Tbid., p. 204, ?n fine
3.10 Éett AIT NS pra p.75; noter. Algarotti tenait au reste Ortes en grande estime. Il l’avait recommandé à Metastasio d’une façon toute particulière, et lui avait dépêché l’abbé Morellct (cf. Lam- PERTICO, op. cit., p. 61, la lettre que, de Bologne, 3 novembre 1758, Algarotti écrivit à Ortes au sujet de son protégé).
4. Il écrivit des sonnets pour «sua donna », pour des nonnes, des chanteurs, pour les jeunes princes d’Este (1746); pour la veuue d’un procurateur (1745)...
. 5. Il lui reprochait notamment d’avoir écrit deux premiers vers très mauvais. — Dans sa réponse (LAMPERTICO, 0p. cit., Append. L, p. 325), Ortes rétorque qu'il avait cru faire ces vers excellents, d’autant qu'il les avait triturés tout un jour, en poste, de Bologne à Florence. Devant ce résultat, il conclut plaisamment que pour faire un
vit encore, sans plus de succès, un drame : Calisso Spergiura, et cette composition dramatico-philosophique qu’est son Essai sur la philosophie des Anciens, exposée en vers pour la Musique, où il cherche à démontrer leur infériorité sur les Modernes 1.
Par d’autres qualités, il est vrai, Ortes a forcé l'attention des hommes d'étude pour mériter qu’on ne lui tienne pas trop rigueur de ces quelques essais malheureux.
Puisque nous parlons du poète, peut-être ne serait-il pas hors de propos de dire un mot du style de l’écrivain.
Pour Ortes, en effet, comme pour la plupart des poètes, depuis Dante, c’est là une question ardemment débattue, et il suffit de rappeler le nom de la célèbre Académie de la Crusca, pour évoquer les rivalités ardentes, les querelles jamais lassées des maîtres écrivains italiens relativement à la langue ?...
bon poête il faut sans doute procéder comme Corilla et non comme Pétrarque. — Nous rappellerons le jugement sévère porté par Lam- PERTICO (op. cit., p. 36) sur cette traduction de Ortes : « Fatto sta che versi più stentati, più informi rare volte straziarono gli orecchi italiani : e se per la traduzione dello stesso poema fu flagellato dalla Frusta il Chiari, non parmi che da simile stregua potesse l’Ortes aver campo a salvarsi. »'
1. Saggio della filosofia, sugli antichi esposlo in versi per musica. Lampertico, qui est rien moins qu’enthousiaste sur le talent de Ortes, raille cet opuscule : «.…... l’Ortes…. parafrasando alcuni passi di antichi autori, Platone, Plutarco, Ennio, Lucrezio, Cicerone, Petronio, ecc,'e frapponendovi di tratto in tratto le proprie osservazioni, mette il tutto in versi, coi soliti preludi, con recitativi, inviti, corone, epodi, preghiere, che sembrano attendere i gorgheggi del Farinello e di Pacchierotti. » (Op. cit., p. 37.)
2. Les grands écrivains italiens du xve siècle, comme Dante, Pétrarque, Boccace, étaient Toscans. Au XvI®, le cardinal Bembo, latiniste de grand talent et italianisant aussi pur que les maîtres du siècle précédent, soutient que la perfection de la langue italienne réside dans ce qu'il appelle «la toscanità ». Cette théorie, combattue par Balthazar Castiglione et Machiavel, — ce dernier se plaçant au-
LE MILIEU ET LE PERSONNAGÉ (e)
Cr
Ortes voulait que le style fût simple 1... s’il ne fut pas toujours simple dans son style et il prétend s'être imposé une façon personnelle d'écrire, comme de penser. Il s'arrête minutieusement sur les mots, les expressions ?, les périodes, la ponctuation même 3. C’est ainsi qu'il recommandait à Ciani, au sujet de la «troncatura » des dernières voyelles des mots et des noms, de s’en tenir rigoureusement au manuscrit 4
point de vue florentin, — prévalut. Florence fut alors considérée comme le berceau de la langue italienne, et l'Accademia della Crusca fondée. Elle exerça désormais une véritable tyrannie sur la langue. Au xvire siècle, la lutte reprit. Gravina, fondateur de l’Académie des Arcades, proteste contre la prédominance imposée du toscan. Girolamo Gigli suit son exemple; reprochant aux Florentins « de tenir boutique de la langue et de forcer les autres à acheter du pain moisi tandis qu'ils ont à vivre largement chez eux », il oppose à la Crusca le Vocabolario cateriniano, — de Catherine de Sn —- qui fut brûlé par le bourreau. Le branle est donné. Le Cafè à Milan sape l'autorité archaïque de la Crusca. Bettinelli, auteur des Lettres virgiliennes, et Algarotti mènent aussi le combat; enfin Cesarotti, avec son Essai de la Phioie des langues (1 785), invoque l'autorité de du Bellay et de Montaigne pour défendre l’évolution en linguistique, et formule son fameux axiome «A cose nuove parole nuove». Baretti lui-même prend part à la querelle. (Cf. Discussionti letterarie, $$ 1V, v, vi, La Frusta letteraria e scritti di Giuseppe Barvetti, vol. IT, p. 360 et suiv.)
Ces quelques données suffiront pour montrer comment Ortes, avec le caractère que nous lui connaissons, ne pouvait pas demeurer étranger à la discussion : il semble s'être posé en champion des théories de La Crusca. NE