LES DEUX AMIS. 1 IJ
articles tle journaux ; jo ne les vends pas quatre-vingts louis.
■ — Qu'importe !, Trouverais-tu par hasard que le comte d'Arlet ait payé trop cher son •tableau?
— Non pas... il valait cent, deux cents louis; et je suis persu^é que l'amateur eut été plus généreux s'il eût su que la moitié du prix était destinée h une gentille demoiselle... Mais je vais joindre mon faible tribut au tien, et les 172 livres que j'ai touchées hier au Mercure accompagneront l'or de l'artiste. *
Il ouvrit un des tiroirs de son secrétaire, et y prit cette somme qu'il remit à Greuze. — C'est toi qui te charges de faire accepter le tout à la pauvre Henriette; moi, je serai ton guide. Ils descendirent ensemble l'escalier, et se dirigèrent vers la rue Montorgueil, où Imbert espérait trouver encore la maîtresse de Gilbert.
Quand ils se présentèrent à l'hôtel Mon-
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lorgueil, le porlicr, auquel ils s'adressérenl pour qu'il leur indiquât le logement occupé par Henriette, les regarda avec surprise, et leur répondit tristement qu'elle était déménagée depuis trois jours. Le ton du portiei» semblait annoncer un nouveau malheur, sur lequel il n'osait toutefois donner des détails. Imbert prit la parole : — Comment se fait-il que mademoiselle Henriette ne m'ait pas prévenu de ce changement de domicile? Il a été bien brusque.... Voyons, mon ami, dites-nous la vérité tout entière.
Le portier soi'tit de sa loge , et regarda attentivement dans la cour, afin de s'assurers'il pouvait parler sans crainte. — Ah! vous, messieurs , vous avez l'air de braves gens... vous ne me compromettrez pas. — Il poussa un profond soupir et garda le silence : il paraissait attendre des deux étrangers une garantie nouvelle de sécurité pour la hardiesse de ses Confidences.
L'homme de lettres et l'artiste l'enga-