‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 128 sur 406 · II. — HISTOIRE DE CHARLES MARTEL CCIII · texte numérisé non relu

II. — HISTOIRE DE CHARLES MARTEL CCIII

pour y rien gloser, retrenchier ou adjouster, sinon de moy y conduire tellement que ma conscience n'en soit charge, et tout ainsi que ou dit volume rymé l'ay trouvé, sur lequel j'ay ceste besongne encommencée, priant a tous ceuls quy la lirront ou orront lire vœull en t suppléer a mon 1res petit entendement et corrigier les faultes, s'av

77. — Comment Charles Martel et Gerard de Ronàllon occirent et boutèrent les Sarrasins hors de France çu'ilj vouloient occuper '.

L'istoire ancienne racompte que, comme nouvelles sont tost espandues par les contrées, les Sarrazins furent advertis de la grande et mortelle guerre quy estoit en France et que tant de peuple chreslien avoii occis l'un l'autre ; se boutèrent les Sarrazins d'Espaigne et des contrées prochaines joingnans et voisines au royaulme de France, et, a si grosse (/. iyc Hij'^xyij) puissance et armée comme ilz peurent plus, se misrent en vaisseaulz et en groz nafvîres; si nagèrent tant qu'ilz arrivèrent en ta riviere de Geronde, et conquirent la plus part de la terre du conte Huidres quy fut occis en la bataille de Vaulbeton, ' comme dessus est declairé, et furent jusques en Terrascon, en Barselonne et en la terre de Prouvence et de Languedoch, et pareillement en la terre de Nerbonne, dont les princes et seigneurs furent comme esbahis. Or estoientce temps pendant les nobles princes chrestiens en France , ou ilz sejournoient avecquesleursamis, etse raffreschissoient en pensant de remettre sur leurs besongnes en mémoire et souvenance des guerres qu'ilz avoient eues, a quoy ilz ne vouloient plus penser, car bien leur sembloit que de tous poins ilz en estoient dehors. Mais tant l«ur revint a besongnier que bien leur pouoit du temps passé souvenir. Car tous a une foiz leur envoierent ceulx du paijs quatre messages, dont les deux alerent par devers te roy Charles Martel et les deux autres devers le noble duc Gerard, l'un et l'autre par devers le conte Fourques.

Page 1