‹ Gianmaria Ortés: Économiste Vénitien 1713-1790Chapitre 97 sur 155 · Du rôle du numéraïre · texte numérisé non relu

Du rôle du numéraïre

Pour rendre claire la question de l’échange du numéraire contre les biens, Ortes suppose une communauté de tous les occupés, de tous les possesseurs de biens et porteurs de numéraire. Dans cette communauté seraient conservés d’une part la totalité de biens équivalant à la totalité des occupations, et, d'autre part, tout le numéraire représentatif de tous les

r. Econ. nazion., liv. VI, chap. V (Cusrtopi, ibid., p. 294, in fine, et 295):

. Ibid., p. 299. Il fait notamment le calcul pour l'Italie.

3. Econ, nazion., liv. VI, chap. VI (CUSTODI, 1b1d., p. 302). — Pour l'Italie, Ortes estime que le numéraire à son époque se répartissait entre les occupés dans la proportion suivante : 9/30 aux agriculteurs, 13/30 aux artisans, 5/30 aux dispensateurs et 3/30 aux administrateurs.

biens {. A cette sorte de comptoir universel, chaque occupé apporterait le produit spécial de son travail comme contribution personnelle au capital commun. En échange, il toucherait une quantité de numéraire proportionnelle à la valeur des biens par lui fournis, ce qui lui permettrait, au fur et à mesure de ses besoins, de se procurer au comptoir les divers produits à lui nécessaires. Autrement dit, il y aurait apport individuel de biens non échangés, — on Dermutati, — et retrait individuel de biens échangés, — permutati 2. La communauté, de son côté, restituerait l’équivalence de ce qu’elle reçoit, mais pour des apports abondants d’une seule et même

“espèce, elle donnerait, en quantité moindre, des biens de plu-

sieurs catégories différentes.

Telle est l’utilité du numéraire * qui apparaît ainsi dans la théorie de Ortes comme l'instrument de circulation que signalait Quesnay, après Aristote et Buridan.

- Ce double troc de biens échangés contre de l'argent, d’argent échangé contre des biens, constitue le «tour du numéraire », — 1} givo del danaro 4, — ou, mieux encore, « l’alterna-

1. Dans cette équivalence, Ortes n’a pas entendu parler d'autre chose, etil le précise dans unelettre (Lett. in propos. della Econ. nazion., lett. XVIII, précit.) (CUSToDI, p: m., tom. XXIII, p. 205, 208), que de l'or ou de l'argent monnayés, «l'argent vif », comme il dit (lett. XXI, précit.). (CUSToDt, tom. XLIX, suppl, p. 151, 152).

2. Dans l'esprit de Ortes, les biens non échangés seraient les biens possédés en masse, non consommables pour le possesseur, mais destinés à être consommés par d’autres, médiatement ou immédiatement. Quant aux biens échangés, ce seraient ces mêmes produits, prêts à être consommés, ou parvenus dans les mains des consommateurs. (Econ. nazion., liv. VI, chap. VII) (Cusropi, p. m., tom. XXII, p. 308, 309).

; Cf. à ce sujet Leit. in propos. della Evon. nazion., lett. XIX, à Giulio Cesare della Somaglia, 29 août 1786 (CusroDI, tom. XLIX, suppl., p. 67 et suiv.).

4. Econ. nazion., Liv. VI, chap. VIII (CusTopt, p. m., tom. XXII, P. 314).

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tive du numéraire »,— alternative qui offrirait la particularité notable de ne dépendre en rien de l’activité commerciale ou industrielle, mais d’être au contraire toujours égale pour une consommation égale 1, de se régler d’après les rentes personnelles soit en numéraire, soit en produits ?.….

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