‹ Giosue Carducci et la FranceChapitre 15 sur 54 · Garducci (p. 401) écrit · texte numérisé non relu

Garducci (p. 401) écrit

Bemart di Ventadorn, sebbene in Italia non venisse mai, ne di fatti o persone italiane scrivesse, come da una fnlsa attribuzioue a lui di certo sirventese inale s'indusse a credere il Fauriel...

Les assertions visées par Garducci se trouvent chez Fauriel, ]►. 34-35, t. II de VHistoire de la poésie provençale, et p. 258, t. I (le Danle et les origines de la langue italien tie.

Garducci revient encore sur l'erreur de Fauriel aux pages 447-

67. — Nous citerons un certain nombre de cas où Garducci renvoie à Fauriel au cours de son article.

2) Page 412, il écrit les lignes suivantes qui sont en grande |t;ii'lie traduites de Fauriel, Histoire des troiibadotirs, t. I, p. 499.

L'amore in cotesta societA era l'espressione formale délia piû alla idéalité civile, il principio supremo d'oRni virhl. d'oirui nierito morale, d'ogui gloria.

Il ajoute ({lie, là-dessus, il ne peut mieux faire que de rapporter Topinion de Fauriel et il h-aduil en elVet (pas très exacte-

ment) deux courts passages du critique français. Ils sont empruntés précisément à VHisl. des troubadours, t. I, p. 499 et 500." (« Partout où l'amour — des deux termes » ; « le mot de joy... dans l'acceptation philosophique — l'objet aimé ».) La référence n'est pas donnée par Garducci; il se contente de nommer Fauriel.

g) Garducci (p. 436) suit Bernard revenu de Normandie et retournant à Ventadour. Il prend comme guide Fauriel (t. II, p. 32- 33) qu'il traduit tantôt librement, tantôt de près (p. 436-437) et en indiquant d'ailleurs au lecteur qu'il suit l'historien français. Il rapporte en italien, mais plus complètement, la pièce même de Bernard que Fauriel avait mise en français et introduite en cet endroit.

y) a propos de vers cités par Fauriel et par lui, où Bernard souhaite d'assister au déshabillé d'Eléonore, Garducci (p. 439) traduit les réflexions que Fauriel fait à ce sujet (t. II, p. 31-32) et il ne croit pas qu'elles soient tout à fait justes dans le cas présent.

68. — Voici quelques passages où, sans nommer Fauriel, Garducci le suit de près :

a) Egli stesso sentiva la sua superio- Bernard ne dissimulait pas la con-

ritt\, e ne rendeva ragioue con un' ar- viction naïve qu'il avait de sa supédenza e gentilezza che rispecchia... il riorité sur les troubadours ses devancalore délia passione... del Petrarca ciers ou ses contemporains et n'était (p. 434). point embarrassé pour l'expliquer (II,

A l'appui de leur commune idée, Fauriel et Garducci traduisent une partie d'une même pièce de Bernard. Garducci en donne un plus long morceau que son devancier.

P) Bernardo fu il primo dei trova- C'est le premier troubadour connu

tori a spandere tra gli anglo-normanni qui, dès 1165 ou 1166, ait pu répan- \r> splendore e l'armonia délia nuova dre, parmi les Anglo-Normauds, quelarte romanza (p. 440). ques notions de la poésie provençale

y) Garducci (p. 440) fait allusion aux pages 34-35 de Fauriel, pour approuver ou combattre des assertions de ce dernier : « Ghe il poeta facesse délie scorse i)er altre parti di Provenza o in Is-

pagna, corne crede il Faiiriel, pun darsi : ma in Italia certamente non lu, 0 almeno non cantô egli di avvenimenti italiani. » Mais, aussitôt après, il traduit librement de Fauriel, et sans nous en avertir, un passage suivant immédiatement celui auquel il vient de faire allusion.

Certo in questa più riposata stajrîone doUa sua vita egli ebbo altre îtvvfnture cd altri amori, argomento ad altri canti. Ma a pimto in questa ullima stagione si poco si conosco dolla si;a vita. clie la poesia non puo essere illustrât a ne coi fatti ne con le induzioni. Vj pure alcune di quell<> canzoni lier certa originalitA, di particolari richiedono attenzione, anche se non possa darsi notizia o ragionc* de' fatti che possaiu) averle inspirât c. Eccone una, nella quale il trovatore ci si mostra in una nuova situazione. 1] inganiiaio... (]). 440-441). (Suit la traduction (1«> la l^i^c(^)

S) Forse per la stessa dama, che era, come apparisce da certi versi del congcdo, una narbonese, e su lo stesso tradiiuento compose altre sei stanze, nelle quali esprime, con grazia e veritA toccante, la irresoluzione su' 1 corne ha da contenersi verso la infedele (p. 442).

c) Rernardo restô nella corte di Tolosa sino al 1194; quando, morto Uaimondo, egli, troppo vt'ccbio oraniai per trovarei altro padrone, si ritirô ucl Limosino, e si rese monaco nella cerlosa di Dalon. ove anche, non si sa in clu' anno luorî (p. 445).

Il eut indubitablement, dans cet intervalle, d'autres aventures et d'autres amours sur lesquelles il composa de nouveaux chants, dont quelques-uns au moins doivent faire partie de ceux (]ui nous restent de lui. Mais sa vie, aux époques dont il s'agit, est trop mal connue pour tiu'il soit possible d'y rai)porter avec un peu de probabilité aucune des pièces dont elle fut lo sujet. Ces pièces ont ceptndant assez d'agrément et de beaux détails pour mériter d'être notées, même A part des circonstances auxquelles elles se rapportent et qui les inspirèrent...

Je traduirai... une pièce où notre troubadour paraît dans une situation nouvelle, je veux dire trompé (p. 35).

(Suit la traduction de la pièce.)

C'est peut-être sur la même dame et au sujet de la même trahison, que Bernard composa une autre pièce de six couplets, dans laquelle il exi)rime, avec une grflce et une naïveté inimitables, sa perplexité sur la conduite qu'il doit tenir envers sa dame infidèle (p. ;J7).

Il resta A la cour de Toulouse jus- (ju'à l'année lli»."». où mourut Raymond V. Bernard, demeuré sans patron et désormais trop ftgé pour en trouver aisément un nouveau... se retira i\ la Chartreuse de Dalon en Limousin. On sait qu'il y mourut, mais voilA tout : on ignore en quelle année (p. 3U).

Notons qtrimmédiatemcnt après avoir ainsi traduit ce dernier passage, sans en nommer l'auteur, Carducci invoque le témoignage de ce dernier et cette fois ouvre les guillemets pour re-

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produire, en italien, des réflexions de l'historien français sur la fin pieuse que firent dans des monastères la plupart des troubadours.

Ç) Nulla erasi fin allora udito di sî Bernard composa pour la dame de

melodioso, di sî delicato e sî tenero ; ^'entadou^ plusieurs autres chants... e i versi del trovatore correvano di qui firent... les délices des cours et des castello in castello. delizia délie dame châteaux. On n'avait encore entendu e de! cavalieri (418). en ce genre rien de si délicat, de si

mélodieux, de si tendre (p. 26).

Notons que si Garducci n'indique pas chaque fois les emprunts qu'il fait à Pauriel, du moins il a (p. 407, 447) déclaré que d'une façon générale il a recours, pour son article, à ce devancier.

69. — Garducci lui-même (p. 447) reconnaît s'être servi, pour composer son article, de l'ouvrage de Millot : Histoire littéraire des troubadours, contenant leurs vies, les extraits de leurs pièces et plusieurs particularités sur les mœurs, les usages et l'histoire du douzième et du treizième siècles. Tome premier. A Paris, chez Durand neveu, MDGGLXXIV. (Garducci ne cite que partiellement ce titre.)

a) Garducci n'a qu'une seule fois traduit directement de l'ouvrage de Millot.

11 Papon e il Millot... s'accordarono La vivacité et la délicatesse du sen-

a lodare la vivacitA. e delicatezza nei tiraent, la beauté dos images, la naï-

sentimenti. la bellezza délie imagini, veté du style, la facilité de l'inspira-

la natività di stile e facilita di ver- tion distinguent avantageusement ce

Sfggiatura, che distinguono tra gli al- poète (t. I, p. 18). tri il ventadornese (p. 404).

3) Une autre fois, Garducci a pu s'inspirer aussi bien de Papon que de Millot. G'est ce qu'on verra plus loin. (Gf. le § 70, l).

y) Parmi les erreurs que (p. 447-448) Garducci reproche à quelques auteurs, sur Bernard de Ventadour, il n'y en a qu'une seule imputable à Millot, c'est d'avoir écrit « che [Bernardo] compose una canzone intitolata a Giovanna d'Esté ». (Voir Millot, ouvr. cite, t. I, p. 35.)

70. — Garducci (p. 447) indique, parmi les sources générales de son article, l'ouvrage de Papou : IHsloîrc générale de Provence. Tome second. A Paris, MDGGIAXVIII.

a) 11 a encore occasion de le nommer à la page 429 :

11 poeta avverte che Eleonora sapeva leggere : forse — dimanda il Papon storico soito il regiio di Maria Antonietta — era questo uu pregio raro nelle principesse d'allora.

Papon avait fait cette réflexion au t^Dme IL page 439. 3) De même, Carducci ayant rapporté une intéressante anecdote relative à Ebles (p. 448), observe (p. 409) :

Il Papou e il Galvnni carezzarouo un po' alla moderna questo raconio che io rieolsi dall' antico.

En effet, pour son récit, il a recouru à la source qu'indiquait Papon lui-même (après Millot), c'est-à-dire Cronica Gaufredi prions Vosiensis, et il nous dit (p. 447) avoir lu cette chronique in Labbe. Xovae Bihliot., mss.. t. II.

11 i\\ a du rest« que peu de différences entre le récit de Carducci et celui de Papon qui se lit aussi chez Millot (t. I, p. 20-22).

V) Au sujet d'un souvenir antique dans un poème de Bernard de Ventadour, Papon (II, 435) écrivait :

Apparemmeut il avaii vu le distique d'Ovide, qui fait allusion û la fable d'Achille et de ïélèphe :

Vulnus in Herculeo quae quondam fecerat. hoste, \ulneris auxilium Pelias hasta tulit.

(Remed. amor., I, i, v. 47.)

Ce seroit trop présumer de l'éruditiou d'un Troubadour, que de supiK)ser qu'il avoit empruuié d«'s Grecs cette image, qui se trouve dans l'Anthologie, et rendue, ce me semble, avec plus de galanterie que dans Ovide. Je me contente d't'M iiu'itrt' ici une traduction latine, qui me paroît aussi élégante qu'elle est fidi'llt". I/amant parle à sa maîtresse :

Telephus en ego sum : tu sis mibi fidus Acbilles; Ore. puella, necas ; ore beare potes.

Carducci (p. 418), à propos du même passage de Ventadour, fait les deux mêmes citations et pense, comme Papon, que le troubadour s'est inspiré, non pais de V Anthologie, mais des vers d'Ovide.

>) Carducci (p. 442) avait traduit des vers où Bernard de Ventadour se dit résolu à quitter nue femme, d'autant mieux que « l'espcrance breton ne dégrade un seigneur ». .\ la page 449, il explique l'expression soulignée et il le fait de la même manière

que Papon (II, p. 441, note) et Millot (I, p. 34), sans que rien nous permette de dire qu'il se soit renseigné chez l'un plutôt que chez l'autre.

Conversazioni e divagazioni heiniane.

(Opère, t. X.) (Extraits rie conférences faites en juin 1S71.)

71. — Carducci (t. X, p. 33) emprunte à Edouard Schuré {Histoire du lied ou îa chanson populaire en Allemagne, Paris, 1868) un jugement qu'il traduit sur Henri Heine.

Alla Troll di Arrigo Heine.

(Opère, t. X.)

(Préface publiée en 1878. Les additions faites en 1884 ne concernent pas

notre étude.)

72. — Carducci (p. 67-75) traduit un long morceau du livre déjà cité de E. Schuré : Histoire du lied (p. 439-449). Lui-même indique cette source (p. 75, n. 1).

L'A ri os to e il Voltaire.

(Opère, t. X.)

(Article publié le 5 juin 1881. Il est reproduit dans les opère avec quelques

corrections et des additions.)

73. — (Jarducci, pour cet article, avait un devancier en Ginguené. Il a une idée importante commune avec celui-ci. C'est que Voltaire, après avoir été assez dédaigneux et injuste pour VOrlando Furioso, dans son Essai sur la Poésie épique, en a parlé plus tard, dans son Dictionnaire philosophique, sur un ton admiratif. Les textes de Voltaire cités par les deux critiques ne sont qu'en partie les mêmes; car, en ce qui concerne le passage

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