‹ Gianmaria Ortés: Économiste Vénitien 1713-1790Chapitre 140 sur 155 · Riflessiont.. D Fe: XXI (Cusrtont, tbid., p · texte numérisé non relu

Riflessiont.. D Fe: XXI (Cusrtont, tbid., p

228 GIAMMARIA ORTES

la civilisation. Jadis le village demeurait isolé, perdu, loin des centres où la pensée bouillonne, où la foule agit et s'agite. L'horizon intellectuel et moral était, lui aussi, enfermé dans d’étroites limites : celles des idées et des sentiments traditionnels que le paysan tenait de ses anciens et qui pieusement se transmettaient de générations en générations. Idées simples et quasi immuables, mélange obscur et complexe de respect des choses de la religion, de la famille, du patrimoine, de la maison paternelle: d'amour de la teîre natale, de la mémoire des morts; de solidarité étroite avec tous ceux de la même souche et du même nom : fortes habitudes peu à peu abandonnées pour les idées et les sentiments neufs qui font paraître le village vieillot, vide, triste et ennuyeux... Tels sont, parmi bien d’autres, quelques-uns des motifs — surtout réels de nos jours avec la rapidité prodigieuse des communications — que l'on fait d'ordinaire valoir pour expliquer la dépopulation des campagnes. Ortes, chose curieuse, ne s’y arrête guère. La vraie cause, pour lui, est de portée plus générale. Elle découlerait non pas tant de faits d'ordre pratique que de données d’ordre moral. |

Les familles riches, remarque-t-il, répugnent à se multiplier

beaucoup de crainte de morceler leur patrimoine. Les classes pauvres, stimulées, seront appelées à remplacer les classes riches qui vont s’éteignant !. Or, c'est précisément dans les villes que l'inégalité de répartition des richesses est le plus considérable; c'est là que les familles riches se trouvent en plus grand nombre, qu’elles s’éteignent surtout, et que, les familles pauvres seront le plus amenées à sortir de leur condition première ?, Mais, à leur tour, ces familles pauvres urbaines verront leur place occupée par des familles pauvres venues de

1. Riflessioni…., chap. XXIX (CUSTODI, ébid., p. 222 et suiv.). 2. Riflessioni.…., chap. XXX (Cusrtopi, ibid., p. 227 et suiv.)

la campagne pour trouver à la ville un sort moins infortuné.…. De la sorte s’expliquerait l’abandon des champs. Et la conclusion de Ortes, originale à défaut de réalité précise, se. devine : pour arrêter l'exode des paysans vers les villes, il faut empêcher l'extinction des riches familles urbaines 1!

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