‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 110 sur 406 · MANUSCRITS ET LANGUE CI.XXIX · texte numérisé non relu

MANUSCRITS ET LANGUE CI.XXIX

El ne faut pas désespérer encore de voir quelque jour reparaître à la lumière ce manuscrit, qui fournirait un élément assurément précieux pour la constitutioa du texte de la chanson renouvelée. C'est, en effet, cette chanson qui s'y trouve : le vers cité par les anciens inventaires est le V. 440 du poème, d'après le ms. d'Oxford, où il est ainsi conçu : Mais pur sonjiu li solve tan cuitement '.

On voit que la librairie des ducs de Bourgogne contenait tous les romans de Girart de Roussillon, que nous possédons encore maintenant. Nous avons vu, en effet, plus haut (pp. cxxiv et cxLiti), qu'il s'y trouvait deux exemplaires de la rédaction bourguignonne en alexandrins, et deux aussi de la mise en prose de Wauquelin '.

Il y avait dans la bibliothèque du roi d'Aragon Martin (f 1410), un « Romans de Girart en francés ' >. Mais on ne saurait affirmer que ce fût Girart de Roussillon plutôt que Girart de Vienne, par exemple'.

I. Le Kcond feuillet commençant svec le v. 440, il faut supposer que le ms-, que nous savons, par l'Inventaire de 14G7, avoir été écrit à trois colonnes par page, contenant 73 vers à la coloniie. Cétait donc un livre de très grand format, et en rafme temps très mince. Les 10,00a ver* du poème ne devaient guire occuper que vjagt-troia feuillets.

3. Il y avait aussi un eiemplaire de la vie latine, ainsi déi:rit dans l'inventaire de i568 (Cinq Cents de Colbert, i3o, (ot. 99} : ■ Autre « petit volume en grande forme, escript à la main, couvert de parche- ■ min, inlitulf : La vie de Girard, le comte de Hossillon, en latin, com- « mencfaant au second feuillet : Octo in regis domo. ■».

3. Sous le n* 87 de l'inventaire publié par M. Mllà y Fontaitals, Trwadores en Espana, pp. 4tlS-9. M. Milà cJtc, entre parentbèses, ces mou : A gran folina... beaus amie, sans nous dire à quelle partie du ms. ils appartiennent. Il serait à dfslrer qu'on fît une édition nouvelle et exacte de cet inventaire, qui est intéressant.

§ 3. — Langue de la chanson renouvelée.

Ce qui suit est moins une étude sur la langue dans laquelle est écrite la chanson renouvelée qu'une suite de recherches ayant pour objet de déterminer par les caractères linguistiques la patrie du renouveleur. Une étude sur la langue de ce poème est un sujet qu^on ne saurait traiter accessoirement, et qui d'ailleurs ne peut être entrepris que concurremment à une édition critique qui nous manque encore. Je choisis les faits qui me paraissent utiles au but que je me propose, comme je choisis aussi les preuves que je donne de ces faits, ne pouvant entreprendre ici de donner, pour chaque particularité, un dépouillement complet du poème. Je me sers exclusivement des exemples fournis par les rimes.

Ce qui frappe tout d'abord lorsqu'on examine, même superficiellement, la langue de Girart, c'est la divergence des formes. Et comme cette divergence s'accuse non-seulement dans le corps des vers, où les copistes pourraient en être responsables, mais aussi à la rime, on est bien obligé de reconnaître qu'on se trouve en présence d'un idiome assez mélangé, quelle que puisse être d'ailleurs la cause qui a réuni sous la plume du même poÈte, des formes qui n'ont pas coutume de se trouver ensemble. Habitués que nous sommes par tradition k voir le roman de France divisé en deux idiomes : langue d'oui ou français, et langue d'oc ou provençal— division qui ne répond aucunement à la réalité — nous sommes portés à regarder la langue de Girart comme un mélange plus ou moins arbitraire de provençal et de français. Cette vue n'est ni tout à fait fausse ni tout à fait correcte. Pour savoir à quoi nous en tenir, voyons d'abord en quoi consistent les contradictions

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