Cf. Bouvy. ouvr. cité, chap. II, $ x, p-. 91 à
3. Nous n’entrerons pas ici dans le détail des discussions soulevées par ce traité, non plus que des différentes réformes par lui suscitées. On pourra consulter avec fruit sur ce point l'ouvrage de CANTU; Beccaria e il diritto penale (Florence, 1862). Nous rappellerons seulement un trait intéressant pour nous parce qu'il touche Venise: Angelo Querini, avogadore del Comune, avait, en 1761, proposé l'abolition du Conseil des Dix. Les Inquisiteurs l’arrêtèrent et l’exilèrent sur la terre ferme. Au même moment, au Sénat vénitien, se discuta la question des dénonciations secrètes et du mystère qui entourait les sentences du tribunal. Marc Foscarini, un des cinq Correcteurs, réussit à empêcher toute innovation. Le livre de Beccaria parut peu après, sans nom d'auteur ni d'’imprimeur, sans lieu d'impression ni mention d'une approbation quelconque ; on accusa Querini ou quelques-uns de ses amis. Beccaria se fit alors connaître et saisit l’occasion à lui offerte pour expliquer certaines parties de son œuvre et modérer son jugement sur l'abolition de la peine de mort. Û
4. Cette chaire des « Scienze camerali », nommée plus tard chaire d'Économie politique, futinstituée pour retenir en Italie Beccaria, que la czarire sollicitait à la cour de Russie. Beccaria commença ses leçons le 9 janvier 1769, d’abord aux écoles palatines de Milan, sur la place des Marchands, puis dans sa maison, rue de Brera. Son discours d'ouverture est rapporté dans CUSToDI (p. m., tom. XII, p. 167 à 190). FRE
la prospérité matérielle des États 1, et spécialement l’accroissement de la production annuelle ?. Pour Beccaria, ce serait l’art de procurer à la multitude, dans la paix et la sécurité, non seulement le nécessaire, mais encore le « commode » 3 il s'agirait en définitive de provoquer dans la nation la plus grande quantité possible de travail utile #, dans lequel il voit, comme les penseurs napolitains, la principale source de richesse 5. R
A. PUISSANCE NATIONALE. — Pour Verri, la force de la nation réside dans sa population dont l'augmentation est un signe certain de prospérité f; aussi, comme les Économistes de Naples, recommande-t-il de la favoriser par le rappro- : chement des individus”, l’encouragement de l’agriculture, une bonne réglementation fiscale *. Le critère de la prospérité
\ 1. Meditazioni.…., Préface, passim; $ V, princip. (CUSTODI, p. m. tom. XV, p. 52).
2. «L’accrescimento dell’annua riproduzione debb'’essere lo scopo
della Economia politica... » (Meditazioni.…., $ v) (Cusropi, ibid. P. 53).
3. Elementi di Econ. pubblic., part. 1, $ 1 (CUSTODI, p. m., tom. XI,
p. 19). Il donne, dans ce but, un quintuple objet à l'Économie Dolitiquel’agriculture politique, les manufactures, le commerce, les finances, la police ($$ 11, 111, 1V) (Cusropt, tbid., p. 20 à 23).
4. Elementi.. , part. I, chap. I, $ xvit (Cusront, p.m., tom. XI, p. 35): cf. encore part. I, chap. II, $ xIX (CUSToDI, 2bid., p. 37). — Ce travail utile serait représenté par la consommation : «… l'alimento o la consumazione puô dirsi il rappresentatore universale d'ogni sorta di travaglio, e la quantità di quello rappresenterà la quantità di questo;…. » $ xxt (2bid., p. 41). Production et consommation sont choses qu'il confond d’ailleurs avec le salaire.
5. Proluzione nell'apertura della nuova catiedra di scienze camerali (CUSTODI, p. m.. tom. XII, p. 172).
6, Meditazioni…, $ XXI (Cusropt, p. m., tom. XV, p. 187).