L'ouvrage de Malthus, on le sait, parut en
BAC] D 230 noter: : PR
4. Cf. part. I, chap. IT, $ 11, C., supra, p. 54, note Le Pecchio dit plaisamment à ce sujet : «Si ce moine eût vécu jusqu à nos Jours, il serait mort de rage en voyant l'immense prospérité de ce pays; » (op. cit., p. 268).
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anglais ! D'ailleurs, en admettant même que les Riflessioni n'eussent été connues de Malthus qu'après leur publication, notre raisonnement n’en pourrait être infirmé, car huit années s’écoulèrent encore entre cette publication et l’apparition de l'Essar sur le principe de la population. C’est plus qu'il n’en fallait, d’évidence, pour permettre à Malthus, curieux et méthodique, et fils d’un homme fort cultivé que Rousseau comptait parmi ses amis, de se mettre parfaitement au courant des divers systèmes touchant cette question de la population qu’il se proposait d'étudier.
b) Si, d'autre part, on examine de plus près le traité de Malthus, on y trouve à peu près fous les arguments que Ortes avait, avant lui, développés ou indiqués dans ses Réflexions. De telle sorte que la pure coïncidence dont nous parlions ne peut raisonnablement plus se soutenir maintenant qu’elle devrait être admise même sur des précisions du raisonnement :
1. Du premier élément commun présignalé de la progression géométrique de la race ? supérieure à la progression des moyens de production 3, les deux auteurs tirent la #ême conclusion : nécessité de limiter le développement naturel de la population : et l’un et l’autre indiquent le même remède : «limitation de raison », explique Ortes; «contrainte morale », reprend Malthus; autrement dit, abstention volontaire et réfléchie du
‘1. Nous en avons un témoignage dans sa célèbre théorie de la division du travail, qu’A. Smith lui emprunta pour la développer et la mettre au point (chap, I, sect. I, $ 1, À, 1, supra, p. 121 et note es
2. Riflessioni…., chap. I (Cusropt, p. m., tom. XXIV, p. 23 et suiv.). — Essai, Rapport de l'accroissement de la population et dela nourriture (G: DE MoLiNARt, Petite Biblioth. Econ. franc. et étrangère, p.2 et suiv.).
3- Riflessioni, chap. IIL (Custopt, p. m., tom. XXIV, pret. 54) Essai (G. DE MoLINARI, 0p. cit., p. 7 et 11). — Ortes parle bien, à côté de la progression géométrique de la population, d’une progression arithmétique, celle du temps (Riflessioni, chap. I) (CUSTODI, 1bid., P. 25). Peut-être pourrait-on voir là l’idée qui a suggéré à Malthus la formule mathématique de sa deuxième loi ?
mariage tant qu'on n'est pas en mesure de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille 1 É
2. Malthus, comme Ortes, groupe sous trois chefs les obstacles à l'accroissement de la population : l’abstinence du mariage; les-fraudes avilissantes et contraires à la dignité humaine ?; surtout la pauvreté, ce que Malthus appelle le malheur 3. L'un et l’autre enfin reconnaissent les mêmes effets salutaires à la contrainte morale, tant au point de vue de la dignité humaine 4 qu'au point de vue du bonheur de l’humanité, qui, modérée dans son nombre et, partant, assurée de sa subsistance, sera détournée de la guerre de conquête ou des compétitions pour obtenir des débouchés nouveaux 5.
3. Un autre point commun entre Ortes et Malthus est l’indignation qu’ils éprouvent en voyant les riches pousser artificiellement les pauvres à se multiplier $, provoquant ainsi des unions sources de privations et de misères plus grandes encore. «C’est jeter à l’eau des gens qui ne savent pas nager », s’écrie
Malthus ’; «c’est un procédé vil et intéressé, avait dit Ortes,
inutile et injuste ».
1. Riflessioni.…, chap. IV (Cusropt, ibid., p.36); chap. XXVI et XXVII (Cusropr, tom. XLIX, suppl. p. 206 à 217). Essai, De la contrainte morale (G. DE MOLINARI, 0p. cit., p. 30 et suiv.). -
2. Riflessioni.…., chap: IV (Cusrobt, p. m., tom. XXIV, p. 41);
| Essai, Obstacles généraux qui s'opposent à l'accroissement de la popu-
lation (G. DE MOLINARI, 0p. cit, P. 17).