PREFACE IX
Peut-être ai-je eu tort de sacrifier le personnage d'une gamine de quinze ans^ insensible et lascive^ « le glaçon allumeur », sorte de Charpillon dont la précocité inquiétante vengeait d'innombrables amoureuses bafouées, en faisant pleurer à son tour un vieux Casanova polonais féru de cette joliesse à peine pubère.
En revanche, une amputation s'imposait indiscutablement : celle des nombreux, très nombreux détails, d'une effarante minutie copromaniaque, concernant les retraits [les « chambres coies )) dit Lacurne de Sainte-Palaye) des diverses demeures habitées par Vauteur. Passons y passons vite.
Comment conserver telles descriptions d'une fantaisie outrancicremcnt baroque, par exemple ce paysage bourguignon : « Les longs cyprès effilés me saluaient de leurs cimes amies quand je suivais la rivière jalonnée d'oliviers, gris comme de l'argent sur le bleu cru du ciel... » Au bord de l'Yonne ! Pourquoi pas des cactus et des baobabs ?
Dans ce manuscrit déroutant, l'onomastique s'avérait aussi paradoxale que l'arboriculture : un jeune prodigue en train de se ruiner consciencieusement avec des grues de haut vol s'appelait... « Maxime de T railles » ! Pendant qu'elle y était, Ginette aurait pu baptiser « Da-