‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 127 sur 406 · Prologue de l'acteur · texte numérisé non relu

Prologue de l'acteur

En racomptant des merveilles de ce monde, non mie trop ancienneï, treuve l'en es croniques de France, ou nombre des roys, Charles Martel, duquel on parle en moult de manières de ses fais et de sa chevallerie, de sa crudelité, des conquestes que il fist en son temps, tant que le volume serolt moult grant ou tous seroient bien comprins. ToutefTois, l'en scet assez que Pepin descendy de luy, lequel après luy fut empereur de Romme et roy de France; et depuis Pépin engendra Charlemaine quy ' fut en son temps aussi emperer& de Romme et roy de France. Mais cfaascunne scet pas quyengendracelluyCharles Martel, de quelle lignie il fut ne comment il parvint a estre couronné roy de France. Pourquoy, selon mon petit entendement, je le vous vœul declairer en cler françois, au mieulx qu'il me sera' possible, sans y oster ne adjouster rien du mien ne de l'autruy [fol. ij), mais m'efforcheray d'ensieuvir la matière, laquelle j'ay prinse et translatée d'anchiennes histoires rymées jadiz et reduitte en ceste prose, pour ce que au jour d'huy les grans princes et autres seigneurs appetent plus la prose que la ryme, pour le langaige quy est plus entier et n'est mie tant con$> traint. Et pour ce que moy, quy ay prlns le loisir de ce faire en passant le temps, ne me puis mie retrouver en la presence de tous ceulx qui ceste hystoire lirront ou orront lire ou recompter, leur requiers que se ilz y treuvent aucunes choses fortes a croire, ilz ne s'i vœullent arrester ne y empeschier leur imagination ou entendement, car a la vérité le mien n'est pas a ce

I. Pour l'emploi de 17 long, ici et dans paijs, eif., ie me conforme i la graphie âamaode de David Aubert.

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