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History of painting in the NortJi Italy, Londres

2. Cette toile fit partie de la collection de l'archiduc Léopold- Guillaume.

de Théodore de Kessel dans le recueil de David Téniers — {Theatrum pictorium in quo exhibentur ipsius manu delineatae, Anversa, 1684).

Cette peinture qui figure sur l'inventaire de Morelli, sous le nom de la Naissance de Paris où elle est ainsi décrite : « un paysage peint à l'huile sur toile où il y a, d'un côté deux bergers debout, sur le sol, un enfant emmailloté, et de l'autre côté une autre figure de femme mi-nue, et derrière elle un vieillard assis avec une flûte » (H. 7 spanne e un dito e i /2 ly. 9 spanne 7 dita e mezzo (soit environ 2 mètres sur 2 "1,50), montre l'analogie frappante qui existe entre VAdraste et un des bergers.

Cette Naissance de Paris, quoique différente de l'Adoration des bergers de la collection Allendale, en éveille l'idée première, comme nous l'avons déjà signalé. I^e petit Jésus et le jeune Paris sont placés pareillement sur le sol, le paysage se déploie de même façon, les quatre figures groupées en deux masses — plus rapprochées autour de l'enfant qui vient de naître — occupent respectivement les mêmes places, ou à peu près.

ly'histoire de l'enfance de Paris a sans doute tenté encore maître Zorzi vers l'époque où il peignait l'Epreuve du feu, car il l'a représentée en des sites virgiliens sur deux petits panneaux ^ qui se trouvaient autrefois dans la collection Albarelli de Vérone, et qui sont maintenant

I. L'authenticité de ces deux peintures est fort loin d'être indiscutable.

à Allington Castle chez Sir Martin Conway (H. 0.44 — Iv, 0.365). ly'un représente l'exposition en pleine campagne du fils de Priam, l'autre sa remise, par les soins de sa mère Hécube, aux bergers du Mont Ida.

Ridolfi, dont les indications sont souvent sujettes à caution, cite parmi les compositions mythologiques de Giorgione : l'Age d'or, Deucalion et Pyrrha, lo changée en vache, Python, Apollon et Daphné, Phaeton, Diane et Calisto, Ariane abandonnée, Mercure volant les armes d'Apollon, Nessus etDéjanire, Cadmus, ainsi qu'une série de douze sujets se rapportant à l'Histoire de Psyché et différents épisodes de la Vie d'Adonis. La plupart de ces peintures ont aujourd'hui disparu. Il est très possible que le tableau que Ridolfi désignait sous le nom de l'Age d'or^ soit celui auquel on a donné le même nom à la National Gallery (H. 0.59 — ly. 0.48). lya conception de cette toile — entièrement repeinte, retouchée, massacrée — est surprenante au plus haut point. On y retrouve l'empreinte du génie du maître de Castelfranco.

Un jeune homme agenouillé dans l'herbe fleurie, précédé par un page, tend à un personnage installé sur un trône surélevé, un plat chargé de présents. Un musicien assis sur un des degrés de ce trône joue du luth. Cette douce musique, résonnant dans un beau paysage calme et ensoleillé, attire les animaux les moins accoutumés à vivre ensemble. Près d'une biche craintive, un

I. Berenson et Gronau donnent cette œuvre d'importance secondaire à un successeur de Giorgione.

paon se promène dans les verdures qui grimpent au pied d'un rocher abrupt; plus près de nous, un tigre broute l'herbe. Ces animaux sont, en vérité, médiocrement peints et ne rappellent nullement ceux de Pisanello ^.

Il est à présumer que les deux peintures sur bois du musée de Padoue (H. 0.35 — L. 1.62) représentant des Scènes de la vie d'Adonis étaient des cassoni, c'est-à-dire des panneaux décoratifs. Dans ces deux compositions, les paysages sont en tous points dignes du maître de Castelfranco. Par contre les figures qui les animent sont assez enfantines. Il est fort admissible, comme on l'a prétendu, que ces productions soient l'œuvre d'imitateurs de Giorgione qui se seraient complus à opposer des épisodes idylliques et joyeux à des scènes cruelles et sanglantes, des danses à des décollations ".

M. Herbert Cook pense que le tableau de la National Gallery connu sous le nom de Vénus et Adonis (H. 0.78 — ly. 1.35), catalogué comme œuvre de V Ecole de Giorgione, après avoir figuré longtemps sous la simple étiquette ôiEcole vénitienne, est, en réalité, de Giorgione

1. Le Titien aurait aussi représenté, vers cette époque, des animaux variés dans une Sainte Famille en Egypte, qui, d'après Ridolfi, lui aurait été commandée par la famille Calergi : « On y 'T voyait, écrit-il, un ange conduisant la monture, et, parmi les -K herbes, se promènent un grand nombre d'animaux escortant '< leur Seigneur, sous un rideau d'arbres très distincts, avec un «: soldat et des bergers au loin. » Des animaux de toute espèce couraient encore dans les rinceaux de la frise dont était décorée la façade du Fondaco dei Tedeschi donnant sur le Grand Canal. Les Africains fixés à Venise faisaient, du reste, précisément à cette époque, grand commerce d'animaux exotiques.

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