‹ Gianmaria Ortés: Économiste Vénitien 1713-1790Chapitre 5 sur 155 · I. NAPLES · texte numérisé non relu

I. NAPLES

Nous trouvons à Naples, au xviri® siècle, trois économistes fameux : Genovesi!, Galiani?, Filangieri ?, dans les œuvres

1. Après avoir enseigné à l’Université de Naples la Politique et l'Éthique, en butte aux attaques incessantes des aristotéliciens et des théologiens — ceux-ci poussés par l’ambitieux cardinal Spinelli, — conseillé et encouragé par Galiani, protégé par Intieri — qui créait pour lui une chaire de Commerce et de Mécanique, — GENOVESI (1712- 1769) se tourna vers l'Économie et, le 5 novembre 1754, commençait ses cours en italien. (Cf. à ce sujet Lettere familiari, lett. à de Sanctis, tom. II, p. 190.) Il les devait publier en 1765 sous le titre de Lezions di Economia civile (rapportées dans CUSTODI, p. m., tom. VII et VIIT).

2. GALIANI (1728-1787) publie, en 1750, son traité Della moneta (Cusropi, p. m., tom. III et IV) — qu'il écrivit seul ou en collaboration? — Il contribua ainsi à rétablir dans le royaume l'équilibre rompu par la surabondance de l’or et de l’argent français, espagnol ou allemand. Vingt ans plus tard, en 1770, ayant dû quitter précipitamment l'ambassade de Naples à Paris à la suite d’une plaisanterie contre Choiseul, il Confia à Diderot la publication de ses Dialogues sur le commerce des grains (CUSTODI, p. m., tom. V et VI), qui parurent en français et avec l’estampille de Londres, et dont le succès fut considérable.

3. FILANGIERI (1752-1788), auteur de la Scienza della civilisazione,

desquels on doit rechercher les traces des préoccupations

des penseurs de l’époque en matière d'économie politique.

BUT DE L'ÉCONOMIE: POLITIQUE. — L'Économie, — que, l’on envisage au reste comme une partie de la politique, — doit avoir pour but de réaliser la puissance et la richesse de l’État 1. Elle comprend, d’après la définition de Genovesi, «les règles tendant à rendre la nation peuplée, riche, puissante, sage, Jolie »?.

À. PUISSANCE NATIONALE. — La puissance nationale, pour les Italiens, se confond avec ia population. Genovesi, dans son Examen de la constitution civile des nations ?, après avoir

avait songé à diviser son traité en sept livres : [. Regole generali della scienza legislativa; IT. Delle leggi politiche ed economiche:; III. Delle leggi na IV. Della educazione, de’ costumi e dell’istruzione pubblica; V. Della religione; VI. Della proprietà; VII. Della patria potestà e del buon ordine delle famiglie. —- Les deux premiers volumes parurent en 1780; deux autres en 1783; trois en 1785. Dans cette entreprise d’une étude des principes généraux de la législation, Filarn- . gieri avait été précédé par Vico, apôtre des lois de la Providence, et par Montesquieu, partisan déterminé des lois imposées par le législateur : cf. dans ZANELLA, op. cit., p. 73, un parallèle intéressant entre Filangieri et Montesquieu.

1. C’est ce que dit Filangieri en parlant des lois politiques et économiques : « [1 loro oggetto... altro non debb'essere se non quello di moltiplicar gli uomini e di provvedere alla loro sussistanza, richiamando le ricchezze nello stato, conservandole e distribuendole colla minor possibile disuguaglianza. » (Delle legsi poht. ed econ., chapitre XXXIX) (Cusrop1, p. m., tom. XXXII, p.434,1n fine D prin- Cip.). — Genovesi croit également l'Économie et la Politique indispensables pour assurer une équitable répartition, notamment du numéraire. Cf. Lez. di Econ. civ., part. II, chap. X, $$xv et suiv. (CuSToDr, tp. m., tom: IX p.95 et suiv.).

2Lez. dr Econ. civ. (Cusropi, p:m., tom.VIT, p. 30; Introduction, ibid., p. 41). Voir encore part. I, chap. XVI, $ 1 (CUSTODI, p. m, tom NIET p.37 et 38): Ragionamento sul Commercio in generale, $$ 1x, v (CUSTODI, p. m., tom. X, p. 11 et 20).

3. Lez. di Econ. civ., part. I, chap. I (Cusrtopi, p. m., tom. VII, P. 43 et suiv.).

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indiqué le Mariage, la Religion, le Principat, comme les trois pivots de la société !, déclare expressément que la famille est le fondement de l’État?. De plus, le développement de la population, partie du domaine du souverain, doit, de l'avis unanime, s'imposer comme problème de gouvernement. Les moyens proposés sont variables et divers. Genovesi signale une éducation appropriée, une observation stricte des lois 4, une lutte de tous les instants contre la mollesse, le : luxe, les vices 5; Galiani recommande une bonne justice, de bonnes lois, une équitable répartition des charges et des richesses, une agriculture prospère, dans une certaine mesure l'exportation des grains', le développement de ce qu'il appelle le « Commerce de manufacture» — qui augmente avec les bras, — partant, la diminution des exportations de denrées et l'augmentation des exportations de produits manufacturés”. Par contre, il voit un obstacle au développement de la population dans l'accroissement excessif de la monnaie*.

Pour Filangieri, le problème se présente sous le même jour.

1. Lez. di Econ. civ., part. I, chap. I, $ XXII (ibid., p. 65).

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