‹ Gilles et PasquinsChapitre 5 sur 6 · Epilogue · texte numérisé non relu

Epilogue

Fais-toi d'abord couper les cheveux. Les gendarmes N'aiment pas^ tu le sais^ ces êtres chevelus Qu'on rencontre dans les rochers pleins de vacarmes, Epiant les plongeons des torrents dissolus.

Laisse la Fantaisie et sa crinière blonde.

Vois Manuel. Il est célèbre. Coquelin

Récite tous les soirs ses vers dans le beau monde ;

Mais il vit loin des gueux, en habit liniolin! »

Le Vice, ange gardien de mes jeunes années, Alon compagnon fidèle et l'actif artisan De mes strophes d'avril au vent abandonnées , Le Vice, gdi, joyeux comme la Trévisan,

Me tiraille à son tour et me dit : « Faux poète! Veux-tu bien lâcher là cette duègne. Crois-tu Que les astres en feu luisent sur notre tète Pour te voir réciter des vers à la Vertu!

Si tu la connaissais, cette existence, bonne Pour inspirer l'horreur du rire et des rayons! ... Les hommes vertueux s'appellent Ratisbonne. Tu ne t'appelles pas Ratisbonne, voyons!

Tu n'as pas fait ces vers que nous nous empressâmes

Bien vite de porter au prochain pavillon

A trois sous : Le pays des ânes ou des âmes^

Où Corneille abruti trinque avec Boquillon !

128 Gilles c: Pasquins.

Reste avec moi. Courons par la plaine enivrée! On ne te verra pas sous les riches lambris, Alais ton manteau râpé vaut mieux qu'une livrée Dont les merles riraient sous leurs mouvants abris.

Au lieu d'entretenir Cora Pearl en cachette, Tu te promèneras avec la belle enfant Dont le rire amoureux fait un bruit de clochette. Et qui montre aux rosiers son corsage bouffant.

Répare tes erreurs par des erreurs nouvelles, Aime, bois sous la treille, et la Muse aux beaux yeux Que d'un poignet hardi, le soir, tu déchevelles. T'emportera d'un bond dans Véther spacieux! »

Gens graves, je ne puis encore être des vôtres. Mon nid m'attend au bois vert où Je le suspends. Je ferme mon oreille aux voix de vos apôtres, '(Je vous laisse et je reste avec mes chenapans.»

Sans doute, je pourrais avoir plus de tenue. Etre moins débraillé, mettre un fichu décent A mes strophes qui vont parfois la gorge nue, Surtout lorsque juin fait le ciel incandescent ;

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