‹ Gianmaria Ortés: Économiste Vénitien 1713-1790Chapitre 111 sur 155 · FD1d./ Dre · texte numérisé non relu

FD1d./ Dre

5- Tbid., p. 122. — Voir encore lett. XXI, précit. (Cusront, ibid., p. 155); et sect. I, $ It, 3, Supra, D. 145.

0. Leit. in propos. della Econ. nazion., lett. XVIII, précit. (Cusropr, p. m,, tom. XXIII, p. 307).

En admettant, au surplus, que le commerce extérieur créât en faveur du pays une richesse inégale et stable, Ortes le déclare cependant condamnable parce qu’attentatoire au libre et normal développement de la collectivité. Les nations, d’après lui, doivent trouver leur bonheur et la liberté dans la simplicité et la modération, — garanties de la pérennité des États 1, — et non dans les richesses excessives et le faste 25 toutes choses qui ne sont, à bien prendre, que la caricature de la politesse et de la culture véritables. I1 déclare même solennellement, résultat de ses longues méditations, que l’économie nationale bien comprise est incompatible avec la puissance et la grandeur des royaumes ?. Cette puissance de plus en plus exagérée, source d’ambition et de dangers incessants, préoccupe Ortes au plus haut point. Et dans le but d'éviter ce qu'il considère comme un incontestable fléau, il préconise, véhément, — et malgré les difficultést, — le retour aux «nations naturelles » 5, — réalisant un équilibre raisonnable, garant

1. Dei Fidecommessi, iv. II, chap. XV (Cusropt, p. m., tom. XXVII, P287): qe QT

2. Lett. in propos. della Econ. nazion., lett. VIII, précit. (CUSTODI, p. m., tom. XXIII, passim, et notamment p.219, 220). — Voir encore la lettre à G. Toaldo (LAMPERTICO, op. cit., Append. II, p. 323).

SACS non dubito…… di dichiarare espressamente di non esser possibile di accordare l’'Economia nazionale colla potenza e grandezza delle nazioni. » (Dell’Ingerenza del Govern.…) (LAMPERTICO, 0p. cut., Append. V, p. 348.) — Cf. aussi Lett. sulla Relig. e il Govern., lett. XIX, précit. (Cusr1opr, p. m., tom. XXVI, p. 437). Nous nous souvenons que, dans le même ordre d'idées, il a signalé l'opposition entre la richesse et la liberté économique (sect. I, $ 1, À, 1, Supra, p. 124).

AGE sarebbe necessario che tutti gli uomini.. si contentassero in ciascuna nazione d’esser bensi tanto ricchi di beni quanto nell’altre, ma non poi più ricchi che in quelle; e questo è quello a che tutti gli uomini non sapranno mai resolversi. » (Riflessioni sulla Popolaz., chap. VIII) (Cusropi, p. m., tom. XXIV, p. 58.)

5. Cf. notamment ARiflessioni sulla Popolaz., chap. VIT (Cusrtoni, ibid., p. 51).

184 GIAMMARIA ORTES

de sécurité, d’une inégalité adéquate de répartition ?, d'une adaptation meilleure ‘des règles gouvernementales à chaque race à. |

Est-ce à dire, dans ces conditions, que Ortes repousse absolument le commerce international? Il s’en défend lui-même lorsqu'il dit : « Ce serait hors de propos, contraire à la pratique, et enverrait toutes mes doctrines dans les champs infinis de l'imagination où j'ai coutume de tant envoyer les autres *! » Il exige cependant une condition : que les rentrées et les sorties s’équilibrent de façon à conserver l’indépendance de l'État 5. Néanmoins, cette concession il la fait comme à

1. Riflessiont sulla Popolaz., chap. VIII (Cusropt, ibid., p. 62).

2. Riflessioni sulla Popolaz., chap. XXIV (Cusropi, tom. XLIX, suppl., p“200). ;

Re una... diversità di Governi e di leggi non importa alcuna divisione di Società nel genere umano o alcuna discordia fra loro, ma . solo alcuni modi di praticare l’equità e la concordia medesima. » (Riflessioni.., chap. XI) (Cusropt, p. m., tom. XXIV, p. 76). — Les nations artificielles — les nations contemporaines — qui ont en vue, non point la subsistance rationnelle d’une agglomération déterminée indépendamment de toute considération ethnique jcf. à ce sujet Riflessioni.…, chap. VI (Cusropi, 5bid., p. 46 et suiv.)|, mais l'esprit de conquête, le désir d’oppression (Riflessioni.…, chap. IX et X) (Cusropi, ibid., p. 62 et 67) soit par la force, soit par la politique,

cette force déguisée, lui semblent si condamnables qu’il en arrive, lui, patriote convaincu, à blâmer la politique nationale (Riflessiont…., Chap. XXIII) (Cusropt, tom. XLIX, suppl, p. 193), qu’il considère comme un mal nécessaire (+bid., p. 197).

4. Lett. à F. Neri (LAMPERTICO, op. cit., Append. II, p. 299).

5. Tbid., p. 300. On pourrait, peut-être, à bon droit, être surpris : de cette exigence si l’on rapproche ce passage de la lettre à Neri d’autres parties de l’œuvre deOrtes (cf., par exemple, supra, p.170, notes 4 et 5) où il semble voir dans cet équilibre un phénomène naturel. C’est ainsi notamment qu'il indique comme temporaire toute situation favorable pour l'État exportateur : la compensation devrait fatalement s'établir (Lett. in propos. della Econ. naz., lett. XXI, précit.) (Cusropt, tom. XLIX, suppl., p. 136). — Les nations sont à son avis comme:les individus, chacune recevra l'équivalent exact de ce qu’elle donne |[ÆEcon. nazion., liv. IT, chap. XVIII (Cusropr, p. m., tom. XXI, P. 191); Leit. in propos. della Econ. nazion., lett. II. précit. (CUSToD 1, p: m., tom. XXIII, p. 37); Errori popolari…, axiom. III, 2 (CusrTopir,

regret parce que contraint par l’état de choses existant !, Ortes qui place le problème sur un tout autre terrain que Genovesi pour lequel le négoce est un, échange de superflu contre le nécessaire ?, rappelle ainsi singulièrement Aristote préconisant, dans sa Politique, — et contrairement à Xénophon,— une réglementation du commerce international et maritime, une désignation limitative des citoyens autorisés à s’y livrer. À ses yeux, en définitive, le commerce — aussi bien que l’industrie, du reste, — n’est utile que pour assurer une inégalité normale et indispensable de répartition ?, mais à cette fin le commerce interne suffirait et devrait, dans cette mesure, être seul protégé 4, le commerce extérieur ne pou-

p. m., tom. XXV. p. 86); voir enfin lett. à Marco Lastri (LAMPERTICO, op. cit., Append. II, p. 303)]. Et de cette prémisse il tire une conclusion curieuse : la qualité et la quantité des produits devront se compenser réciproquement. Or, qualité, et quantité — industrie et agriculture — ne pourront qu'être des caractéristiques spéciales et exclusives de telle ou telle nation, leur simultanéité, du fait précisément de la division du travail provoquée par le commerce extérieur, étant impossible à réaliser (Econ. nazion., liv. II, chap. XVIII, précit.) (CUSTODI, p. m., tom. XXI, p. 195). — Beccaria, nous l’avons signalé (supra, p. 33, in fin., et 34, princip., note 1), voyait bien une sorte d'opposition entre l'industrie et l’agriculture, mais il se plaçait au seul point de vue de la concurrence nationale interne, ce qui est bien différent.

1. Ortes ne se départira guère de cette hostilité non déguisée à l'encontre du commerce et de l’industrie qu’autant que leur utilité lui paraîtra nécessaire pour légitimer les fidéicommis (chap. II, sect. I, $ 17, 3. infra, p. 195 et note 4).

Page 1