Cf. chap. II, sect. I, $ 111, 3, infra, p. 203, note
4. Part. I, chap. I, $ 11, 1, supra, p. 15 et note 4; voir encore p. 22 et note 2: A
5. Supra, p. 16 et note 1. , CAC non lascer d'avvertire, che quando..… ho detto milizia
involontaria ho sempre inteso della milizia in genere, tenendo 10 per fermo che ogni specie di milizia sia tale. » (Dei Fidecommessi, Liv. II, chap. XXIV) (Cusropt, p. m., tôm. XXVIT, p. 369).
7. Econ. nazion.| liv. III, chap. XIIT (CUSTODI, p. m., tom. XXI; p. 294 et suiv.). —- Ortes oublie de justifier, comme pour les ecclésiastiques, ce défaut d'activité des milices : nous avons là une preuve nouvelle de sa partialité pour tout ce qui touche l'Église.
étant-à ses yeux la source à peu près exclusive de la richesse, il ne pouvait manquer en effet de déplorer une telle perte d'activité. Dans une note manuscrite de son Économie nationale, on trouve au reste une trace bien caractéristique de cette idée, quand, après avoir constaté que notre propre conscience et le respect humain nous tiennent dans le devoir mieux que la vue d’un soldat, il ajoute, en marge: « Miserabile e vano”. » A côté de ces considérations d'ordre économique, il en est d’autres qui ne laissent pas d’avoir une grande valeur et qui corroborent précisément les principes énoncés dans l'Économie nationale. Le militarisme lui semblait dangereux au premier chef. Les événements qui, à de si nombreuses reprises, avaient bouleversé l'Europe et surtout l'Italie ?, lui donnaient quelque raison de redouter cette politique dont Frédéric prônait les avantages, et que nombre d'écrivains à la mode, désireux de plaire au monarqu célébraient à l’envi. Pour Ortes, au contraire, rien n’est mauvais chez le Prince comme cette tendance à la prussienne 5. À maintes reprises, expresse ou tacite, nous sentons dans son œuvre cette réprobation :
1. Ce détail, que nous avons pu vérifier nous-même, est signalé par LaAMPERTICO (0p. cit., p. 140). Un soldat est en effet pour lui quelque chose comme un esclave, à peine mieux qu'un courtisan {(Riÿlessioni sulla Popolazione, chap. XVII) (Custopt, tom. XLIX, suppl., p. 172); (Dei Fidecommessi, liv. I, chap. IT) (Cusropr, p. m., tom. XXVII, P. 31, princip.). — D'après lui, il embrasserait le métier des armes comme un pis aller (Der Fidecemmessi, iv. I, chap. XVIIT) (Cusrant, ihid., p. 146).
2. « Le. malheureux état de l'Italie était tel, écrit Romanin, qu’on peut dire qu'il n'arrivait presque aucun grand événement en Eurepe sans que les armes se dirigeassent et se rencontrassent sur son territoire. » (Sioria documentata della Repubblica'di Venezia, VIII, p. 80.)
3. Voir par exemple la lettre qu'il écrivait à Lastri et dans laquelle il blâme les souverains de contrain:lre au service militaire : «lo per me non potrô mai considerare i sovrani come padri de’ popoli, finchè a pochi loro sudditi dispenseranno orivoli, scatole.. e astringeranno poi gli altri a migliaia a servirli nelle armate, dando loro per tutti beni pairimomal pochi soldi per giorno, e bene spesso di molte bas-
tantôt il parle des dangers que fait courir le commerce extérieur par suite de l’ostentation de puissance » ainsi provoquée !; tantôt 1l s'élève contre ce qu’il appelle les nations artificielles qui, puissantes et orgueilleuses, par la force de leurs armes oppriment les faibles et les mettent à leur merci ?. D'après lui, l’état militaire serait la principale cause de ces ambitions démesurées des souverains et des peuples. «Il rend les nations entreprenantes et plus hardies », dit-il quelque part ?. Aïlleurs, il déclare formellement que le militarisme est un élément de désordre entre les nations #.
Au surplus, à quoi aboutirait le militarisme en définitive? A la ruine fatale de la puissance qui l’a érigé en dogme. Et Ortes trouve à ce sujet des paroles véritablement prophétiques que nous ne saurions passer sous silence : « Plus grande est la frénésie des nations d’être et de se croire supérieures aux autres par la pompe et le faste de leurs souverains, plus profonde aussi a coutume d’être leur chute : c'est la raison pour laquelle tous les peuples, quand ils furent parvenus au faîte de leur prétendue grandeur, ont péri tout d’un coup,
jusqu’à perdre leur nom ?.»
tonatc:.….» (LAMPERtICO, op. cit., p. 161). — Nous rappellerons aussi deux vers d’un de ses sonnets :
E sull’ Istro incontrar la più cortese
E sulla Sprea la più guerresca gente.
1. Leti. in propos. della Econ. nazion., lett. XVIII, à Zenobi Cateni; 27 novembre 1784 (CUSIODI, p. m., tom. XI MD 507) MCE sect. III, $ 111, 2, énfra, p. 182 et note 6.
2. Infra, p. 184, note 3. Cf. également chap. TTL Sect. TL. SI, 2%7/ra, 0 D 227Nmote 13. et
3. Lett. sulla Relig. e il Govern., lett. IX, 3 février 1781 (CUSTODI, pm tom XXVI,-p.-83, princip.).
LACET il governo militare... è certamente distruttivo del governo ragionevole,.. à impossibile combinare in una nazione la ragione à tutte le ragioni comune colla forza militare di ciascuna particolare. » (Lett. XIV, précit.) (Cusropi, tbid., p. 274, in fine, et 275. princip.).
5. Lett. XIX, précit. (CusroDt, p. m., tom. XXVI, p. 436). Cette
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Enfin la guerre, avec son cortège de ruines et de deuils, les pertes irréparables qu’elle provoque, les exactions qu'elle impose, était bien faite pour répugner à la bonté naturelle de Ortes, à sa vie toute de calme et de recueillement, à son
besoin de justice et de fraternité humaine, à son intellectualité
dont il est si fier qu’il décoche ce sarcasme au grand Frédéric, à qui des flatteurs décernaient le titre de philosophe:
CT frlosofi non mantengono truppe 1.» Et dans cette hantise |
de conflits sanglants, — que les forces de la République décadente, après les défaites d'Orient, étaient désormais incapables de soutenir avec honneur — Ortes, ayant peutêtre encore comme la prescience de la marche victorieuse des armées de Bonaparte, nous apparaît tout proche de Xéno+ phon qui, après la guerre du Péloponèse, plaçait le salut de l'État dans la paix...
$ II. — De la Terre
Ortes donne donc au travail une prépondérance marquée. Il a cependant vu que cet élément actif de la production n’en est point la source originale. Il reconnaît qu’un fonds spécial est nécessaire, sur lequel s’exercera chaque occupation ?. Mais, à côté de ces fonds particuliers, il en est un autre qui «les
aversion de la guerre n’était pas exclusive à Ortes: G. Bontelmonti, À. Buonafede, G. M. Lampredi, N. Spedalieri, Verri, Alfieri et bien. d’autres encore la partageaient. Cf. à ce sujet l’article La guerra € la pace nel bensiero italiano del secolo Xvur, de Giurio NATALI (ouvr. cit., P. 99 et suiv.).
1. Lett. LI, précit... à \Ciamit (Cusropr, p.m., tom. XXIV, p. 460).
2. (E certamente non essendo possibile occuparsi senza consumar beni nell” atto dell'occupazione..» (Econ. nazion., liv. V, chap. 1) (Cusropt, p. m., tom. XXII, p. 156).
précède tous, étant le fondement nécessaire de tous à toutes les occupations » : c’est la Terre !.
En même temps qu'élément passif de la production, — ce
que Xénophon entrevoyait déjà, — la terre est encore pour
Ortes la condition indispensable et primordiale — toutes les fois qu'il s’agit de richesses. corporelles — de l'activité humaine ?. C’est elle qui est la richesse stable et partant
sûre de la nation *. C’est elle qui fournit les produits de première nécessité 4 L’étendue du sol sera donc en définitive un
facteur indispensable de la quantité des produits : le territoire apparaît ainsi la caractéristique essentielle de la nation ® dont il assure l’existencef. Voilà pourquoi, comme ses contemporains de Milan ou de Naples, Ortes attache une importance toute particulière à l’agriculture, dans laquelle il voit le premier des arts’, et comprend sans restriction,
1. Econ. nazion., liv. I, chap. XVIII (Cusropi, p. m., tom. XXI, p. 109 ‘et suiv.); liv. IV, chap. XVI (Cusropi, p. m., tom. XXII, P. 93, 94). — C'est ce qu’il reconnaît encore dans une lettre où il répond à une objection de Giuseppe Toalda (LAMPERTICO, 0p. cit., Append. IT, lett. ined. dell’Ortes, p. 319).
© 2. «... le ricchezze fondamentali e di prima origine d’una nazione dover desumersi dai terreni. » (Dei Fidecommessi, iv. 1, chap. III) (Cusropi, p. m., tom. XXVII, p. 33).
-3. Voir chap. II, sect. I, $ 1, infra, p. 192 in fin. et 193 princip.
4. Dei Fidecommessi, liv. I, chap. IV (Cusropr, ibid., p. 38). HONG apparisce come essendo essi terreni il fondamento di tutti i prodotti per i quali una nazione sussiste, saranno essi il fondamento delle nazioni medesime... » (Econ. nazion., liv. I, chap. XVIII) (Cus- ToDI, p. m., tom. XXI, p. 111.) — Dans ses Riflessioni sulla Popolaz., Ortes donne un autre fondement encore à la nation : la protection, la sécurité dans la possession respective des biens (chap. VI) (Cus- TODI, p.m.,tom.XXIV, p.40); voir encore $1, AÀ,1,SUPrA, p. 125, note 3.
6. Econ. nazion.. liv. I, chap. X (Cusropt, p. m., tom. XXI, p. 73). — Voir encore liv. II, chap. XX (Cusropi, ibid., p. 201 et suiv.); liv. IV, chap. XVII (CusToDI, p. m., tom. XXII, p. 97). — Riflessiont sulla Popolaz., chap. VII {Cusropt, p. m. tom. XXIV, P- 52).
7. «…. la coltura di terre à... la prima delle occupazioni e la prima e fondamentale ricchezza d’una nazione superiore ad ogni altra che
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comme nous l'avons déjà vu’, la chasse, la pêche, les mines. (
Ortes divise les terres en terrains de productions végétales, animales, ou simplement improductifs. Les premiers ?, propres à la culture du blé, de la vigne, des légumes, des fruits, en un mot des diverses plantes utiles à l’homme; les seconds comprennent les prés, les lacs, les rivières ?; les derniers servent d’assiette aux constructions, aux routes, aux ponts, aux places .. Quant aux biens, produits de la terre 5, ils constituent ce que Ortes appelle le nécessaire — bisognevole — de la nation, à laquelle tout entière ils appartiennent.
si traesse da arti o da commercio. » (Dei Fidecommessi, liv. I, chap. IV) (CustTopi, p. m., tom. XXVWVII: p. 40).