‹ Gibier de Saint-LazareChapitre 5 sur 14 · BOITTELLE · texte numérisé non relu

BOITTELLE

Il n'y a jamais de lois, de décrets, d'arrêtés, d'ordonnances, sans voir surgir Téternelle,

l'inévitable circulaire, prétentieux papier, sans aucune espèce de valeur en justice , et qui, au lieu de faire disparaître les inconvénients et les abus, a pour résultat de donner naissance à une source de conflits entre l'autorité judiciaire et Fadministration. Voici celle relative aux filles de comptoir ;

Filles de comptoir des débits de boissons

dits cabBiilots.

Paris, le 49 septembre 4864.

A MM. les commissaires de police.

Messieurs,

Depuis un certain temps, il s*est introduit parmi les débits de boissons existant à Paris , un genre spécial de liquoristes, où les consommations sont servies par des femmes, dont le costume et l'attitude attirent l'attention du public.

Ces sortes d'établissements ont engendré des abus auxquels il importe d'autant plus de mettre fin qu'ils exercent une pernicieuse action sur la morale publique, et surtout sur les mœurs de la jeunesse.

Il n'est pas question dans la circonstance, ainsi que vous le verrez en vous reportant aux dispositions de Farticle 3 de cette ordonnance, d'une mesure générale s'étendant indistinctement à tous les débitants de liqueurs, et susceptible d'apporter des entraves à ce commerce, alors qu'il se fait d'une manière convenable,

mais bien d'une réglementation spéciale applicable restrictivement à cette catégorie d'établissements désignés vulgairement sous le nom de caboulots, établissements que vous devrez me signaler pour chacun de vos quartiers, et dont je me réserve, après examen, d'arrêter moimême la liste.

Quant à la délivrance des livrets dont les filles employées dans les dits établissements doivent se munir, elle se fera sur le vu d'un certificat, pour obtention de livret conçu dans la forme ordinaire, et du consentement écrit des père, mère ou tuteur, lorsqu'il s'agira de mineures. Ces pièces seront adressées à ma préfecture (1" division, 4™* bureau).

J'ai lieu de croire qu'à l'aide de ces diverses mesures et en y apportant une vigilance à la fois discrète et soutenue, mon administration arrivera à faire disparaître un abus qui tendait à s'accroître et qui devait exciter sa sollicitude. J'attache une grande importance à ce résultat, et je compte pour l'atteindre sur tout votre concours.

Veuillez dresser et me transmettre immédiatement Tétat prescrit par l'article 3 de l'ordonnance dont il s'agit.

Le Préfet de police,

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