L'article commence ainsi (p
XVIII décembre.
Vittor Hugo aveva telegrafato ail' Imperatore : « J'ai reçu en deux jours des Universités et Académies d'Italie onze dépêches. Toutes demandent la vie d'un condamné. L'Empereur d'Autriche a en ce moment une grâce à faire Qu'il signe cette grâce et ce sera grand. «
Garducci proteste contre le mot condamné. Oberdan, dit-il, est nn confesseur et im martyr de la religion de la patrie. Telle est la proposition qu'il entreprend de démontrer et il termine ainsi (p. 239) : « No, l'imperatore non grazierà. No — perdoni il grande poeta — l'imperatore d'Austria, non che farc cosa grande, non farà mai cosa giusta. »
Divagazioni.
(Opère, t. XII.) (Article paru le 16 mars 1897.)
83. — Garducci (p. 516) résume deux pages du Journal des Goncourt, première série, deuxième volume, 1862-1865 (p. 240-242 de l'édition de 1895). Elles sont relatives au goût qui détournait la jeunesse française d'alors des traditions nationales et la portait à l'imitation des littératures exotiques. Alors que Daudet et les Goncourt protestent contre une telle mode, est-ce le moment pour les Italiens de se montrer vils en publiant que chez eux « la letteratura sarà prima europea che nazionale »?
Pariniana.
(Opcrc, t. XIII.)
(Après avoir paru par morcoaux, do 18S1 il 1SS3, ces études furent rassemblées en 1S84.)
84. — Carducci (p. 158-159) traduit des Causeries du lundi, tome VIII. auxquelles d'ailleurs il renvoie, deux petits morceaux: 1° « En ces... stances... déroulées avec tant d'ampleur — la douceur et l'habitude d'y vivre. » 2° « Nous sommes... en Tuuraine — or tout cela s'y exhale. » (J'ai sous les yeux la page 79 de la 3* édition, s. d., des Causeries. Carducci renvoie à la page 63 do l'édition de 1855.)
85. — Carducci a fait, cette fois sans le dire, un autre emprunt au même article de Sainte-Beuve.
Ilacan di latiuo veramente non sa- Lui qui ne savait pas le latin, il
jtevn ne mm quelle del credo... I.a s'est montré tout A coup un émule Fonlaine lo salutava emulo d'Orazio d'Horace et en partie héritier de sa ed erede délia sua lira. Orazio il Ra- litre, comme a dit La Fontaine... Racan lo leggeva e imitava iradotto. v lan. qui ne lisait pas Horace dans per ciô forse rimaneva originale e l'original, avait sous les yeux une trafraiicest' (p. 157). d\iction en prose. Il y a pourtant
entre la pièce d'Horace et celle de Racan des différences de ton et de sentiment qui laissent îl cette dernière son caractère tout î\ fait particulier et son charme propre (p. 77),
86. — Carducci (p. 157-J58) reproduit en français quatre des Shmccs célèbres de Racaii. Il les tire du recueil f^es portes français. Paris, Gide, 18(51, t. Il, p. 428 et suiv.
87. — Pages 180-182, Carducci reproduit vu français une pièce fuiritive de Voltaire : « Si vous voulez que j'aime encore. » Ce sont les stances célèbres adressées à M"'" du Chàtelet. Il les a lues, nous dit-il, dans les Œuvres complètes de Voltaire, l. W, p. 195, de l'imprim. de la suc. litt. typog., 1785. Il les commente en partie.
88. — Pages 182-183, il traduit une page où M'"' de Staël {De r Allemagne, Paris, Marne, 1814, t. I, p. 309) fait une sorte de parallèle, précisément entre ces stances de Voltaire et des vers de Schiller.
Storia del Giorno.
{Opère, t. XIV.) (Etude publiée en 1802.)
89. — Carducci (p. 10; fait un rapprochement entre le Giorno de Parini et VOssian de Gesarotti. Peut-être en a-t-il emprunté ridée première (mais sans en tirer le même parti) à Perrens : Histoire de la littérature italienne. Paris, Delagrave, 1867, p. 386, ouvrage qu'il cite dans son Saggio di hihliografia pariniana (t. XIII, p. 405) et qui est un de ceux que, d'après sa propre déclaration {id., p. 350), il a peut-être eus en mains. (Noter qu'il se trompe en donnant les pages 272-77 du livre de Perrens comme consacrées à Parini; il devait dire pages 384-389.)
Voici le passage en question :
Une aun(5e à peiuc après VOssian de Cesarotti, c'est-à-dire dans le temps où cette poésie hardie et libre excitait l'enthousiasme, Le Matin, modèle d'un genre pur et mâle, fit voir aux Italiens qu'un poète pouvait réussir encore, sans demander l'inspiration étrangère.
En tout cas, sauf chez Perrens et Carducci, nous n'avons trouvé nulle part le rapprochement cVOssian et du Giorno.
90. — Peut-être Carducci aurait-il trouvé l'idée de rapprocher (t. XIV, p. 28) Parini et La Bruyère dans L. Etienne : Histoire de la littérature italienne. Paris, Hachette, 1875, ouvrage qu'il cid' dans sa Bihliografia pariniana et qu'il a pu avoir sous les yeux. (Voir t. XIII, p. 405 et 350.) S'il a lu le passage suivant d'Etienne (p. 527), il l'a en tout cas utilisé avec la plus grande liberté :
Parini a été précepteur dans les familh's de haute noblesse : comme notre La Biiiyère, il a profité de la place ijui lui était faite dans ce monde choisi pour observer et décrire. Aussi fut-il le premier qui. dans son poème du Jour. assaisonna la satire d'une urbanité i)i(iuante, ineonnue aux i)oètes bcrne.sques.
91. — Cardiioci (p. 31), parlant de la noble conduite de Parini dans ses rapports avec la duchesse Serbelloni, dit que ce n'est pas pour rien c^i'un homme est poète et il ajoute : « poeta, s'intende. i cui versi non risentano. come diceva quel francese, délia bassezza del core. » Il fait ainsi allusion au vers célèbre de Boileau :
Le vers se sent toujours des bassesses du cœur.
92. — Carducci (p. 31-32), venant à donner quelques renseignements sur le musicien Giovan Battista Sammartini, indique qu'il les emprunte à Fétis : Biographir universelle des musiciens.
93. — Page 43, il qualifie le mot cicisbeo « appellativo motteggevole dei vagheggini fastidiosi, invalso su'l fine del cinquecento, forse dal francese ». Il ajoute en not« :
Chieche [piecolo] e beau. Cosî ne' loro dizionari il Diez e il Littré, citando il Vocab. etimol. sicil. del Pasqualino.
Il a eu sous les yeux le Dictionnaire de Littré oij, au mot sigisbée, on lit :
Etym. Ital. cicisheo, ^lant, daraeret, qui vient, d'après Pasqualino, cité par Diez. du français chiche, petit, et beau.
94. — Carducci ayant (p. 46-47) donni'» la traduction d'une page de prose française renvoie à [Goudar], L'espion chinois, Cologne, 1764, II, 161 e segg. La référence est inexacte. Il fallait dire: Cologne, 1774, t. II. p. 172-174. Le titre complet est : L'espion chinois oxi l'envoyé secret de la cour de Pékin, pour examiner l'état présent de l'Europe. Traduit du chinois.
95. — Page 75, il renvoie à Brunetièro. Etudes critiques, 4' série. Paris, 1891, p. 315. Il en tire une citation de Voltaire qu'il traduit. En outre, il prend, relativement à ce dernier, le contrepied de Bniiiolière. Le (M'itique français avait dit :
Et d'abord sa conception de l'iustilution sociale est éminemment ou insoltMument aristocratique.
Carducci écrit :
Apparisce insolentcnionte scrvilo ciù clio dcir istituzionc sociale pensava ai comodo .suo l'Aronet clic si titol«\ di Voltaire.
96. — Cherchant si le Giorno de Parini procède du Lutrin de Boileau, Carducci (p. 105) approuve et traduit un jugement dé Nisard {HisL de la Uti. franc.) sur le poème français. Il renvoie au tome II, page 398, de l'édition de 1854.
97. — Page 107, il proteste contre Sismondi qui affirme que, dans le Giorno, Parini imita le Râpe of the Lock de Pope. Il donne comme référence De la litt. du Midi de VEur., II, 51 (éd. de Bruxelles, 1837. Voir Opère, t. XIII, p. 401).
98. — Carducci (p. 112, 117) renvoie aux pages 119 et 118 de Montégut : Heures de lecture d'un critique, Paris. Hachette, 1891. Les emprunts qu'il accuse sont exactement ceux qu'il a faits.
99. — Après avoir raconté (p. 252) une anecdote relative à Robespierre poète, il renvoie avec exactitude au Journal des Goncourt, II, Paris, Charpentier, 1888, p. 72.
100. — Pour ses renseignements sur Malouet poète, il donne comme référence (p. 254, n. 1) : E. Schérer, Etudes sur la littérature au XVIIP siècle, Paris, 1891, p. 279. Il aurait dû dire page 297.
L'Innesto del Vaiiiolo.
{Opère, t. XIV.) (Article écrit dans le premier semestre de 1905.)
101. — Se reportant au moment où parut l'ode de Parini, L'innesto del Vaiuolo, et considérant quelques jugements portés sur elle alors en Italie, Carducci (p. 400) écrit :
Di quei siomi le i!>cflf/ désordre cra. trattandosi di poesia, su tiitte le bocche.
Il fait ainsi allusion au vers célèbre de Boileau sur l'ode héroïque :
Chez elle un beau désordre est un effet de l'art.
La î.aiirea.
(Opère, t. XIV.) (Pages écrites dans le premier semestre de 1905.)
102. — Ayant dit que, dans cette ode, Parini imite en partie la septième Olympique. Carducci (p. 415-416) reproduit en français une strophe où Ronsard imite le même morceau de Piiidare (<( Comme un qui prend une coupe »). Carducci renvoie à P. de Ronsard, Odes, I. i, 1 (Paris, Jannet, 1857).
Su rOi'Iaiido liirioso.
(Opère, t. XV.) (Paru d'abord en 18S1.)
103. — Quinet {Rf'voL d'Italie, t. I) avait consacré à VOrlando fvrioso quelques pages (222-226) dont voici les phrases les plus caractéristiques :
11 frappe si bien l'empire de Charles-Quint, celui de François P*". qu'il renvoie les vain(|ueurs nus et dépouillés... Le vieux César du moyen Ajre. qui avait noiirri d'illusions l'esprit de Dante... est reconnu, trop tard, par Arioste qui... l'abandonne A la risée publique. — Anjrélique. Bradamante. ces images d'amour qui fuient jt mesure qu'elles se sentent poursuivies... cet essaim de chevaliers qui s'obstinent dans la passion de la beauté insaisissable... n'est-ce pas 1î\ le Renie même de l'Italie?... Et si l'impossibilité d'atteindre son objet a exalté l'amour de Roland jusqu'A la folie, n'y a-t-il pas aussi une sorte de délire permanent dans l'esprit de ce grand siècle, obsédé... d'une seule pensée... souriant puur\ u (ju'il atteigne la beauté souveraine?
Carducci, sans donner \\\u^ référence complète, résume ou traduit ces passages (t. XV. p. 289) et ajoute :
Sono volate di fantasia storica che nella poetica prosa del Quinet i^o.sson l)iacere. anche perché movono da un principio di vero : ed è. che il Furioso è lutto inforniato al sortimento e alla vila del tempo in che fu composto.
104. — C'osf encore à Quinet i\\w pense Carducci ipiand, presque iinmédiMl(MU(Mit après 1(^ ]iassag(^ cité, il emploie les pages 200-2î)'i i\ |)i'(»|cs|cr ciuiliv^ l'imnic cl le sc])|ic.isme prêtés au
— LXT —
peuple italien du xvi* siècle et à Arioste. Ce sont là des caractères que Quinet avait prétendu, précisément dans ce chapitre (p. 222 et suiv.), reconnaître en eux.
105. — Garducci (p. 297) cite une opinion de Voltaire sur le Fiirioso, sans donner de référence précise. C'est extrait du Dictionnaire philosophique, article Arioste.
106. — Page 310, ^< Benissimo a parer mio pensava il La Bruyère, etc. )>. Carducci traduit ici, sans donner de références précises, une phrase des Caractères de La Bruyère (Ouvrages de l'esprit) : « Il n'y a point d'ouvrage si accompli, etc. »
L'Aminta di T. Tasso.
(Opère, t. XV.) (Essais parus entro lo l'-"" juillet 1894 et le V janvier 18î)ô.)
107. — Carducci (p. 359) rappelle l'opinion de Huet, dans VOrigine des i^otnans (1670), sur l'origine biblique du drame pastoral.
108. — Carducci (p. 394, 458) rappelle des opinions exprimées par Ménage : Annotazioni alV Aminta, Parigi, Courbé, 1655, p. 232, 188. Il reproduit même (p. 474-475) la dédicace italienne de cet ouvrage et il la qualifie « vero gioiello délia galanteria letterata nell' antico régime francese e documento illustre ad un tempo di nobiltà storica per l'antica letteratura italiana. »
Il rappelle (p. 472-473), d'après Ménage (ouvr. cité, p. 72), l'admiration de Malherbe pour V Aminta.
109. — Carducci (p. 472), rapportant que Malherbe regrettait de n'être pas l'auteur de V Aminta, cite, pour rehausser la valeur de cette admiration, deux vers du poète français, dont le suivant :
Ce que Malherbe écrit dure éternellement.
110. — Carducci (p. 476) rappelle les critiques de Rapin contre la pastorale en général et celle surtout des Italiens. Il renvoie
avec exactitude à R. Rapini >. .î. Eclogae cum dissertaiione de carminé pastorali, Parigi. 1723, p. cxvi-cxx.
Il Torrisiiiondo.
(Opère, t. XV.) (Etude publiée le 1" janvier 1S94.)
111. — Carducci ^p. 493) rappelle, en rapprouvant en partie, Topinion peu favorable du P. Rapin sur le Torrismondo. Il renvoie à Rapin. Réflexions sur la poétique (1674) : in Œuvres, Amsterdam, 1709; II, p. 193.
112. — Au contraire, il ne donne aucune référence quand (p. 493) il vient à parler de certain discours où le P. La Sant^ s'en prenait, à Paris, au même Torrismondo.
113. — Page 530, il enregistre une critique faite par Ménage à cette pièce dans ses Annotazioni alV Aminta. Cette fois il renvoie à redit ion de Venise. 1736 (p. 93).
114. — Ayant cité le chœur final du Torrismondo. Carducci (p. 534) ajoute :
Sembra il lamento funereo del poeta su le ?ioie e le glorio dell' arto. sopra s^ stesso e la patria.
Puis il renvoie à Sismondi, De la litt. <lu Midi de l'Eur.. II. p. 379 (édit. de Bruxelles, 1837\ Voici ce qu'écrivait Sismondi sur le même chœur :
fil] touche profondément, parce que le poète, en l'écrivaut, l'appliquait i\ lui-même, à ses malheurs et à sa gloire, qu'il voyait ou qu'il croyait voir s'évanouir.
Sismondi ne parlait pas, comme Carducci, de la patrie.
— LXUI —
Di Lodovico Antonio Muratori.
(Opère, t. XVI.) (Etude publiée en 1900.)
115. — Carducci (p. 121-122) traduit une page où Des Brosses raconte une visite faite à Muratori. Il renvoie à Lettres d'Italie,