‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 112 sur 406 · La rime esl en er, ta franfaia ier. 3. 01 f franfois · texte numérisé non relu

La rime esl en er, ta franfaia ier. 3. 01 f franfois

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CUCXXIl APPENDICE

OÙ la base latine a non pas ou, mais o, tel£que50u(solet). Curou [Car rofu m), cou (collum); tirade 643, poure Cpauperam) en rime avec moure (*m6vere), roure (robur), oure (opera), etc. Notons que la base latine au se trouve assimilée à la base ô, mais jamais àô. Cest ce qui arrive en français, du moins jusqu'à un certain point '.

S et i, libres, se réduisent à un son commun qui, dans le midi de la France, est celui de tV fermé, dans le centre et dans le nord ei, plus tard, en une région qu'il n'est pas utile de déterminer ici, 01. Il est à noter que le domaine de \'é fermé, pour le latin e, l; s'étend, du côté de l'ouest, vers l'Atlantique, plus au nord qu'ailleurs. Il est bien connu d'autre part que, dans le domaine propre à et et 01, certains mots substituent 1 à ei ou 01, ainsi pris, marchis, merci ; de même encore quis (partie, de querre] et ses composés. Dans le midi, au contraire, cette exception n'a pas lieu : on A'iXpres, marques, merces, ques, de même qu'aver de habere. La chanson renouvelée présente, ici encore des rimes contradictoires : d'une part, marces, marches, pages, et les partie, mes, trames, près, ques, conques ii5, 118, 309, 3ii, 3i8, 323, 441, etc. '; d'autre part, mercis, marquis, paîs, mis, tramis, pris, quîs, conquis 191, 2o3, 220, 379, 36S, 396, 432, 521, c'est-à-dire les mêmes mots avec une finale en is au lieu à'és- ■

Des contradictions non moins évidentes se montrent dans la flexion. Citons en quelques-unes Habeatdonne au midi aia, ou aja. Par un phénomène fréquent dans la conjugaison française, le second a disparaît au centre et au nord, tandis que le f se conserve, d'oCt la forme ait. De même, siat devient, selon la latitiide, sta, et seil [ou soit]. Ici nous

I. La différence est qu'en français plutieura de« mots citfs qui ont en latin 6, auraient non pas o, mafg ue.

t. Au lieu d'es on trouve dans les tirades i5, 181, 199, 3i5, ^74, eis, mais c'est là un point ie graphie qui n'a pas d'importance dans le cas prtfscnt. On trouve de infime ti et eil.

I, — MANUSCRITS ET LANGUE CLXXXln

trouvons les deux formes : aie dans !a seule tirade en aie qu^offre le poème, la tirade 72; ait dans la tirade 632; sîe dans les tir. 29, 79, 43 1 , seiî dans la dr. 37, la seule en eit. — Habuit est JC au midi, et plus au nord ot. L'origine est la même, mais le procédé de dérivation est totalement diSérent. Ici nous trouvons d'une partac 529, 658, et ou dans la tirade 402. Cet ou est une forme nouvelle, sensiblement plus rapprochée du fr. ot que du prov. ac, et fort comparable à lov (laudet) qui se trouve dans* la même tirade.

Ces faits étant constatés, nous devons d'abord chercher à nous rendre compte des contradictions qu'ils impliquent, puis déterminer, dans la mesure' du possible, tant par les mêmes bits que par tous autres caractères linguistiques, la région oti a été composée la chanson renouvelée.

Et d'abord que faut-il penser des contradictions dont nous avons donné des exemples? On ne peut, ce me semble, avoir recours qu'à trois hypothèses :

I» Les deux séries divergentes de formes qu'on observe dans le poème émanent de deux auteurs différents. Les formes méridionales, en général les plus usuelles, appartiennent au renouveleur; les formes que, par opposition, nous pouvons appeler septentrionales, viennent du poème primitif, qui, nous l'avons vu, avait été probablement composé en Bourgogne, et plutât dans le nord de la Bourgogne que dans le sud, par conséquent dans un pays de langue d'oui;

2* Ces divergences existaient dans la langue du renouve< leur qui a écrit comme il parlait;

3* Ces divergences n'existaient pas dans la langue du renouveleur qui a fait usage arbitrairement de formes empruntées à la langue d'un pays voisin.

La première hypothèse, fort séduisante à première vue, rencontre de si graves difficultés que je n'hésite pas à la rejeter. Si le poème offre de nombreuses divergences quant aux formes, il nVn présente aucune quant au style, qui est fort

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