Part. II, chap. I, sect. I, Sr, 3, 2nfra, p. 143 et suiv
les mathématiques et notamment la Géométrie. On ne sera donc pas surpris de le voir s’efforcer de l’ériger en régulatrice des sciences théologiques et politiques. Venu à l’idée d'une science économique en partant de ses études mathématiques, tout comme Quesnay y était arrivé en partant de ses études de médecine et Adam Smith de la philosophie !, il est naturel, en effet, qu'il trouve la méthode scientifique la meilleure et, effectivement, le calcul, là encore, Jui apparaît indispensable ?. Le problème économique se réduit à peu près uniquement, dans son système, à opposer des axiomes aux erreurs, et de ces axiomes déduire les raisons et les modes d’après lesquels l'Economie peut procéder : son traité des Erreurs populaires, où il oppose sept axiomes à sept erreurs *, et dans lequel ïl fait une application rigou-
A noter que Genovesi, partant lui aussi du point de vue philo- Le avait envisagé l'Économie comme une science avant Adam Smith.
2. Annotaz. degli Errori popol., annotaz. I (Cusront, p. m., tom. XXV, p. 244). Voir encore tbid., p. 237.
ei ERREURS. AXIOMES.
I. Rendite nazionali dipendono I. Rendite nazionali dipendono dal possesso di terre. dalle occupazioni.
II. Rendite nazionali sono di IT. Rendite nazionali sono di chi le nomina. chi le consuma.
IIT. Rendite nazionali possono III. Rendite nazionali non possomancare e abbondare. no mancare nè abbondare. IV. Rendite ecclesiastiche sono : IV. Rendite ecclesiastiche non eccessive. possono eccedere.
V: Rendite ecclesiastiche dimi- V. Rendite ecclesiastiche acinuiscono le comuni. crescono le comuni.
VI. Ecciesia$tici decaduti per la VI. Ecclesiastici decaduti per loro ricchezza. la loro povertà.
VII. Economia ecclesiastica dee VIT. Economia ecclesiastica dee conformarsi all’ecclesias- conformarsi alla comune tica antica. presente.
Répondant à une critique à lui adressée dans le Novellista di Firenze du 31 mars 1775, col. 199, Ortes se défend d'avoir voulu embrasser dans cet ouvrage «toute l’erreur et toute la vérité » (Annotaz. degli Eyrori popol., annotaz. I) (CusroDI, p. m., tom. XXV, p. 238).
II2 GIAMMARIA ORTES
reuse des principés géométriques !, peut être considéré comme le plus caractéristique quant à sa méthode.
Est-ce à dire que l'observation des faits pouvait être Impunément négligée?. Loin de là. Le tout est de rechercher une base solide pour le raisonnement. Or, en matière d'Économie politique, plus que partout ailleurs peut- -être, l'observation
s'impose. L'Économie n’est pas la mathématique, où tout est raisonnement pur, mais un agrégat de faits objectifs, variés à l'infini et divers non seulement dans le temps, mais encore dans l’espace. Comme le dit très justement Messedaglia, en Économie tout ést complexe et les combinaisons fondamentales, simples et dominantes, font défaut ?.
Ortes ne l’ignorait d’ailleurs point : on le voit à l'occasion
se renseigner, minutieusement même, sur les cultures des dif-
férentes partiés de l'Italie, sur le rapport des terres de la Péninsule, sur la densité de la population, sur le pourcentage des bœufs par superficie. Les abstractions, pour chères qu’elles fussent à son esprit, lui paraissent parfois insuffisantes quand il s’agit de lois, de coutumes, de peuples. Néanmoins, il est incontestable qu’il n’accorde en définitive
qu’une très médiocre part aux faits. Se rattachant à Leib-
nitz et à son grand principe de raison suffisante, il pose comme donnée générale et absolue que rien ne se fait sans raison *. De là il tire les éonséquences les plus diverses, les plus inattendues souvent, et tombe lui aussi dans l’érreur de Pellegrino Rossi, qui se vit dans l'obligation de créer une Écono-
1. Eyrori popolari, Prefaz. (CUSTODI, p. m., tom. XXV, p. 15).