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Et quatre métaphores

Ont étouffé Barbier.

Garducci (p. 338) rapporte, sans les approuver aucunement, ces deux vers de Musset cités, dit-il, par Sainte-Beuve : « nelle amare note ai Portraits contemporains, ultima edizione. » (G'est à la p. 242 du t. II des P. C, éd. citée.)

Auguste Barbier in Italia.

(Opère, t. III.) (Article publié le 16 mai 1889.)

42. — Dans les pages qui concernent plus particulièrement le Pianto de Barbier, Garducci s'est inspiré d'un article de Sainte- Beuve intitulé : Auguste Barbier 1833. Il Pianto, poème, T édition {Portraits contemporains, II, p. 235 et suiv.). Lui-même, comme on le constatera plus loin, renvoie plusieurs fois à cet article.

Voici quel est le plan de Sainte-Beuve dans ses grandes lignes : a) d'autres Français au xix^ siècle ont chanté l'Italie : Lamartine, Ghateaubriand, G. Delavigne, Jules Lefèvre, Antony Deschamps. Mais aucun ne s'est placé au même point de vue que Barbier; 3) analyse rapide du Pianto faite en deux moi*ceaux séparés par des réflexions relatives à l'heureuse ordonnance du poème; v} le critique insiste sur la troisième partie du Pianto et notamment sur le passage où un homme du peuple fait la leçon à Salvator Rosa; o) Sainte-Beuve considère ré})ilogue ON l'Italie malheureuse est comparée à Juliette dans son

cercueil. Il exprime le souhait que l'Italie renaisse par ses propres forces sans le secours des étraniiers. 11 déplore que, parlant de ces derniers, Barbier ait rangé Gaulois et Germains parmi les Barbares; =) appréciation du style et de la versification du poème.

Examinons les pages où Carducci étudie le Pianto. Nous verrons que d'une façon générale il y a une correspondance dans le chuix et surtout dans l'ordre des idées chez son devancier et chez lui : 1 ' pages 454-455. il résume le développement a) de Sainte-Beuve, dont il dit : <- Il Sainte-Beuve ne! Xutional del 21 gennaio '33 annunziava // Pianto come la rappresentazione I)iLi novamente fedele che lin allora si fosse recata nella poesia francese da quelT Italia tanto percorsa e battuta. » Mais Carducci, entre les quatre écrivains français que Sainte-Beuve citait comme chantres de l'Italie, ne retient que Lamartine et Chateaubriand. Son but, comme celui de Sainte-Beuve, est de montrer comme Barbier se distingue de ses contemporains français, par le genre d'intérêt qu'il porte à l'Italie et par la nature du poème qu'il lui consacre; 2° page 455-4G5, Carducci donne comme Sainte-Beuve 3» une analyse du Pianto, mais diffère de son devancier en ce qu'il la fait beaucoup plus détaillée, y insère des citations, y introduit des appréciations sur le clergé (p. 459-460). Notons aussi qu'il apprécie au fur et à mesure la forme du poème, tandis que Sainte-Beuve avait rejeté tout jugement de ce genre dans son paragraphe =); 3" (p. 465, depuis « E tornando al Barbier » jusqu'à page 467, c Ma procediamo ») il insiste particulièrement sur le chant III, comme Sainte-Beuve au paragraphe y). Dans cette partie, il a constamment Sainte- Beuve cnninie guide.

II cauto iutitolato Chiaia è uu dia- C'est un luâlo dialogue entre un

logo tra Salvator Rosa. tipo vagbeg- pôchour sans nom. qui sera Masa-

giato deir artista italiauo. e un i>es- nielle si l'on veut, et Salvator Rusa ;

raton', che puù essere Masaniello... l«'s esiH'rances de liberté n'ont jamais

Le sperauze di libertà — scriveva di parlé uu plus poétique langage (p.

questo canto il Sainte-Beuve — non -'.il). liau parlato mai un più poetico linguaggio (p. 4<3ô).

Carducci reproduit ensuite deux passages du Pianto. Le second était déjà cité par Sainte-Beuve, qui le faisait suivre de réflexions (p. 239) que Carducci (466-467) traduit en donnant sa source. Il avertit que quand le critique français les écrivit, il avait encore « la rosolia repubblicana del luiS*lio ». Il fait allusion à une note que Sainte-Beuve lui-même avait placée au bas de la page 239 et qui est ainsi conçue :

On sent ici chez le critique (et je n'ai pas à en rougir) quelque chose des doctrines qui circulaient dans l'air à ce lendemain de juillet 1830. comme un souffle ému de saint-simonisme, de socialisme, de sainte-alliance des peuples.

4" Après avoir fait sur le chant IV des considérations qui n'ont pas ou presque pas leur correspondant chez Sainte-Beuve, Carducci arrive à l'épilogue et traduit (p. 469) un passage emprunté à Sainte-Beuve (p. 240-241). Il introduit la citation par ces mots : « Il Sainte-Beuve, con senso democratico e francese, non senza l'opportunità dell' opposizione alla politica borghese del governo orleanista, osservava. » Puis vient le passage tiré des Portraits contemporains: il est suivi de cette réflexion : « Queste osservazioni del Sainte-Beuve riportai, conie nota storica del tempo. »

43. — Carducci (p. 463). après avoir cité un passage des Rimes de voyage de Barbier, relatif à Lamennais, traduit un morceau qu'il qualifie de merveilleux et qu'il emprunte au même Lamennais, Affaires de Rome. Paris, 1836, p. 11-13 : « Tous les âges rassemblés des maîtres du monde. »

44. — C'est par une citation de Sainte-Beuve que Carducci termine la partie de son étude relative au Pianto. Elle est tirée non pas de l'article examiné tout à l'heure, mais d'un autre {Portraits contemporains, t. If, M. Alfred de Musset). Il traduit (p. 470-471) une vingtaine de lignes du texte français (p. 182-ls;*.. depuis « L'auteur des ïambes » jusqu'à « du siècle el du monde » ). Il se laisse, dit-il, entraîner à cette citation <» per amore a quclla nobilc democrazia del dopo il '30 ».

45. — Au cours de cet article, Garducci traduit eu italieu plusieurs parties du Pianto (qui parut dans la Revue des Deux Mondes en janvier 1833), des Souvenirs personnels de Barbier (œuvre posthume publiée en 1883). Il reproduit en français des vers tirés du Pianto, des Rimes de voyage de Barbier (Paris, 1833).

(iritica ed arle.

(Opère, t. IV.)

(La partie de ces articles qui nous intéresse fut publiée pour la première fois

en 1883.)

46. — Garducci (p. 243) traduit, pour l'appliquer à l'Italie de 1883, le jugement que, sous Louis-Philippe. Théophile Gautier portait sur la littérature de la Jeune France. Il néglige complètement de dire l'édition et la page d'où il le tire. (Nous avons sous les yeux Les Jeunes Frances, Paris, Gharpentier, 1907, p. 81.)

47. — Il est intéressant de comparer les deux passages suivants :

Xel cenacolo c'era, o si disse, un gran Ronsard in folio, ne' cui margini e uelle pagine biancho ciajscun degli accolti inscrivea versi e giaculatorie, como vûti e offerte su Tara (p. 254).

Kn 1828, mon choix de Ronsard terminé, j'avais dit adieu au vieux poète, et le bel exemplaire in-folio sur lequel avaient été pris les extraits était resté déi)osé aux mains de Victor Hugo... Or cet exemplaire il grandes marges était bientôt devenu une sorte û'allnnn où chaque poète de 1828 et des années ijui suivirent laissait eu passant quelque strophe, quelque marque de souvenir (Sainte - B<'uve, Tableau hisionque et critique de la Poésie française et du Théâtre frauçain au AT"/® siècle, édition revue. Paris, Charpentier, 1S43, p. 315).

Nous sommes en droit de penser que Garducci a pris ses renseignements dans le Tableau, sans y renvoyer. En effet, deux lignes avant le passage de lui que nous avons rapporté, il faisait une allusion très claire à cet ouvrage : « Il manifeslo critico délia nuova scuola tu il libro del Sainte-Beuve su Ronsard c i poeti del secolo decimosesto. »

48. — Zendrini (Nuova Anfologia, fév. 1875. p. 368), faisant l'apologie de son système de poésie populaire, prétendait procéder de l'école de V. Hugo. Carducci proteste et tire un argument (p. 255-256) d'un assez long passage de Sainte-Beuve qu'il traduit (Chroniques parisiennes, Paris, Calmann Lévy, 1876, p. 328 et suiv. — Carducci renvoie à tort à la p. 127). Le critique français y déplore précisément qu'au xix* siècle la poésie française ait recouru, pour se rajeunir, à des sources non pas populaires, mais aristocratiques et, par suite, ait en partie échoué dans son entreprise. Cet aveu semble d'autant plus important à Carducci qu'il vient de Sainte-Beuve « poeta e critico » de l'école romantique, auteur des Pensées d'août, où il avait essayé de faire « una specie di poesia parlata, il scrmo lirico ed elegiaco ».

49. — Carducci, protestant contre ceux qui l'accusent d'avoir, dans son Jnno a Satana, imité Baudelaire, cite en français (p. 269-270) une partie des Litanies de Satan (extraites des Fleurs du Mal), afin que le lecteur puisse faire la comparaison.

50. — Pour ceux qui croiraient que dans ses vers lyriques Avanli! avanti! il s'est trop souvenu d'une œuvre de Hugo, Le Cheval, il cite en français dix strophes de ce poème (p. 270-

51. — Carducci (p. 298) cite deux strophes très lestes de P. Corneille, tirées de L'occasion perdue recouvrée. Les Œuvres de Corneille, dans la collection des grands écrivains d'Hachette, ne contiennent pas cette pièce. Elle a été republiée à Paris, 1862, chez J. Gay, d'après le Nouveau Cabinet des Muses, Paris, 1658-

C. ne s'étonne pas de trouver ces vers sous le nom de l'aut^Mir du Cid et de Polyeucte : Corneille vivait en un siècle corrompu, donne-t-il comme explication.

Drile Hiine di Dante.

{Opère, t. VIII.) (Article paru en 1865, puis, avec quelques additions, en 1S74.)

52. — Carducci (p. 3), venant à parler du rayonnement de la poésie provençale en Italie durant plus d'un siècle, renvoie à l'ouvrage de Fauriel, Dante et les origines de la langue italienne, t. 1, leçon VII.

53. — Carducci (p. 5-6) traduit trois textes provençaux qu'il a trouvés, comme il le dit lul-iutMiie, dans Raynouard, Choix des poésies des troubadours, l. 111. ;ll renvoie aux p. 363, 319, 45. Au lieu de 363, c'est 362.)

54. — Traduisant quelques vers du troubadour Raimond de Tors, en l'honneur de Florence, Carducci (t. VIII, p. 14) renvoie non pas au texte provençal même, mais à la traduction française qu'en donne Fauriel {Dante, t. I, leç. VII, p. 269).

55. — Il emprunte, nous dit-il (p. 49), un court passage d'Hugo de Saint-Victor à Ozanam : Le purgatoire de Dante, Paris, LecolTre, 1862, p. 560. (Dans la 4'' éd. (1873), que nous avons sous les yeux, c'est p. 650-651.)

56. — Carducci (p. 54) constate que Dante, dans la première jrnrtie de sa carrière poctiqin». nous apparaît cnnime soumis aux sens et aux afîections humaines, tandis que, plus tard, il nourrit un idéal religieux et presque mystique. Comment expliquer ce changement ?

Queir nniina sua. clie astraevasi dal roale cosî facilmonte, conie sapeva niv prendorlo (> rai)presentarlo. tanlo più volentieri si lasciô andare aile meditazioni, aile fantasie. aile visioni indefinite ; e le facoltA intellettuali ne contrassero una tal quale niobilitA e luciditH clie non ^ morhosa. ma quasi. Il vocabolo di frcnrtico niesso fuori. bencll^ con certa cautela, a questo punto dal Villemain {lAttcr. ilu moyen âf/r. I. lot;. XI) il (piale anehe propeude a seorgere in Danle un gciiio (fcrmnnit o, è un ]»o' avventato ; e io per me non credo al det(o di Seneca <la lui arntato, non v' essere grande ingegno senza mistura di de-

menza. Ma credo per altro che la sensibilità nervosa esaltata e la mobilità e lucidità délie facoltà intellettuali che ne dériva conferiscano a formare i graii'dissimi ira i poeti, qiielli che son oggettivi a un tempo e soggettivi (p. 55).

Dans les pages auxquelles renvoie Garducci,Villemain, comme devait le faire plus tard Garducci, cherche l'explication du génie de Dante dans les ouvrages mêmes de celui-ci. La Vita Nuova notamment lui fait mieux comprendre la Commedia. Voici les passages auxquels Garducci fait particulièrement allusion :

Le génie de ce grand poète n'est pas italien, mais rêveur, triste, exalté : s'il était moins naturel, je le dirais germanique... Mais ce qui, dans la Vita nuova, fait surtout connaître l'âme agitée de Dante, ce qui le montre sous le joug de la fantaisie poétique, c'est un long récit dont je ne veux rien retrancher, tant les expressions en sont originales et suffisent pour expliquer tout son génie ! Cela vous semblera-t-il un songe, une vision, une extase? N'importe. Si vous y trouvez quelque chose de bien extraordinaire, de bien éti^anger aux procédés habituels de la raison, pensez que ce n'est pas avec un sens calme et rassis que Ton ose ces créations sublimes de la Divina Commedia. et souvenez-vous du mot de Sénèque : « Nullum est magnum ingenium sine aliqua mixtura dementiae. » Une imagination puissante, une sensibilité vive, ces deux âmes de la grande poésie, ne peuvent être portées â l'excès sans toucher quelquefois au délire. Il faut vous faire connaître cet homme de génie, dussiez-vous croire un moment qu'[il] était foa. (Ensuite Villemain traduit un morceau de la Vita Nuova, § XXIII : « Appresso ciô per pochi dî, awenne che... »)

Si on y regarde de près, on verra que Garducci adopte en grande partie la méthode et les conclusions de Villemain. Ils constatent tous deux qu'à un certain moment Dante ne s'est plus inspiré, dans ses vers, de l'humain, mais a préféré l'abstrait et le divin. Ils cherchent l'explication de ce « passage » dans la nature même de Dante, dans la nature de son imagination, dans sa sensibilité exaltée. Mais tandis que Villemain parle de délire et de folie, Garducci préfère un terme comme morbidité.

57. — Garducci (p. 56) observe : 1) que le sentlnicnl religieux est absent de l'œuvre des Provençaux; 2) « e se i-icdrronu a qualche rimembranza di religione, lo fanno cou l'idictda iiigenuità o con grossolano oltraggio ». Ges d<Mix idées avaient été avancées par des auteurs que Garducci connaissait fort bien : l'une et l'autre i)ar Sismondi {De la liff. du Midi de l'Europe, t. I, p. 20.3-204), la seconde par Gingiiené [Uisl. li/l. d'/lulie,

chap. V, secf. ii, p. 307 et suiv.) et par Raynouard {Choix des poésies originales des troubadours, t. II, p. xxxiv et suiv.).

(^ardurci ne rite (p. 56, n. 1) que le livre de Raynouard. On notera (jue dans l'introduction du tome II, celui-ci avait groupé un certain nombre de textes provençaux, traduits précisément pour montrer chez les troubadours « le mélange, et je dirai la confusion des idées religieuses et des images de l'amour » (p. xxxiv). Or les passages traduits en italien que Carducci donne comme exemples se trouvent au nombre de ceux que, dans le même but, Raynouard avait traduits en français (p. xxxv, xxxviii, xxxvi, xxxvii, xxxviii, xxxviii). Cette préface de Raynouard n'avait sûrement pas échappé à Carducci, car il s'y réfère pour le dernier exemple qu'il cite, au lieu que, pour les autres, il renvoie aux textes provençaux eux-mêmes de la collection Raynouard.

58. — Nous croyons trouver un parallélisme assez net entre les idées que développent Carducci (p. 54 et suiv.) et Ozanam {Le Purgatoire de Dante, p. 641 et suiv. de la 4* édit., cf. § 55).

Carducci (p. 54) se demande comment Dante, quittant la poésie des sens et des affections humaines, s'inspira désormais d'un idéal religieux. Il explique ce changement, nous l'avons vu, surtout par la nature même de Dante (p. 54-55). Puis il cherche des raisons extrinsèques. Cette « esaltazione dell' amore nelridoa soprannaturale », il no la trouve dans les œuvres ni des Provençaux, ni des trouvères français, ni des Siciliens (p. 56- 57). Mais, ajoute-t-il, quand la lyrique d'amour parvint en Toscane et, d'une façon générale, dans l'Italie centrale, elle y trouva 1111 milieu moral qui n'existait pas dans le reste de l'Italie. La religion y avait été revivifiée par les disciples de saint Thomas et de saint François. Or ces deux saints n'avaient pas proscrit im[)itoyablement l'amour.

Avant Carducci, Ozanam avait déjà vainement passé en revue les poésies d'amour des trouvères, des troubadours, des Siciliens pour « chercher les origines de ce sentiment chaste, délicat et bienfaisant (jui attache Dante à la beauté de Bénirix et qui, après

la mort de cette jeune et sainte femme, inspire la Divine Comédie » (p. 641, 652. 653, 654). Ozanam avait aussi poursuivi — mais plus heureusement — ses recherches d'un autre côté où Carducci le suivra. « L'école de Toscane, dit-il, ne resta pas à la hauteur des poètes mystiques d'Ombrie; mais elle ne descendit point aux entraînements sensuels des Siciliens... Le génie florentin devait porter la philosophie dans l'amour... Florence ne pouvait rester étrang-ère à l'inspiration religieuse qui agitait l'Italie » (p. 657-658). Elle sentit l'influence de saint Thomas et de saint François.

Tommaso d'Aquino propone e dis- Saint Thomas d'Aquin propose qua-

cute nella Somma con l'acutezza sco- torze questions sur la nature de l'a-

lastica consueta quattordici questioni mour, ses causes, ses effets... [Saint

su la natura su le cause su gli effetti François d'Assise], en renonçant aux

d'amore. E Francesco d'Assisi, che biens de la terre, n'avait pas dé-

giovane piacevasi tanto délie canzoni pouillé les richesses de son imagina-

amatorie anche datosi a vita di spi- tion et de sa sensibilité. Pour lui, le

rito designava per cavalleria il ser- service de Dieu est une chevalerie, la

vigio di Dio, per sua dama la po- pauvreté sa dame... L'ordre de Saint-

vertà... E l'amore e la poesia onde ri- François devint une école de poètes

dondava l'anima di Francesco passô mystiques (p, 649. 656, 657). ne' suoi discepoli (p. 58-59).

Carducci nomme alors S. Bonaventure, Jacopone da Todi, Gerson (p. 59). Ozanam, avec la même intention, avait parlé de ces écrivains et en outre de fra Pacifico et de Ugo délia Panciera (p. 649 et 657). L'un et l'autre citent les mêmes passages de Gerson, Carducci allongeant le premier morceau rapporté et le rapportant d'après une vieille traduction italienne.

59. — Carducci (p. 57) renvoie à « Chateaubriand, Analyse raisonnée de Vhistoire de France {mœurs générales des XI 1% XIII* et XIV' siècles) ».

En réalité, il traduit presque mot à mot, sans le placer entre guillemets, un passage où Chateaubriand rapporte deux faits tendant à prouver que le sentiment religieux n'eut guère de place dans l'âme des trouvères, ni, sans doute, chez la plupart de leurs compatriotes et contemporains. (Voir le t. VIU, p. 123, des OEuorcs contp/ctcs de Chateaubriand, l^u'is. l''ui"iu\ Jouvel et C-.)

60. — Cardiicci consacre quelques pages (p. 70 et suiv.) au symbolisme qui passa de la religion juive dans le christianisme et que Dante adopta en unissant la « spéculation scolastique » à la « matière amoureuse ».

Ce sont des idées qu'Ozanam avait déjà développées dans son livre sur Dante et la philosophie catholique, p. 429 et suiv. (Nos renvois se rapportent à la 6* édition. Paris. 1872.) La rencontre entre les deux écrivains n'est pas fortuite : c'est ce que prouve parfois la comparaison des textes français et italien.

Conu^ congiiinsrere [la maioria amorosal alla speculaziono scolastica ?

(love 0 quale poteva essore il nesso ? Lo rinvenne nel sistema simbolit-o che... era dalla sina^oga passato alla cliiesa, inodiante gli apostoli e i padri. accordatisi a riconoscere nelle sacre scritture due sensi, letterale e mistico. La congiunzione delT idéale e del reale, scôrta dalla teologia nel- Tiinità suprema, si allargô quindi ai diversi ordini délia creazione e a' fr.tti del mondo storico in cui la creazione sotte specie di providenza veniva perpetuata (p. 70-71).

Tiitto è allegoria polisensa :... o che P.onaventura intitoli Le sci aie de' srrafini iin sno trattatello. o che Riccardo da San Vittore adombri nella famiiîlia di Giacobbe la série délie facolt;"\ umane. Chi non oonosce Rachele. imagine délia vita contemplatÎAa. e Lia. imagine doll' attira, sî nei bassorilievi d'Andréa da Pisa sî nella poesia di Dante? Ma per il monaco da San Vittore. nella simbolica famiirlia d' Giacobbe. Rachele è l'intelligenza.

Lia la volontô. i figli di qiiesta Giusrppe e Poninniino sono la scienza «»

la contemplazione : ed ella mnore dando alla Ince Beniaraino. per significazione che la int(^lligenza umana vi»*n mono nell' estasi contemplât iva

De 1:1 ce système d'interprétation, qni de la S.vnagogiie descendit dans l'Eglise, de saint Paul îl saint A\igustin et de saint Augustin à saint Thomas, et qui toujours reconnut aux livres saints deux sens, l'un littéral et l'autre mystique... La théologie des Pères... montra le réel et l'idéal confondus d'abord dans l'Unité première et se retrouvant ensuite unis î\ tous les degrés de la création, à toutes les phases de l'histoire (p. 430, 429).

Les philosophes du moyeu Age rencontraient donc f\ chaque page de la Bible des tj'pes pour fixer, pour peindre, pour animer leurs conceptions les plus abstraites : on en trouve un remarquable exemple dans le traité de Richard de Saint-Victor, de Praeparatiouc ad coutewplationem. où la famille de Jacob sert d'emblème A la famille des facultés humaines. Rachel et Lia y jouent le rôle de l'intelligence et de la volonté, les deux fils de Rachel. Joseph et Benjamin, sont pris A leur tour pour les deux oiH'M'atious principales de l'intelligence, savoir :

la science et la contemplation : ot l'on pi< saurait croire avec quelle subtilité ot avec quel charme le rapprochement se poursuit ju.squ'.^ ses derniers termes... Ainsi, dans l'extase contemplative, l'intelligence s'évauouit : c'est

Rachel qui meurt on donnant le jour à. Benjamin. De praeparatione animae. ad contcmplationem, cap. Liv (p. 430 et suiv.).

Bien que Carducci, dans les passages que nous venons de citer, suive Ozanam, il ne le nomme pas. Il ne renvoie qu'à des textes de S. Bonaventure et de Richard de S. Victor. Mais en ce qui concerne ce dernier, la référence lui était déjà indiquée par Ozanam. A un numéro de chapitre il s'est contente de substituer le titre de ce chapitre.

61. — Parlant de circonstances ofi, au milieu de la lâcheté générale, Dante sut garder sa noblesse et son indépendance, Carducci (p. 108) reproduit en français des vers qu' « un grande poeta moderne, in circostanze simili, scriveva ». C'est V. Hugo

{Châtiments, VII, xvii : « Je ne fléchirai pas à tout ce qu'on

bénit »).

62. — Carducci (p. 110), commentant la canzone de Dante « Tre donne... », cite, sans l'approuver complètement, l'interprétation de Ginguené pour qui ces trois femmes sont l'amour, la générosité, la tempérance. Il reproche à Fraticelli d'avoir, dans son commentaire des Opère minori di Dante, adopté les vues de Ginguené sans même citer celui-ci.

Voir Ging-uené, Hist. litt. d'Italie, t. I, chap. vu, p. 450, Paris,

Musica 0 Popsia nol inondo elc(|an(o ilaliano ch'l secolo \IV'.

{Opère, t. VIII.) (Article publié en juillet et septembre 1870.)

63. — Carducci (p. 328) connaît l'étymologie que Huet {De l'origine des Romans) donne du mot niadrigale.

64. — Page 329, n., il approuve l'étymologie qu'avec plusieurs autres philologues. Ménage donne du même mot {Origini delta lingua italiana, Genève, Chouet, 1685, au mot Madriale).

— XLVT —

Délia varia fortuna di Dante.

{Opère, t. VIII.) (Etude parue en octobre 1866, mars et mai 1S07.)

65. — Page 234, Garducci écrit : « la poesia del Petrarca, la quale il sign. Sainte-Beuve dice cristallina. »

Le mot souligné se trouve dans le passage suivant de Sainte- Beuve, auquel ne renvoie pas Garducci :

Après la lecture de quelque poète humanitaire un peu vajjue, je me hâterai de reprendre Pétrarque, c'est-jl-dire la goutte de cristal et la perle de l'art. {Portraits contemporains, t. II. p. 524.)

Un poeta d'ainore nel secolo XII.

{Opère, t. VIII.) (Article publié le 1.5 janvier et le 1" mare 1881.)

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