Voici ce que Garducci établit aux p
a) Avec les poètes lyriques du moyen âge, Pétrarque présente plus de différences que de rapports.
3) Son inquiétude qui lui fait mener une vie agitée, le transportant de séjour en séjour, son besoin de solitude à certaines heures, son désir de se recueillir et de rentrer en lui-même, tout cela fait penser à Werther, à Ghilde-Harold, à Obermann, à René. Mais si, chez lui, la nature et la foi luttent avec des succès alternatifs, chez ses successeurs il n'en sera pas toujours de même et c'est à la foi qu'il arrivera d'être moins forte.
v) En un mot, il fut le premier à sentir que chaque âme peut avoir une histoire comme la société humaine. Il fut le premier à mettre sa conscience à nu, à l'analyser.
Garducci, qui connaissait à fond les Révolutions (VllaUe de
Ouinet, y avait lu des développements correspondant à a) au t. 1, p. 180-181, a ;t») aux p. 183, 184, 185, 186, à vj aux p. 188, 189.
Sans doute, dans ce discours, il ne numme nulle part Quinet, mais, ayant dit de Pétrarque : « ha qualche lontana somiglianza con Oberman e cun Renato... assomiglia già un poco al Werther..., par che mostri un principio délie irrequietudini di Aroldo », il ajoute : « Certo che non bisogna spingere troppo oUre tali paragoni, i quali non ho posti io » (p. 242). 11 l'avoue donc, il emprunte à autrui Tidée de cette comparaison. A qui? Nous l'avons déjà dit : à Quinet dont voici deux phrases : ** L'angoisse morale que Tautciir di» René a appelée le vague dans les passions commence surtout avec Pétrarque... Cet anachorète est le précurseur de Saint-Preux à Meillerie. de René, de Werther, de Childe-Harold » (p. 186).
Sans doute, déjà de Sanctis, dans son Saggio sul Petrarca (1860), avait consacré, au chap. viii, quelques pages à la Malinconia de Pétrarque. Il avait, comme son prédécesseur Quinet et sans le nommer, diagnostiqué la maladie du siècle dans l'âme de Pétrarque. Mais il avait, à ce propos, prononcé les noms du Tasse, de Foscolo, de Leopardi, non pas ceux de Werther, de Harold, de René, comme Quinet et Carducci. Ce n'est donc pas lui que Carducci désigne quand il dit avoir emprunté à autrui l'idée de sa comparaison. De plus, ce n'est pas de Sanctis — ou du moins ce n'est pas lui seul — qui a inspiré à Carducci d'insister sur le mal moral de Pétrarque.
Voici une dernière preuve que Carducci, dans ces pages 241- 243, suit Quinet. 11 y a parfois une concordance évidente entre les expressions employées par l'un et l'autre.
Il Petrarca fii primo a sentiro e a I/orijrinalitt' do Pétrarquo est d'avoir
fare quel che i poeti antichi non fe- senti le premier que chaque instant
cero.... a sentire che in ogni ora délia de notre vie contient en soi la subs-
vita puft svolpersi un poema. che un tance d'un poème... Jamais homme de
picrolo V intinio avvenimento. se ha l'antiquité n'eilt entrepris de montrer
lunj;a oco in un cuore umano, put\ A nu sou îlme à chaque moment de sa
averla nella lirica : vodiam dire che carrière terrestre... Dans l'idéalisme
il Petrarca fu primo a denudare este- chrétien, l'âme... ennoblie par le
licamente la sua conscienza, a inter- Christ... se mesure ft son impression,
rogarla, ad aualizzarla (p. 242-243). non plus ;^ la jrrandeur des choses
14. — Carducci (I, p. 250) pourrait bien s'être rappelé un passage de Sismondi, De la litt. du midi de l'Europe, t. I. p. 402.
Conversando nella lingua di Cice- Il se lia avec tous les savants, tous
rone con gente d'ogni parte d'Europa les poètes, tous les philosophes, d'un
e per ogni parte d'Europa... dissemi- bout de l'Europe à l'autre... et sa cor-
nando le sue epistole e i trattati ed i respondance devint le lien magique
carmi, congiunse le nazioni occiden- qui, pour la première fois, unissait
tiJi... con un vincolo nuovo, il vincolo toute la république littéraire euro-
filosofico e letterario : fondô nell' Eu- péenne. ropa soggetta ancora ai pote ri ecclesiastico e feudale, una nuova potenza..., la repubblica délie lettere.
15. — Carducci (I, p. 254) écrit : « lo non so se sia vero cio elle uno scrittor francese racconta, che il governo austriaco vietasse certa volta in Milano la recita délia canzone ail' Italia. » Il fait allusion à une anecdote que raconte Villemain dans Tableau de la litt. au Moyen âge en France, en Italie, en Espagne et en Angleterre, t. II, xiii^ leçon. Voir t. II, p. 30-31 de l'édit. de 1871, Paris, Didier et G'^
Cette source est indiquée par Carducci lui-même dans les notes à la fin du t. I de ses Opère, p. 444.
Ai parentali di Giovanni Boccacci.
{Opère, t. I.) (Discours prononcé le 21 décembre 1874.)
16. — a) En composant ce discours, Carducci a eu sous les yeux le chapitre de Quinet sur Boccace {Révol. d'It., t. I) ou bien a relu des extraits qu'il en avait autrefois tirés.
Lui-même, dans les notes placées à la fin du tome I, écrit
« I raffronti a pag-. 270 sono di K. Quinet nelle Révolutions d'Italie. » Il aurait du dire i)ages 276-7, c:\v ;i l;i i)age 270 il y a seulement les deux premiers mots d'un petit passage dont s'inspire Carducci.
Fermô egli il métro per l'epica del Rinaseimento. porse egli lo instnimento délia lor gloria alT Ariosto al Tasso al Camoens (p. 276-277).
Il n'a rieu pu que créer des formes et des moules pour la pensée d'autrui er- créant la stance, que rempliront Ariosie. Tasse et Camoëns (p. 109).
Les emprunts de Carducci à Quinet dans ce chapitre ne se bornent pas là. C'est ce que prouvent les exemples suivants :
^\ Dopo cli ambiziosi lavori giovanili e innanzi ai pazienli degli anni maturi. giunse a ciô che era il suo naturale : allora il Boccaccio compiè il Decameron (p. 277).
«1 Corne i cittadini di Firenze finivano di abbattere il medio evo nelle rltime rôccbe de' feudatari delT Appenuiuo, cosî il Boccaccio lo abbatte nelle fantasie. lo cancella nei sentimenti. I fiorentini aveano costretto i grandi ail' eguaglianza délie arti. il Boccaccio li agguaglia nel ridicolo (p.
Entre les poèmes ambitieux de sa jf'unesse et les œuvres érudites de sou âge mtîr, il s'accorde un moment de sérénité, de malice enfantine : il écrit le Dccaméron, et ce moment de naturel lui vaut l'immortalité (p. 199).
Comme ils [les popolani] rasaient les chAteaux et faisaient passer le niveau de la bourgeoisie sur la fé<3dalité. de même Boccace abaisse les imaginations... Il établit une égalité df ridicule entre les gloires de tous les ordi-es... de même que dans la vie réelle, les nobles châtelains d'Italie étaient contraints de descendre de leurs manoirs escarpés pour venir ^'inscrire sur le livre des communes avec les tisserands et les cardeurs de laine (p. 201).
17. — Arrêtons-nous à un passage où il ne nous semble pas douteux que Carducci ne fasse une sorte de réponse à Quinet. Celui-ci avait écrit immédiatement après les dernières lignes que nous avons placées en colonne :
Qui pourrait méconnaître le caractère républicain et démocratique du Décaméron? il y est écrit î') chaque page. Cette innocente jacquerie met fin ft la littérature féodale et commence le règne de la littérature bourgeoise et populaire (p. 202).
Ces mots de « littérature bourgeoise » évoquent dans l'esprit de Carducci le nom de Jean de Meung. et la parole jacquerie lui semble employée mal à propos, bien qu'il reconnaisse certaines tendances démocratiques chez Boccace. Aussi écrit-il sur celui-ci :
Dair uso délie dame apprese un che di morbido a levigarne le costuraanze democratiche... K questa i)ompa élégante onde conduce il trionfo su'l medio evo... è il carat itr.' tl<l Boccaccio... Giovanni di Meung avcva non molli anni
prima... fatta un' opéra, che in certe parti e per certi effetti viene a un fine co' 1 Decauieron. Ma egli scrisse a instigazione di Filippo il Belle. . mentre il Decameron ê il libero e pur necessario portato délia vita civile italiaua. Giovanni di Meung... è un villano ribelle che si gode a sputacchiare quel che ieri incbinava... : al Romanzo délia rosa tien dietro la « jacquerie » : Giovanni Boccacci è un cittadino eresciuto dopo gli ordinamenti di Giano Délia Bella; è un poeta, e compone un' opéra d'arte. a cui tien dietro il Rinascimento (p. 279).
18. — On peut ég-alement considérer un autre passage de Carducci comme une réponse à Quinet. Celui-ci. qu'on ne l'oublie pas, donne comme titre à son chapitre sur Boccace : L'Art pour VArt. En outre il y écrit :
Si j'étais Italien, je voudrais faire de durs reproches à ce génie trop indulgent, car il commence un ordre tout nouveau... Je serais incapable de lui pardonner... un mal... dont il a été le premier atteint, qu'il a propagé plus que personne... l'indifférence de l'âme.... Depuis Boccace, la doctrine d? l'art pour l'art, indépendamment de toute idée de patrie et de morale, est celle des écrivains italiens. Le pays, les passions nationales... s'effacent de leurs œuvres ; occupée du beau dans la parole, s'oubliant pour peindre, chanter, sculpter des objets de plus eu plus éloignés d'elle,... l'Italie s'aveugle et s'enchaîne par son propre génie (p. 205-207) .
Carducci, qui, nous le savons, connaît bien le chapitre de son devancier, prend le contre-pied de celui-ci quand il écrit de Boccace :
Compose la sua umana commedia... con mente accesa in un nuovo idéale, l'arte. Perocchè a certi momenti d'una civiltà anche l'arte per se sola diventa un idéale ; ed è bene chp cio sia. Solo appunto l'idéale doll' arte salvô dall'oscuramento le generazioni intercesse tra il mancare del medio evo e le rivoluzioni del secolo decimosesto ; e fu tutto italiano, ed ebbe per primo cultore, per ritrovatore. il Boccaccio. « Studium fuit aima poesis » (p. 270).
19. — Dans les notes placées à la fin du tome I Carducci (p. 444) écrit : « Lo scrittore accennato a pag. 280 è il Villemain, Tableau de la littérature au Moyen âge, XIV leçon. » Carducci aurait dû dire page 282 et non page 280. Là, après avoir fait l'éloge de Villemain, il traduit un passage de celui-ci sur le style de Boccace et il en approuve grandement les termes. (Voir Villemain, ouvr. cité, t. II, p. 51, Paris, Didier, 1871, depuis « Boccace n'avait pas impunément », jusqu'à « dans nos langues modernes ».)
20. — Un peu plus haut (p. 277-278), Carducci établit ce (iii'à son avis Boccace doit aux années (pi'il vécut à la cour de Naples.
Déjà Villemain (oiivr. cité, t. II. p. 48-49) avait montré combien ce séjour avait agi sur la formation du conteur italien. Il est vrai, d'ailleurs, que les résultats de cette influence n'apparaissent pas les mêmes chez Carducci et Villemain.
Observ.ation. — M. Benedetto Groce, dans un article substantiel de la Critica (anno IX, 20 marzo 1911, p. 90 et suiv.), rapproche plusieurs passages de âv Sanctis {Sioria délia lett. ital., t. I) et de Carducci (Ai parenfali di G. Boccaccio) pour établir que, dans ce discours, Carducci a fait divers emprunts au critique napolitain. Dans deux des quatorze cas qu'il cite. M. Groce ne nous a pas convaincus.
Nous avons montré au paragraphe 18 que Carducci (p. 270) avait trouvé dans un chapitre de Ouinet, chapitre bien connu de lui, cette idée qu'aux yeux de Boccace, l'art se suffît à lui-même et trouve sa fm en soi. Ajoutons que là aussi il avait vu le conteur toscan opposé à Dante et à Pétrarque {Rèv. ?/.. t. I. p. 190. 197, 199, 202, 203).
Au paragraphe 16 -) nous avons rapproché d'un passage de Quinet quelques lignes de Carducci (p. 277-8) qui nous semblent beaucoup plus voisines du texte français que de la page 348 de de Sanctis, dont M. Croce extrait les lignes suivantes :
Il medio evo con le sue visioni. le sue lesîrende, i suoi misteri, i suoi torrori, e le sue ombre e le sue estasi, è cacciato dal tempio delT arte. E vi entra rumorosamente il Boccaccio...
l*er il classieismo e il Kiiiasciinenlo.
{Opcrc, t. II.) (Article publit"^ i)our la première fois le 23 soplombro 1801.)
21. — Page 5, Carducci. s'adressant à un certain docteur C, écrit : « Del resto ne \mv gli argomenti che voi portate contro rinsegnamento délia lingua e letteratura latina son nuovi... : basti dunque ricordare ai nostri letlori le risposte del Thiers, del Gioberti e dello stessu Tommasèo. »
Carducci n'indique aucune référence, mais, en ce qui concerne Thiers, on trouvera ses arguments en faveur de la culture latine dans un de ses discours. (Voir t. VI, p. 538 et suiv. des Discours parlementaires de M. Thiers publiés par M. Galmon. Paris, Galmann-Lévy, 1880.)
Lorenzo de' Medici.
(Opère, t. II.) (Préface publiée d'abord en 1859.)
22. — Pour écrire cette préface, Carducci a tiré parti du chapitre XXII de VHistoire littéraire d'Italie de Ginguené (t. III, p. 470 et suiv. de l'éd. publiée à Paris, chez L.-G. Michaud, en 1824).
Nous commencerons par indiquer les passages où Carducci lui-même fait intervenir Ginguené.
a) Lorenzo a tout d'abord chanté une femme qu'il n'avait vue que morte et le jour de ses funérailles. S'étant ainsi habitué à un langage et à des sentiments tendres, il cherche une femme vivante qu'il puisse célébrer sur ie même ton.
Dove il Ginguenô osserva : (( Qnando un giovine di vent' anni si mette a questa ricerca, non ci spende gran tempo in vano. » (Card., p. 2ô. Voir Ginguené, p. 488.)
3) Carducci invoque le témoignage de Ginguené en même temps que ceux de Roscoe (Vita di Lorenzo de' Medici, Pisa., 1799) et de Sismondi, pour affirmer que « l'affetto del nostro per la Donati fosse pii^i di poeta che altro )> (Carducci, p. 26-27). Voir Ginguené, p. 488.
v) Ginguené, parlant des Beoni de Lorenzo, se montrait plein d'admiration pour cette sorte de parodie de la Divine Comédie (p. 499-500). Carducci (p. 43) déclare ne pouvoir partager cette opinion commune à Ginguené avec Roscoe.
c) Ginguené, parlant de la Rapprcsentazione di S. Giorn)uu' r S. Paolo, note que dans cette pièce « les trois unités ne sont pas sévèrement observées » (p. 512). Carducci (p. 45) cite ce juge-
ment, mais se montre indulgent pour cette œuvre, étant donnés le genre et l'époque.
s) Ginguené (p. 512) se demande si, dans cette même pièce, le rôle du vieux Constantin ne fut pas tenu par Lorenzo en personne. Carducci (p. 48) trouve cette hypothèse ingénieuse et, en la reproduisant, il traduit un court passage de Ginguené.
Z) Carducci (p. 54) note que ce dernier (p. 508), parlant des catiti carnescioleschi de Lorenzo, dit qu' <■ on n'y voit aucune expression sale ou grossière ».
23. — Voici un passage où, cette fois, Carducci ne renvoie pas à Ginguené et où pourtant il le suit de très près :
Il contadino Vallèra canta alla dama rispetti spicciolati in ottave nel suo stilc' toscano; dovo il soutinionto dcl pastor ffiovialono trova inia.u:ini e sconce o graziose, novissime sempro pr r scmplicitîl rusticana. Délia quale... puù darsi cho il nostro avesse gli Gsempi in certi luofïhi del Boccaccio... : ma è piû verosimile clie dallo srudio posto nelle cose o negli nomini délia campagna gli venisse il pensiero di tentarc quosto jrenere di poesia al-
lora uuovo Luigi Pnlci... voile dar
a divedere rh' e' facea conto del poeta potente imitandolo nella Jiccn âa Diconiano: o. per snporarlo 1' esagerù.
sfoggiando lo strano o il grottosco dcve il Modici pur nella parodia s'era tf uuto al delicato. E... una lunga greggia di bucolici rusticani venne a far coda nel cinquecento e seicento ; sazievoli e fastidiosi tutti, se ne togli il buon jiievano die scrisse il Cccco da Varlunfio. Ma il Cccco, per essere inteso anche da un toscano che non sia stato in (luel di Firenze. ahbisogna di comento ; la Ncncia, no ; rerch5 in qucsta fu minore lo sforzo del misrliinrf la lingiia popolana alla letterarin... (p. .3S-.'Î0).
Les paysans et le peuple de Toscane ont un langage qui leur est particulier et qui est singulièrement propie A exprimer des sentiments naïfs n:êlés d'images gracieuses et assaisonnés d'un goût rustique. Le goût de Laurent le Magnifique pour les objets champêtres le porta A se servir le premier de co langage : et c'est ce qu'il fil avec autant de naturel que d'esprit dans les stances intitulées La Ncncia da Tiarhcrino. îl y introduit le villageois Vallero, qui fait i"éloge de Yr/icia, sa maîtresse... Louis Pu Ici voulut l'imiter dans sa Dec a da Dicomano :
mais il n'eut ni la même gaieté, ni la même grflce. On ne peut comparer A l;i Xcncia que h's plaintes de Cccco da Varlutif/o qui parurent dans le dernit^r siècle ; poème agréable, sans doute, mais où le langage rustique est plus exclusivement employé, moins tempéré par la langue commune... et qui, pour cette raison, est d'une obscurité qui exige des commentaires, tandis qu'avec un peu d'attention, la \cncin... peut être entendue de tout le monde (p. 494-495).
24. — (l;i?'(lii('ri. dans son arliclt» sur Lorenzn do' Medici, renvnjo doux fois à Sismondi {Dr hi liltrrahirc du Midi de l'Europe, chap. xi) pour faire allusion à des jugements qu'il approuve.
a) Tome II, page 27, il pense aux lignes suivantes :
Il ne... nomme jamais [Lucrezia de' Donati], et il semble ne l'avoir choisie que comme objet d'un amour poétique et pour avoir quelqu'un à chanter dans ses vers (Sismondi, p. 39 du t. II de l'éd. de Paris, 1810).
3) Tome II, page 63, il pense au passage suivant :
II... n'avait point au même degré que Pétrarque [le talent] de la vei-silication. On trouve dans ses vers d'amour, dans ses sonnets et ses cansoni, bien moins de douceur et d'harmonie, des couleurs poétiques moins éclatantes; et, ce qui surprendra davantage, une langue bien plus rude et qui semble plus rapprochée de l'enfance (t. II, p. 58).
Alessandro Tassoni.
(Opère, t. IL) (Préface publiée pour la première fois en 1858.)
25. — Page 140, Carducci traduit et blâme une opinion de M. J. Ghénier sur Tassoni, qui « fut efïacé par Despréaux » ; celui-ci néanmoins « l'honora de quelques louanges ». Carducci se contente de donner en note cette référence : Tableau de la littérature française depuis 1789. Le passage traduit se trouve au chapitre vu du Tableau (p. 235 de l'éd. de Paris, 1834, chez Ledentu).
26. — Carducci nomme deux fois Sismondi pour protester contre deux de ses opinions.
y) Sismondi (ouvr. cité, t. II, p. 281-282) avait écrit :
On ne saurait se figurer avec quelle violence, avec quel acharnement on disputa en Italie pour savoir si Tassoni ou Bracciolini étaient les inventeurs do l'épopée comique... On oubliait qu'après Berni, il n'était réellement permis h personne de se donner pour l'inventf^ur de l'épopée comique.
Carducci consacre au contraire les pages 133-135 à. montrer « corne mal si apponessero quel critici chc dietro il Sismondi... dissero [la Secchia] epopea non nuova in Italia ».
3) On lit dans l'ouvrage cité de Sismondi (t. II, p. 276) :
J'aime A croire que le but général de l'ouvrage est de faire la satire des guerres entre Italiens qui avaient affaibli leur pays et qui le livraient ou proie aux étrangers.
Carducci déclare ne pas vouloir <( ammetter per buona la
supposizione del Sismondi ». Et il la combat en s'appuyant sur un passage de Sismondi lui-même, et cette fois il traduit, sans le nommer, cet auteur, auquel il emprunte une arme pour le combattre :
E che importava far deridere le II no vaut pas la peine de se mo-
jîuerre civili acl' italiani del secolo quer de gens qui sont morts il y a
decimosettimoV... o meritava es;li il cinq cents ans, de gens qui ne nous
conto di burlarsi per questo di uo- ressemblent ni par leurs habitudes, ni
mini giA morti da quottrocent' anni par leurs mœurs, ni par leur carac-
(' clie a' conteniporanei del Tassoni tère (p. 279). non assomigliavano ne di costumi ne dl carattere (p. 135).
Alessandro Marchedi.
{Opère, t. II.) (Préface publiée d'abord en 1864.)
27. — Carducci (II, p. 234) traduit en partie le jugement favorable à Marchetti ([ue Sismondi porte sur celui-ci (ouvr. cité, t. Il, chap. XVI. p. •-?7i-272).
Il seconde centenario di L.-A. .Muratori.
{Opère, t. III.) (Article paru eu octobre-novembre 1S72.)
28. — Ayant trouvé un manuscrit contenant des prières en langue française et cpii appartint à Renée de France, Carducci (p. 123) se rappelle que cette j^'incesse fut réponse d'Hercule II de Ferrare et (|iie, ])nur son mariage, Marot composa des vers. Carducci en cite six en français. (Voir Chant nuptial du mariage tir nxifl. Umrr, dans Of-Jurrrs {]o Marot. t. II. p. (S5, P.u'is. Mnr- |><tn (M l''l;iniiii.n'i<tri. CiCKe référence iTt^^l p.is do ('ni'din'ci. Il n'en donne aucune.)
Emilio Littré.
{Opère, t. III.) (Article publié le 26 juin 1881.)
29. — Dans cet article, Garducci ne donne nulle part une référence précise renvoyant au travail que Sainte-Beuve consacre à Littré : Notice sur M. Littré, sa vie et ses œuvres, Paris, Hachette, 1863, travail qui se trouve aussi dans les Nouveaux Lundis, t. V. Il y fait une simple allusion, quand, p. 307, parlant de certains articles scientifiques, signés de Littré, il écrit: « dei quali il Sainte-Beuve, giudice compétente anche perché medico egli pure, loda il sentimento alto e la tristezza serena. » Assez nombreux pourtant sont les passages oi^i Garducci traduit le critique français.
Imparo il greco per insognarlo al fîgliuolo, imparo da vecchio il sanscri to (p. 302).
Ed ella su' 1 corpo sanguinoso chiamava i cittadini alla vendetta, sî chc parve una minaccia e un pericolo all'ordine, e fu imprigionata (p. 302).
Ad ogni fin d'anno tornava carico di prerai. E corne negli esercizi dell'intelletto, era primo in quelli del corpo : pugno di ferro, garetto d'acciaio : sollovava co' 1 braccio teso una Peggiola con sùpravi un compagne di diciannove anni a sederc. A venti anni, sape va, oltre le due classiche, la lingua tedesca, l'inglese, l'italiana, tanto, dicono. da non pure scriverle in prosa ma comporne versi (p. 302-303).
11 [le père de Littré] apprit le grec pour le montrer A son fils; plus avancé en fige, il apprit même du sanscrit. {X. L. t. V, p. 202 de l'éd. de 1866.)
Sa fille [de Jehannot, grand-iîère de Littré], se précipitant sur le corps do son père et appelant les habitants et citoyens à la vengeance, devint si menaçante pour l'ordre d'alors que les autorités la firent arrêter (p. 205, note) .
Ses succès de chaque fin d'année...
étaient prodigieux... Il revenait littéralement chargé et accablé de livres...
Le premier aux exercices corporels comme à ceux de l'esprit... d'un jarret (l'acier, d'un poignet de fer, il était capable de lever à bras tendu une ciiaise qui portait un camarade âgé de dix-neuf ans... II savait dès lors (sans parler des deux langues anciennes) l'allemand qu'il possédait îl fond, plus l'anglais et l'itaJien ; et ces diverses langues, il les savait assez, remarquez-le, pour écrire dans chacune et pour y composer des vers (p. 206).
E pift articoli (li& Ira il '34 c il '30 alla Revue républicaine... su l'epidemie, su i fossili del Cuvier, su" 1 calor délia terra ; doi quali il Saiute-Beuv«'. giudice compétente anche perché raedico egli pure, loda il sentimento alto f la Iristezza serena (p. 306).
I^ scienza trionfa nelT introduzione e nei commenta ri con la ricostiluzione délie dottrine nel concetto e uella pratica degli antichi, la filologia combatte con tutte le armi délia critica nella collazione délie stampe e cei manoscritti e nella determinazione del dialetto (p. 307).
Nel ''V'K dopo il primo volume dol- Vlppocrate, fu nominato dell' Institut© e propriamente dell' Accademia di Iscrizioni e Belle lettere ; dove nel '44 successe al Fauriel uella commissione dell' Histoire littéraire de la France : successione e officio che lo attrassero verso la letteratura del medio evo. Cominciô compilando le notizie dei medici del secolo terao decinio nei tomi ventunesimo e ventiduesimo, poi si estese ai glossari e si allargô ai trovieri nel lomo ventesimoterzo (p. 301)).
Sainte-Beuve (p. 212-3). citant ces mêmes articles, avait écrit : « Le sentiment de ces époques antérieures à riiomme... y respire... avec une sorte dr tristesse sereine. »
A propos de l'édition et de la traduction des œuvres d'Iïippocrate par Littré. Sainti'-Beuvc reconnaît comme mérites à celui-ci : « intelligence et reconstitution des doctrines au point de vue médical ancien... collation d«'s textes et détermination du dialecte « (p. 218).
Une fois de l'Académie des Inscriptions, il remplaça Fauriel dans la commission de V Histoire littéraire de lu France (1844). Les tomes XXI, XXII, XXIll de cette Histoire contiennent de lui des notices importantes sur des médecins du moyen âge, des glossaires, des romans ou poèmes d'aventures et autres branches de poésie des trouvères... Dès 1844, par sou association au comité de l'Histoire littéraire de la France, M. Littré fut amené î1 s'occuper avec suite des ori- ^^ines de notre langue; il passa décidément... à cette autre demi - antiquité... A celle du moyen flge (p. 227. 233).
30. — Cardurci a emprunté bien d'autres idées à l'article de Sainte-Beuve, mais, cette fois, sans pousser l'imitation jusqu'à la traduction.
a) Il écrit (p. 303) :
Sapeva ammirare... il Byron, délie cui citazioni infiorava ingegnosamente gli articoli scient ilici.
Justement, Sainte-Beuve (p. 213) donnait un extrait d'un article scientifique de Littré et à cet extrait se trouve mêlée une (ùtation de Childe-Harold.
,V) Page 214, Sainte-Beuve cite on note trois strophes de l'ode de Littré intitulée La Lumière. Il rappelle en outre que cette
œuvre est contemporaine des Etoiles de Lamartine. Carducci (p. 303) nomme de Lamartine Les Etoiles, L'infini clam le ciel, et de Littré Les Etoiles et La Lumière. Il cite et traduit des strophes de Littré, sans choisir précisément, il est vrai, celles que reproduisait Sainte-Beuve.
v) Quand il considère en Littré le disciple d'Auguste Comte, Carducci (p. 307-309) reproduit en substance les idées suivantes de Sainte-Beuve (p. 233-7) : Littré a embrassé aveuglément les doctrines de Comte et a pris longtemps ce philosophe comme son guide de tous les jours; en particulier, il a été, comme lui, passionné pour la patrie et la liberté. Il a, en retour, rendu à Comte le service de clarifier son système par l'art avec lequel il l'exposait.
c) Les idées exprimées par Carducci (p. 312-313) quand il étudie Littré comme collaborateur du Journal des Savants se trouvaient déjà chez Sainte-Beuve (p. 227-8). Carducci ajoute les indications bibliographiques de sa page 313. En outre, au lieu de résumer, comme Sainte-Beuve, en quelques mots, chacun des problèmes que Littré tenta alors de résoudre, il donne une liste de ces problèmes. Il n'emprunte pas non plus à Sainte-Beuve les réflexions sur le style de Littré.
c) Sont en outre communs à Sainte-Beuve et à Carducci, du moins dans leur substance, les passages sur la filiation de Littré (S.-B., p. 201 et suiv. ; C, p. 302), sur ses études médicales (S.-B., p. 207-9; C, p. 303), sur Tétude qu'il fait du sanscrit (S.-B., p. 207; C, p. 303), sur sa collaboration au Xational (S.-B., p. 211; C, p. 305), sur l'édition qu'il donne des œuvres d'Armand Carrel (S.-B., p. 232-233; C. p. 306), sur son dédain des honneurs politiques (S.-B., p. 252-3; C, p. 310).
31. — Carducci cite à la page 310 l'étude de Littré, Comment j'ai fait mon dictionnaire. Elle se trouve dans un volume dont il donne le titre en abrégé, à la page 301, Etudes et glanures pour faire suite à l'histoire de la langue française, par E. Littré, de l'Institut. Paris, Librairie Académique, 1880. Bien ({u'il ne le
dise pas expressément, il a eu cet article sous les yeux, tandis qu'il écrivait les pages 310-311, depuis « L'idea del Dizionario » jusqu'à la fin de la citation empruntée à Pichat. Sauf pour cette citation de Pichat, Garducci ne fait pas ici œuvre de traducteur; il imite librement son modèle, lui prenant des idées et non en général l'expression même de ces idées.
32. — CarcliH'ci, au cours de son article, reproduit en français divers morceaux en vers de Littré; il en traduit d'autres. Voir dans Lillérahirc ri histoire, par Littré (Paris, Didier et G'% 1875, p. 439, 442, 454), les pièces de vers intitulées La Lumière, Les Etoiles, La Terre.
33. — Garducci (p. 314-318) traduit un long morceau de l'étude sur Dante publiée par Littré dans le Journal des Débats (Paris, 1854).
AiHjuslo Barbier.
{Opère, t. III.) (Arliole paru le 5 mars I8S2.)
34. — -ji) Garducci (p. 337) déclare emprunter quelques lignes, (ju'il traduit, à la notice consacrée par de ^^'ailly à Auguste Barbier, dans Les Poètes français, t. IV, Paris, Hachette, 18(32. (Ges lignes se lisent p. 385-386 de ce recueil.)
Garducci ne cite de Wailly que cette seule fois. En réalité, il lui a fait ])lusieurs autres emprunts.
;i) ]l lui doit le passage qui précède immédiatement les lignes traduites et dont l'idée est la suivante : « Si vive avait été l'impression (le son début sur le public (pi'il ne devait plus être permis à Barbier (l(> la changer. On l'a aimé sous cet aspect, on ne veut plus, fnt-ii cent fois mieux, (pi'il se présente sous un autre » (Garducci. y. :5:V7; de Wailly, p. 380. :>,SL :?S4).
y) Page 323-324, de])uis u Dinnnzi ;i qn(^slc poésie » jusqu'à (( giambica, oh! » Garducci développe, entre autres idées, les
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trois suivantes : 1° la Curée de Barbier est fort supérieure à la Marseillaise de Rouget de l'Isle; 2" l'auteur a su y mêler admi^ rablement le trivial et le sublime; 3" grande fut l'admiration des contemporains. Ces idées, Garducci les a trouvées dans de Wailly. Il les exprime même parfois en termes qui correspondent assez à ceux de son modèle.
Dinanzi a queste poésie.... che per commovere e trasportare uou abbisognavano di musica, impallidiva... essa stessa la Mai-sigliese. archanr/e au regard aérien per grazia délia musica e délia tradizione (p. 323-324).
Dinanzi... a quella mescolanza di triviale e di grandioso caratteristica del momento (p. 324).
1830 avait trouvé sa Marseillaise et combien supérieure ! une poésie celleiri qui .savait ravir les cœurs sans mendier le secours de la musique î...
une robuste et vivace fleur de poésie (p. 377).
Il n'était pas facile de mêler si heureusement le trivial au grandiose et de créer cette langue à part, si parfaitement caractéristique de l'époque (p. 378).
0) On a parfois reproché à Barbier d'être une sorte de renégat, d'avoir menti aux promesses qu'il avait d'abord données à la démocratie. On s'est mépris : on n'a pas vu que c'est un homme impartial et de juste milieu qui, suivant que les excès sont commis par l'un ou l'autre, s'en prend tour à tour au tyran ou bien à la foule. Cette idée est commune à de Wailly et à Carducci, qui, pour la mieux manifester, tirent une preuve de la pièce que consacre Barbier à l'envahissement de l'archevêché par la foule. Les vers cités sont en partie les mêmes des deux côtés (Carducci, p. 331-333; de Wailly, p. 381-382).
35. — Carducci (p. 326-7) traduit deux passages où Sainte- Beuve explique quelle influence André Chénier aurait, selon lui, exercée sur Auguste Barbier (Sainte-Beuve, Portraits contemporains, t. II, p. 230 et 241). Il approuve le premier, mais conteste la justesse du second et finit par conclure, page 331 : « Se mi dite ohe il Barbier procède da Andréa per il taglio del verso e in parte per la espressione risentita ed accesa, d'accordo; — ma, del resto, torniamo al primo tôcco del Sainte-Beuve, e saremo nel vero. »
36. — a; Carducci (p. 328;, sans donner d'ailleurs aucune référence, ne croit pas pouvoir se rallier à une opinion qu'il attribue à Gustave Planche, en exagérant un peu, nous semble-t-il, le sens des paroles de celui-ci. 11 écrit :
Se voi mi dite che il Barbier procède direttamente, corne disse iu buona fede il Planche, da Andréa Chénier...
G. Planche avait seulement dit {Portraits littéraires, 3' éd., Paris, Charpentier. 1853) :
lies ïambes de M. Auguste Barbier, dont la forme rappelle André Chénier, mais dont la substance entière appartient eu propre il celui qui les a signés (p. 04).
g) Au contraire, Carducci (p. 326) adopte, mais cett€ fois sans nommer le critique français, une opinion que Planche avait développée au cours même du passage visé plus haut et oij il distingue plusieurs espèces de satires entre lesquelles il préfère la satire lyrique. Que Ton compare les deux passages suivants des deux écrivains :
Quei primi vei-si del Barbier non erano ne lirica propria ne satira, ed erauo insiemo l'una cosa e l'altra ; satira corne li qualificù il poeta stesso, di seiuimento amaro e di moviraento lirico ; e in ciù tenevano degli ultimi versi di Andréa Chénier (p. 320).
Les /amhcs... ont résolu pour la seconde fois... la question relative A la dignité poétique de la satire... La satire, telle que l'avait comprise André Chénier, telle que la comprend M. Barbier, se déploie librement dans les plus hautes régions de la poésie... Les Jainbcx... appartiennent à la satire lyrique et concilient très bien l'ode et la satire (p. 04, 09).
37. — 11 reproduit en français (p. 330) quinze vers des ïambes d'André Chénier, depuis « Comme un dernier rayon », qu'il emj»riinte, nous dit-il, à l'édit. Latouche, Paris, 1809.
38. — 11 rapporte aussi en français (p. 330, 331, 332, 334, 336) ou en italien (p. 334) un certain nombre de passages empruntés aux ïambes de Barbier, l'auteur qu'il étudie.
39. — Carducci (p. 334-335) cite en partie un court portrait que Sainte-Beuve fait de Barbier dans les Lettres à la Princesse (p. i:^) et l'i (le la 4" édit., Paris, 1873). Cette référence n'est pas
donnée par Garducci qui se contente d'écrire : « Questo, corne lo descriveva il Sainte-Beuve a una nipote dell' imperatore, peiit homme court, etc. »
40. — Garducci (p. 335) traduit un morceau tiré d'un discours prononcé par Lamartine le 26 mai 1840. (Voir le Moniteur du 27 mai 1840, p. 1189. Garducci nomme Lamartine sans donner de référence.)