‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 12 sur 406 · LA POÉSIE. — GIRART DE VIENNE , GIRART DE FRETE, GIRART DE ROUSSILLON · texte numérisé non relu

LA POÉSIE. — GIRART DE VIENNE , GIRART DE FRETE, GIRART DE ROUSSILLON

Nous ne retrouverons, dans la légende, que bien peu des faits que Thistoire authentique rattache au nom de Girart. Mais, abordant le terrain de la poésie, nous nous trouvons en présence d'une difficulté analogue à' celle que nous avons rencontrée sur le terrain historique, mais in- ■ finiment plus difficile à résoudre. La légende, comme l'histoire, nous ofire plusieurs Girarts. Faut-il supposer qu'ils ont tous une origine réellement historique et que cette origine est une ?

Notre ancienne poésie française connaît, outre Girart de Roussillon, au moins deux Girarts qui se présentent accompagnés d'un cortège de faits assez nombreux : Girart de Vienne et Giran de Frète.

Le poème de Girart de Vienne.est, en somme, le récit d'un siège de Vienne par Charlemagne. Nous en avons deux rédaaions ; l'une, la plus ancienne, ne nous a pas été conservée dans sa forme originale, mais nous en possédons une traduction, qui paraît assez exacte, dans la Karlamagnus Saga ' ; l'autre est un remaniement fait, au commencement du xiii'= siècle, par Bertran de Bar-sur-

1 , Voy. l'anBlj-se qu'ciia Jonnte M . G. Paria, BlbUoth. de l'Ecole des Chorus, â. V, 99.

XIV INTRODUCTION

Aube. Voici, en quelques mots, le résumé du récit commun à ces deux ouvrages. Girart a offensé l'empereur par son insolence et refusé de comparaître devant sa cour. L'empereur l'assiège dans Vienne. Le siège a duré sept ans, lorsqu'on convient de décider du sort de la ville par un combat singulier. Les champions choisis sont le jeune Rolant, neveu de l'empereur, et Olivier, neveu de Girart. Ils combattent trois jours sans succès de part-nî d'autre. La guerre se termine par une réconciliation, laquelle est scellée par le mariage de Rolant avec la sœur d'Olivier. Dans la version de Bertran de Bar-sur-Aube, c'est un ange qui intervient pour irifcttre fin au combat ; dans le poème plus ancien de la Karlamagnus Saga, c'est un prisonnier frani^ais qui suggère à Girart l'idée du mariage qui terminera la guerre.

Sur Girart de Frète, nous n'avons que des renseignements en quelque sorte épisodiques. Dans la chanson d'Aspremont, ce Girart ne se décide qu'à grand'peine à porter secours à Charles engagé dans une guerre en Italie contre le païen Agolant. Il se prétend indépendant de l'empereur contre qui il a jadis longuement guerroyé. Enfin il vient, mais plutôt en allié qu'en vassal, conduisant sa propre armée et agissant d'une façon indépendante \ Ailleurs, dans VAspramonte d'Andréa da Barberino, nous le voyons, à la suite de cette expédition contre Agolant, de nouveau en guerre-contre l'empereur, assiégé dans Vienne, puis fuyant en Espagne, s'y faisant sarrasin et revenant, avec une immense armée d'infidèles, envahir la France. Il est battu, enfermé, par ses propres enfants dans une tour où il meurt, et Vienne est rendue

. G. Paria, Hisl.poét. de Charlemagne

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