Cf. supr1, p. 119 et note
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leur nécessaire est constitué par le superflu des riches, de qui ils le recevront !. ù Mais il est une catégorie d’occupations à laquelle s’abandonnent quelquefois ceux qui n'ont pu trouver à s'occuper dans une des quatre classes présignalées. D'abord, ils demanderont leur nécessaire à de plus favorisés qu'eux, — ce qui serait quasi légitime, en somme?. Ce premier moyen leur étant interdit, ils essayeront, pour assurer leur subsistance, de la flatterie et de l’imposture : ils deviendront les parasites des riches, leurs compagnons de fête et les artisans de leurs fantaisies. Bientôt, cependant, leur rôle percé à jour, ils ne pourront plus abuser ceux aux dépens desquels ils vivent; ils en viendront alors à trafiquer de l’amour, mais là encore, la loi intervenant ?, l’inoccupé n'aura plus qu’une ressource, le. vol: De telle sorte que l’inoccupation, état neutre, pour ainsi dire, opposé à l'occupation normale, état actif, se doubleraïit
1. Econ. nazion., iv. IIT, chap. XXI (Cusroni, sbid., p. 338, in fine, et 330, princip.). Cette inoccupation des riches égalerait au reste l’inoccupation des pauvres, comme tout effet est égal à sa cause “4 se mesure avec elle (ibid., p. 339). — Voir encore liv. IV, chap- 1 Des p. m., tom. XXII, p: 12).
2e … la pigrizia imputata a’ poveri non è ie ditetto, ma è efletto di un’ ‘att tivith e prontezza maggiore nei ricchi.. » (Econ. nazion. liv. III, chap. XXIII) (Cusropi, p. m; tom. XXI, p. 352). — Voir encore supra, p- 1260 et notes 3.4, 5, p.127 et note 1.
3. La vie à Venise — comme dans toute l’ Europe du xvuie siècle — avait cependant des tolérances excessives. Ainsi, un F oscarini, dont la femmes a été arrêtée pour sa vie scandaleuse, obtient de l’État, parce que privé de ressources, une rente mensuelle de dix sequns (OccionI-BoxarFrons, La Repubblica di Venezia alla vigiha della rivoluzione francese, Rivista storica italiana, 1880, p. 711). Le prédicateur qui vient de prêcher le carême est accompagné de sa maîtresse, «fille bien mise et très jolie » (LALANDE, Vovage en Italie, tom. VIE, p. 33). — Cf: encore à titre de curiosité: ABré RicHaARp, Description historique et critique de l'Italie, tom. IT, p. 444; MaIHows, Voyage en France, en Italie, aux îles de l’Archipel, tom. Il, p. 213; MALAMANI, 11 Settecento, tom. I, p. 103; RoussEAU, Confessions, MIT"etc. étc:
LES IDÉES Ter
d’une occupation anormale qui constituerait comme, l’état négatif de l'occupation.
Au nombre des inoccupés, Ortes range encore deux autres catégories de personnes, — qu'il a pourtant classées, on s’en souvient 1, parmi les administrateurs, — les ecclésiastiques et les soldats.
Pour les premiers, qu’il appelle «les pauvres vertueux et volontaires », il justifie leur raison d’être parce que propagateurs de vérités éternelles et morales, de l’inutilité du faste, des richesses et de la folie de la puissance 2. Objecte-t-on qu’économiquement ils sont improductifs? Ortes répond qu’à tout prendre leur activité ne soustrait pas la moindre richesse aux pauvres ! Par contre, il est sans indulgence pour les soldats et se déclare nettement adversaire du militarisme.
Ortes et lesmilitarisme. — En communion d'idées avec Filangieri 4, et contrairement à l'opinion de Genovesi”, Ortes n’admet pas la profession militaire, «la milice involontaire » comme il l’appelle, c'est-à-dire la milice en général f. .
Les soldats, dit-il, constituent une perte économique d’au- * tant plus grave que leur nombre est considérable *. Le travail