‹ Gianmaria Ortés: Économiste Vénitien 1713-1790Chapitre 68 sur 155 · Chap. I, $ 11, 1, supra, P. 13 et note · texte numérisé non relu

Chap. I, $ 11, 1, supra, P. 13 et note

5. Dell’Inger. del Govern. nell Econ. nazion. (LAMPERTICO, op. 6ût.,

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répartition de richesse, de façon à éviter l'extrême opulence et l'extrême pauvreté !. Enfin, à propos de l’économie ecclésiastique, il déclare qu'elle consiste, comme toute autre, dans les modes d'acquisition, de possession, de mise en valeur et de consommation des biens 2.

L'Economie #, ainsi définie avec quelques variantes, verrait au dire de Ortes, distinction primordiale de son système, sa qualité changer selon qu’on la considère au point de vue particulier ou au point de vue général. Particulière, elle variera d'individu à individu, chacun réglant à sa guise et diversement sa ligne de conduite, — sinon quant aux besoins naturels, à peu près identiques chez tous 4, du moins d’après la quantité des biens possédés 5. Générale, au contraire, elle ne pourra qu'être invariable, et, conséquence logique, susceptible ni d'amélioration ni d’aggravation. C'est là, pour lui, une loi fondamentale $, bien que méconnue ?. Or, il s’attache

I. (... 10, .… non parler mai di accrescer beni o ricchezze reali - in una nazione,.… parler solo di distribuirle al miglior modo: fra tutti, che sarà quello per cui non s’accrescano eccedentemente ne’ ricchi, perche non vengano a mancare eccedentemente ne’ poveri. » (Dell Inger. del Govern.….) (LAMPERTICO, op. cit., p. 342, in fine, p. 343, princip.). — Et plus loin, il ajoute: «Io intendo sollevare quelle immonde miserie e impotenze a costo di questa bene spesso alle nazioni inco-

moda ricchezza e potenza,...» (Tbid., p. 348). 2. Errori popolari…, axiom. VII, 1 (Cusront, pm, tom: XXV P. 197).

3. Ortes la range parmi les sciences utiles (Delle scienze utili e delle dilett., chap. 1) (Cusropt, p. m., tom. XXIV, p. 125).

4 Part. IT, chap. I, sect. IF, 2, infra, p. 155, note 2.

5. Econ. nazion., Disc. prelim., X (Cusronr, p. m., tom. XXI, p. 28).

6. Evon. nazion., Disc. prelim., II (Cusropt, bid., P- 4, 5, 1n fine); X (ibid., p. 29, 30). Voir encore liv. IV, chap. XII (CUSTODI, p. m., tom. XXII, p. 71); c'est également ce qu'il écrit à Ciani. lett. VII, précit. (CUSTODI, p. m.. tom. XXIV, p. 352). — Cf. encore Errori bopolari.…., annotaz. I (Cusropt, p.m., tom. XXV, p. 241, in fine; axiom.V, 6 (CUSTODI, p. m., tom. XXV, p. 163). — Voir infra; 3, P. II1o ét note 1, et part. IT, chap. L sect. I, $ 111, 3, p. 143 et suiv. 7. Nous savons, en effet, que les économistes italiens, en général,

= et il nous le dit à différentes reprises — à étudier l'Économie dans ses règles générales et abstraction faite des intérêts particuliers, des tendances spéciales, des désirs de tel ou tel, ou de lui-même. C’est expliquer assez par avance qu'il ne sé perdra pas en efforts" vains pour réaliser un progrès ou éviter un recul, toutes choses impossibles à son avis. Ilne cherchera pas davantage les moyens ‘de rendre meilleure l’économie nationale: il cherchera plutôt à démontrer ses phénomènes réels, à l’exposer telle qu’elle procède comme effet de causes immuables et éternelles 1. Ce n’est pas, en un mot, — contrairement à Galiani, pour qui tous les problèmes d'économie politique se réduisent à la recherche du bonheur ?, — des systèmes en vue d'assurer la félicité des peuples qu’il recherche (il les croit inutiles), mais la raison de leur malheur ?. Le but de ses-travaux ne correspondrait donc pas absolument à la définition par lui donnée de l'Économiepolitique | Ortes, on le voit, envisageant l'Économie au point de vue général, cherche uniquement les rapports de cause à effet dont elle peut être l’objet : il place en un mot, dès le principe, le problème sur le terrain scientifique. Entrerait-il donc pour quelque chose dans la solution de la question de l'Économie politique considérée comme science? C'est ce qu’il importe d'examiner.

étaient d’un avis contraire. Cf., par exemple, pour Genovesi, s4pra, chap, L, S'IL, I, D. 17'et note 8; pour Filangieri, p. 18, notes I et 2; pour Verri, 2, P. 33 et aux notes; pour Zanon, 3; P: 41; in fine p: 42 et notes 1, 2, etc.

1. Econ. nazion., Disc. prelim., XI (CUSTODI, p. m., tom. XXI, p. 31, n fine, 32: princif.).

2. Dialog. sur le comm. des grains, Dialog. NII (CUuSTODI pm; tom. VI, p. 58, in fine).

3. «.… in luogo di progettar sistemi inutili per la felicità de’popoli mi limiterd a investigare la ragione della loro infelicitàa...» (Æcon. nazion., Disc. prelim., XI) (Cusropt, p. m,, tom. XXL PP 32);

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2. Ortes et la conception scientifique de l'Économie politique. — En Italie, et notamment en Vénétie, on ne concevait pas, au xvrI° siècle, l'Économie politique comme une science distincte. Sans doute, on parlait d'Économie; mais sous ce nom on comprenait pêle-mêle les choses du commerce, de l'industrie, de l’agriculture, toutes celles notamment qui touchaient par quelque côté à la prospérité nationale. Une idée nette de l'Économie politique faisait défaut. On n'avait pas encore pris l'habitude de l’isoler pour la distinguer comme une branche à part de la connaissance humaine. On la con- Sidérait comme un accessoire de sciences plus générales. On l'étudiait tantôt avec la politique proprement dite, comme Aristote, Machiavel, Montesquieu, Filangieri; tantôt avec l’économie domestique, comme Pandolfini 1.

Peu à peu cependant, un mouvement se dessine, tendant à ériger l'Économie en science particulière: il se manifeste, dans les ouvrages spéciaux de Scaruffi, de Davanzati, d'Antonio Serra, de Broggia, de Pompeo Neri, pour se continuer et prendre forme surtout dans les traités de Genovesi, de Verri, et précisément de Ortes.

Genovesi, en effet, dans ses Leçons d'Économie civile, non seulement entrevoit le problème, mais s'attache encore à créer une théorie scientifique de l'Économie pour établir sur des bases logiques la pratique de l’époque qui trouvait son expression dans les travaux si nombreux sur la monnaie, la populationk le négoce, l’agriculture.

Peu d'années après, tout au début de ses Méditations ? Verri aborde lui aussi la question. Les efforts déjà esquissés d'organisation des principes de l'Economie, de leur synthèse, répondaient fort peu à sa conception personnelle. Le mercan-

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