aggravée par la possibilité d'un accroissement indéfini du numéraire qui, de par sa nature, et contrairement aux biens, peut être amassé en grande quantité et conservé. De telle sorte que la

masse des biens demeurant toujours à peu près identique,

la masse du numéraire, son équivalent, s’accroîtra sans cesse, provoquant une augmentation de la valeur des produits ?.

Un seul remède, n'assurant au reste qu’une équivalence

imparfaite, pourrait, lui semble-t-il, pallier à cet inconvénient : la réglementation et même l'arrêt de l'extraction des métaux précieux.

D'une façon à peu près générale, on croit cependant, alors que la cause réelle et immédiate des biens est le travail ;, qu'il est possible de pourvoir à nos besoins par les seules richesses apparentes. Mais pour multiplier l’or dans la nation, il faudra, condition nécessaire et suffisante, développer les occupations et les biens: tout autre effort serait inefficace

-et superflu, autant vaudrait «essayer de cuire de la neige »!

Ainsi se trouve posé le problème national de l’afflux et de la sortie de l'or. ‘

L'effet immédiat d’un apport d’or dans un pays est de n'enrichir qu’en apparence ceux dans les mains desquels il tombe 1: il devra en effet être échangé contre des biens consommables possédés par d’autres occupés, nationaux ou étrangers. Le numéraire ne demeurera stable qu'autant qu'il équivaudra aux occupations et aux biens : voilà pourquoi, même importé en grande quantité, il pourra être rare

Econ. nazion., iv. VI, chap. XI (Cusropt, ibid., p. 336).

Econ. nazion., Liv. VI, chap. XIT (Cusropi, 2bid., p. 340). Econ. nazion., iv. VI, chap. XIII (CusroDI, #bid., p, 350).

4. Econ. nazion.; iv. VE, chap. XIV (Cusropi, ibid, p. 354, in fine, et 355, princip.).

dans la nation !. Partant de ce point de vue, Ortes, d'accord en cela avec la plupart des Economistes modernes ?, estime que l’Absentéisme des capitaux ne saurait en définitive davantage appauvrir un État que l'apport du numéraire n'est capable de l’enrichir * : l'argent ne précède pas les biens, et le primaire qui dépensera ses rentes à l'étranger n’emportera pas avec son numéraire l'occupation ni les biens dont ce numéraire est l'équivalent 4; à peine sorti, le numé-

raire aura donc une tendance à refluer, attiré par l’occupation même du primaire absent 5.

Du surenchérissement du coût de la vie. — Il'est un fait à

constater que les mêmes biens s’échangent contre toujours

plus de numéraire. Ortes explique ce phénomène, anormal vu l’'équivalence de l'argent et des biens, de la manière suivante :

Les possesseurs de biens et les possesseurs de numéraire engageraient entre eux une lutte sans trêve, ceux-ci cherchant à obtenir le plus de biens possible en échange de leur or,

ceux-là à vendre au plus haut prix leurs produits. Dans ce

M AE e per regola massima e generale, quel solo danaro dovrà e potrà arrestarsi in una nazione, il quale v’ entri come equivalente di occupazioni e di beni,.…. » (Cusront, ibid., p. 357.)

2. Notamment M. Gide, op. cit., liv. IV, chap. I, l’Absentéisme (VIT), p. 625.

3. Econ. nazion., liv. VI, chap. XV (Cusront, ibid., p. 359).

4: «Il fatto sta che un proprietario di terre o occupato altro primario qualunque col portarsi ad un’altra nazione non vi porta gia le sue rendite in beni, siccome non vi porta nè le sue terre nè la sua occupazione su esse, e pertanto debbe egli sempre considerarsi occupato nella propria e disoccupato nell’altra nazione. » (CUSTODI, ibid, p. 3590, in fine, et 360, princip.)

5. Ortes, en passant, cherche à déterminer mathématiquement, vieille habitude, la valeur de l'argent, et présente une formule équivalente à celle qu'il donna pour la valeur des biens. La valeur du numéraire serait invariable, quelle que soit la détermination de sa masse : V — Fe = © = 1. (Econ. nazion., liv. VI, chap. XVI) (Cus- TODI, 2b1d., P. 366).

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marchandage, les détenteurs des biens, parce que disposant de la richesse réelle et indispensable, doivent toujours l’emporter !, d’où hausse constante du coût de la vie 2. Mais comment les propriétaires de biens, forts de leur situation privilégiée, vont-ils, en fait, procéder pour augmenter progressivement leurs prix ? |

La terre, origine première de toute richesse, fait des propriétaires les maîtres du marché ?, et leur donne toute latitude pour imposer une augmentation du prix des biens qu’ils . détiennent. Mais leurs acheteurs, manufacturiers ou commerçants, désireux de maintenir leurs rentes équivalentes, ne manqueront pas, à leur tour, de surenchérir leurs produits. Et la pratique révèle même que loin d'adopter une majoration correspondante à celle imposée, ils profitent au contraire de l’occasion pour établir une majoration supérieure, de telle sorte que leur gain s’en trouve augmenté. Ce mouvement, on le conçoit, va se répercuter successivement dans toutes les classes d’occupés par les mains desquels les produits doivent passer avant d'arriver au consommateur. Celui-ci, pour récupérer ce qu'il est contraint de débourser en plus du prix précédemment établi, majorera à son tour les produits de son activité. Tous les occupés agiront ainsi, au fur et à mesure que les accroissements initiaux les toucheront. Une seule catégorie se trouvera tout d’abord dans l’impossibilité de récupérer ses débours : celle des ministres de gouvernement. Mais, pour ceux-là mêmes, le coût de la vie entraînera, après des revendications plus ou moins longues, une augmentation

F, Supra, 2, p. 162.

2. Econ. nazion., liv. VI, chap. XVIIT (Cusropr, bid., p. 384). — De ce fait, résulte encore une conséquence : l'impossibilité de fixer aux biens une valeur stable en argent.

3- Il convient de né donner à cette affirmation que la portée exacte

qu'elle revêt dans le système de Ortes. Cf. sect, I, $ II, Us P. 139, 140 princip., et aux notes,

de rétribution de leurs services, consentie par le Principat. Pour faire face à ces dernières dépenses, le Prince devra augmenter ses rentes, déjà suffisantes à peine — si elles le sont ! — pour assurer les frais de toutes sortes qui lui incombaient. Les impôts, par suite, s’alourdiront. Tout étant grevé d’une plus-value artificielle, le cercle sera complet. Mais les agriculteurs, touchés alors par ces taxes, surenchériront encore leurs produits; le cycle à nouveau, sera parcouru; et ainsi indéfiniment 1. |

Le remède? Ortes ne le voit guère que dans des tarifs généraux, frappant «depuis le gouvernement jusqu’au dernier des occupés » ?. Leur efficacité serait, à l'en croire, quasi complète, tant au point de vue de l'impôt que de la réduction de l'inégalité des richesses à la mesure nécessaire et suffisante. Ce ne ne serait pas, à son avis, attentatoire à une liberté bien comprise, mais seulement à un excès de liberté dont les humbles supportent seuls toutes les conséquences... ?

A côté de ce phénomène du renchérissement de la vie, Ortes en signale un autre, qui en est un peu la contre-partie. Malgré une production continue et indéterminée, les métaux précieux auraient une tendance à devenir de plus en plus rares, tout au moins par rapport à l'accroissement des échanges. La cause principale de cet état anormal de choses résiderait, au dire de notre auteur, dans l’avidité de chacun à amasser et conserver le numéraire équivalent des biens #,

‘accaparement, par suite des rapports étroits existant entre

le numéraire et les biens, qui provoquerait-sur le marché un

1. Lett. in propos. della Econ. nazion., lett. XV, à Ciani, 5 avril 1783 (CUSTODI, p. m., tom. XXIII, p. 235 et suiv.).

2Aett NE (Did, Sp 210):

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