Supra, p. 138 et note
5. Econ. nazion., liv. V, chap. VI (Cusropt, 2b1d., p. 168 et ue
6. Econ. nazion., Liv. Y. chap. VIII (CusTopi, ibid.; p. 175). Ortes estime que cette inégalité entre primaires et secondaires re en moyenne dans le rapport de 9 à 3: les primaires et les secondaires seraient dans la proportion normale de 1 à 9 (Econ. nazion., iv. III, chap. XIV); or, la répartition des biens entre eux serait tantôt de t /2 quand il s’agit d'agriculture (liv. IV, chap. XX), tantôt plus quand il s’agit de qualifications (iv. V, chap. VIII). I établit un rapport moyen de I à 3, d'où, en nl 1/4 revient aux primaires, 3/4 aux secondaires. Mais la proportion des biens possédés par les primaires par rapport à ceux des secondaires, est en rason des biens mêmes divisés par le nombre des possesseurs, soit + +; d'où le rapport de 9 à 3 (Econ. nazion., liv. V, chap. IX) on p. m., tom. XXII, D-"E82):
7. Econ. nazion., liv. IV, chap. XI (CUSTODI, ibid., p. 6o et suiv.).
1052 i GIAMMARIA ORTES :
l'inégalité serait de beaucoup supérieure à celle des pays plus libres où les occupations, portant sur la qualification des biens 1, sont plus variées et exigent une majeure proportion d’occupés primaires : voilà pourquoi les pays de liberté jouiraient d’une répartition moins différenciée ?.
. Problème. — L'inégalité de répartition, utile incontestablement dans son principe, ne manquerait pas, exagérée, de devenir un mal, et même la source de tous les désordres 4. La pauvreté, nous l’avons vu, apparaît dans l’œuvre de Ortes comme la contre-partie inévitable et exacte de la richesse. Si donc la richesse est exagérée, la pauvreté le sera également, d’où de graves conséquences pour le bon ordre et la tranquillité : mécontentement et méfaits chez les pauvres, excès de toutes sortes chez les riches, enivrés de leur puissances. Comment éviter cet écueil? C’est ce que Ortes examine dans une de ses lettresf.
Puisque la richesse et la pauvreté sont conséquences directes d’occupations très actives ou d'oisiveté, le moyen le meil- . leur de les diminuer l’une et l’autre jusqu’à la mesure de leur utilité, serait, d'évidence, de régulariser et modérer la cause unique de l’exagération : le surcroît d’occupations provoqué
1. Econ. nazion., iv. IV, chap. XII (Cusropt, big. p. 65 et ser
. Econ. nazion., iv. V, chap. VIII (Cusropt, ibid. ;: p. 180). — Voir éncore chap. IX (ibid. p. 184).
3. Nous avons cru devoir ajouter ici, sitôt après la LÉO ce DREnIERE au moins original de Ortes qui se rattache étroitement à la question qui vient d’être exposée. :
4. Dei, Fidecommessi, liv. IT, chap. XXIV (Cusropr. p. m., tom. de p. 363, in fine). :
5 . Der Inger. del Govern. nell Econ. nazion. (LAMPERTICO, op. cit., re V, p. 345 et suiv.).
6. Leit. in propos. della Econ. nazion., lett. VI, précit. (CUSTOPI, p. m., tom. XXIII, p. 153 et suiv.).
par un désir immodéré de richesse !;.1l conviendrait en un mot de pratiquer la pauvreté volontaire ?. Diminuer la richesse en effet, à laquelle’ s'oppose «l’héroïque vertu de la pauvreté volontaires 3, c’est diminuer la pauvreté et assurer le bonheur ou tout au moins diminuer le malheur de l'humanité #.
Dans le but de réaliser cette fin, — par laquelle il explique l’origine des jours fériés 5, — Ortes recommande la division de la population en divers ordres cantonnés dans une occupation déterminée: limitant ainsi les occupations, on ne pourra qu'éviter un surcroît excessif des richesses f.
Mais si de la sorte on peut réaliser une diminution quanti-. tative ‘des occupations, on ne touche en rien à la diminution qualitative, celle-ci en étroite connexion avec celle-là7. Il conviendrait donc, en outre, de limiter la qualité de l’occu-
1. Dei Fiderommessi, liv. II, chap. XVIII (Cusropt, p. m., tom. XXVII, p. 315 et suiv.).
2. Dei Fidecommessi, iv. I, chap+ XXI (CusTODI, 1bid., p. 165). — Voir encore chap. II, sect. I, $ III, 3, infra, p. 202 et suiv.
3. Dei Fidecommessi, liv. II, chap. XIX (Cusropt, 2bid., p. 324 et suiv.).
4. Cf. lett. à Marco Lastri (LAMPERTICO, op. cit., Append. Pélert:
ined. dell’Ortes, p. 310). — Dei Fidecommessi, liv. IT, chap. XX (Cus- TODI, p. m., tom. XXVII, p. 329,330, ?n fine, 331, princip.). — L'état
moyen, dit également Malthus, est dans la société le plus favorable à la vertu, à l’industrie et aux talents de tous genres (Essai sur le principe de population) (G. DE Morinart, Petite Biblioth. Econom P: 149).
5. Lett. in propos. della Econ. nazion., lett. VI, précit. (CUSTODI, p. m., tom. XXIII, p..163). — Ortes reprend cette théorie sept ans
. plus tard dansises Fidéicommis, où il cherche à légitimer les. jours
fériés, dans lesquels il voit un remède très efficace pour permettre une équitable répartition des occupations (liv. I, chap. XX) (Cus- TODI) p- m., tom. XXVIL, p. 156 à 160).
MAUR fimitandosi le occupazioni in ciascuni si venzono in essi a limitar le ricchezze.. » (Lett. VI. précit.) (CUSrODr, p. m., tom. XXIII, p. 154). Nous verrons plus loin (sect. SSSR D 167) qu'il voit-un autre remède dans les Tariis généraux.
7. Dei Fidecommessi, iv. TI, chap. XIX (CUSTODI, p. m., tom, XXVIT,
154 GIAMMARIA ORTÉES
pation en suivant autant que faire se peut les indications naturelles 1.
Le moindre défaut que l’on puisse objécter à cette théorie spéciale, c’est de ne tenir qu’un compte très relatif des principes de liberté en général et du travailleur en particulier ?, que dans maintes autres parties de son œuvre Ortes défend avec chaleur. [1 semble au reste avoir vu la contradiction, et, dans ses Fidéicommis, il indique comme moyen normal de limitation des richesses. l’intervention du gouvernement ?, ce qui lui donne l’occasion de déplorer que les lois civiles de son époque, et ce contrairement à celles édictées’ par l'Église quand elle était législatrice 4, vont à l'encontre, à de rares exceptions près *, de ce principe d'équité.