Part. I, chap. I, $ 11, 1, supra, p. 17 et note
3. «Senza capitale di beni disugualmente distribuiti non puô avervi nazione...: e senza industria e commercio non pu avervi capitale di beni disugualmente distributi... » (Leët. in propos. della Econ. nazion., lett. II. précit.) (Cusropt, p. m., tom. XXII, p. 51, dx fine, 52, princip.) — Voir supra, p. 177. note 3.
4. Cf. notamment lett. XLVIII, à Ciani, de Venise, 24 décembre 1785. (CUSTODI, p. m., tom. XXIV, p. 452). — Voir aussi Let!. in propos. della Econ. nazion., lett. XXI, précit. (Cusropt, tom. XLIX, suppl., p. 152). — Notons en passant que Ortes, comme Genovesi et Beccaria (part. I, chap. I, $ 11, 1, supra, P. 17 ét notes 2 Dr3mier note o), ne considère pas le commerce comme exclusif de la noblesse
vant avoir d'existence qu'en qualité de complément exceptionnel, pour procurer à la nation ce que le commérce interne ne lui peut fournir... ! C’est, en un mot, la thèse admise par les Physiocrates.
CONCLUSION
On ne saurait nier que l'Economie nationale, pour imparfaite et discutable qu’elle soit à nombre de points de vue, — et Ortes le reconnaît implicitement ?, — ne laisse pas d'offrir un grand intérêt sinon pratique, du moins doctrinal. À parcourir ce traité nous avons trouvé, à côté d'erreurs évidentes, des vérités incontestables, des considérations judicieuses, des aperçus originaux. Si bien que, malgré ses défauts, on peut dire, tout compte fait, que le bon grain l’emporte, et de beaucoup, sur l'ivraie.
Il est certain que Ortes a eu tort de contester — et, nous le Savons, pour des raisons surtout d'ordre politique — l'influence de l'initiative privée sur l'amélioration de l’économie. Sans doute, autre aspect de la même question, son système contre l'intervention du gouvernement — qu'il admet au reste à l’occasion — tient plus de l’idée fixe et du parti pris obstiné que du raisonnement et, partant, ne peut que fausser, dès le principe, sa condamnation du commerce extérieur au nom
(CE. Riflessioni sulla Popolaz., chap. XXXII) (Cusropt, bid., p. 249, in fine, et 241, princip.) — Noir également supra, sect. T, $ I, p. 118, note 3. ‘
1. Riflessioni sulla Popolaz.. Prefaz. (Cusropi, P: m., tom. XXIV, p. 8).
2. «Anzi per me non vorrei che se ne parlasse molto, non essendo quel Hbro di mia intiera soddisfazione, perchè scritto in poco tempo e non Con quella diligenza che si sarebbe richiesta. » (Lett. RRTTE à Ciani, de Venise, 24 mai 1783) (Cusroni, ibid., p. 414).
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de l’équivalence de richesses des nations. Sans doute, on ne songera point à prendre au sérieux sa théorie du quantum rigoureusement déterminé et quasi immuable des biens existants dans l’État; non plus que sa tendance exagérée — mais vraie à son origine — de faire partout et toujours, d’une façon absolue, la pauvreté contrè-partie de la richesse, de présenter partout et toujours comme un dogme intangible la distinction entre le nécessaire et le superflu, dont il exagère manifestement la portée et l'importance. Nul ne songera davantage à soutenir qu'il s’est avec raison, et non pour des motifs de sympathie et de préférences personnelles, — et ce au prix de lourdes contradictions, — posé en champion enthousiaste des immunités, défendues par lui d’une façon bien plus spécieuse qu’efficace.. Mais, à côté de tout cela, on ne peut, sans injustice, méconnaître ce que l'Économie nationale apporte de sérieux, de juste, de nouveau.
C’est Ortes, en effet, qui, des tout premiers, érige le travail en facteur primordial et indispensable de la richesse, sans pour cela ignorer ni mépriser l'élément terrain. C’est lui qui énonce la loi de la division du travail, celle du rendement non proportionnel, expose certaines idées heureuses sur la diversité des occupations, sur les conditions de durée du travail, sur les inoccupés, sur le militarisme tendant à la conquête. C’est lui encore, et il se rapproche en cela des Physiocrates, qui se pose en défenseur de la sécurité et de la liberté économique, et nous révèle cette ingénieuse théorie, fort admissible en soi, des Recherches communes.
Il a su raisonner sur le capital et les rentes, et, à défaut d'indications sérieuses pour pallier au paupérisme, a du moins parlé en termes précis de l’inégalité de répartition des richesses et de son utilité quand elle est normale.
De la Monnaie, Ortes a parfaitement disserté. Il a vu la
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question sous tous ses aspects, il s’est révélé légal de Carli, son compatriote, où de Galiani. Il a clairement indiqué le . rôle et la nécessité du numéraire, son « alternativité », les avantages de la valeur nominale pour les échanges hors frontières. Il a judicieusement précisé que, pour être l'équivalent des biens, la monnaie, malgré les apparences, ne constitue. point la richesse elle-même. I1 a réduit le phénomène de :l’afflux de l’or dans la nation à son importance réelle, a montré avec raison l’absentéisme sous un jour moins noir. Il a encore expliqué d’une façon logique le surenchérissement fatal et constant de la vie, — ce problème de toujours, — si le remède par lui conseillé ne semble pas, tant s’en faut décisif. Il a enfin défendu le prêt à intérêt, et, en matière d'impôts, donné des indications concises et fondées que l’on aimerait à rencontrer, au même degré, dans toutes ses démonstrations.
Nous avions donc quelque raison de dire que l'Économie nationale, pour incomplète et inégale qu’elle soit, méritait parfaitement de retenir l’attention.
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