CCIV APPENDICE
Ceulx quy vindrent devers le roy Charles, lequel pour lors estoit plus embesongnie que mats pîeça n'avoit esté, car la ^erre luy survanoit contre les Frisons quy a luy ne vouloient nullement obefr, ne declaire point I'istoire la cause, mab bien dbt qu'il avoit son conseil assamblé pour y trouver appoiniement ; quand la vindreat les deux messages dont l'un estoit appelle Ansseys, et venoit de Nerbonne ',(»») et dist au roy devant ceulx quy la estoient en telle manière : ■ Sire, vers vous suys envoie I de par ceulx de Nerbonne, lesquelz vous requièrent de secours,
• et le plus tost que possible vous sera, car les Sarrazins sont
• descendus en leur paijs et l'ont tout pourprins, pillié et robe. t Si ne scevent les Nerbonnois ou avoir recours, sinon a vous,
• comme ceulz quy tous les ans vous viennent faire hommage
• de leur terre. Et se bien brief ne les secourez ou envoies cho^e < quy les puist reconforter, sachiés qu'ilz s'adrecheront par de-
• vers le puissant duc Gerard de Roncillon >. Si fut tant dolant que merveilles le noble roy quant il ouy racompter si dures nouvelles, non pas pour le nom du prince Gerard, mais pour la querelle qu'il avoit aux Frisons, quy trop asprement le pressoient de son honneur en plusieurs manières. Et comme il peasoit sur la response qu'il devoit rendre au messier, vint îllec ung jeune prince moult nobles homs appelle Hervault * de Geroode, lequel se mist a d^ux genoulz devant luy, et luy dist si haultement que bien fut entendu :
■ Sire, vous estes souverain seigneur de toute la terre cres-
• tienne; au moings vous avez tous jours eue en vostre domic nation Toute la terre de par decha la mer, en laquelle les Sar-
• rasins sont de nouvel entrez a si grosse puissance qu'en petit « de tempsilipourrontvenir jusquesauRosneetpardecha,quy
• remède n'y mettra bien prochainement >. Si fut adont Charles Martel tant esbahy que merveilles, car oncques nu fut plus,
I . En présence de ce (exje il n'esl pas possible de miinteDÏr la correctioD d'Anseis en Aîmtri, proposée k la fin de la note 4 de la page •06.
3. Sic, il faudrait Heinault, dans la cbiDson {{ 191) Ernaut de Gironde. C'est donc avec raison que U le{on Ernaut de P, a i\i adopta (voy. p. 106, n. 3) contrairement à la leçon Tewtr^, donnée par O. £,.
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