CCX APPENDICE
les Martel qu'il avoit tant {fûL iiij' Ixij) longuement et si mortellement guerroie, pour laquelle cause, comme il main tenoit, si grant nombre de vaillans hommes et de bon pœuple estoit mort, que plus de trois cens mile hommes avoient celle guerre comparée, dont c'estoit pitié et douleur. — ■ Certes, sire preuf dhomme, • respond! le noble duc Gerard, « vous diites très f bien, mais se j'en aroie le pouoir, ancoires en âneroit il par
■ glaive autretant ainchois que je n'en venisse a mon dessus. ( Et, si c'est vostre plaisir, je vous recompteray dont la guerre a d'entre Charles Martel et moy procéda'.» Adont le très noble prince Gerard luy prinst a recompter du commencement jusques en la fin en gros les aydes, les services et les plaisirs qu'il avoit fais a Charles Martel du temps de Marsebille, sa premiere femme, comment il avoit traveillié pour le faire couronner roy, et com-> meut il avoit menée a fin la guerre qu'il avoit eu a l'encontre de Hillaire, duc d'Acquitaine. Et puis luy racompta les conditions et comment ilz s'estoient mariez, et comment le roy ' et pourquoy il [avoît] voulu avoir la femme qu'il avoit fiancée ea change de la sienne quy luy estoit envoyée a sa requesie de Honguerie. Et pour ce faire, comment il luy avoit nettement quittié tout le paijs de Boui^oingne et tous les hommages des autres terres qu'il tenoit de luy, et que après toutes ces choses il l'avoit fait sommer de venir a sa court pour lui faire hommage de la te^re de Bourgoingne et de toutes les autres terres
- qu'il tenoit, et pour ce qu'il avoit esté reffusant de ce &ire s'ettoit leur guerre encommenciée.
(v°] Tout par loisir escouta le saint homme, les raisons du vaillant duc Gerard lequel en nulle manière ne voulu son grant courage desmouvoir de la bayne mortelle qu'il avoit au roy Charles Martel, mais il vouloit sçavoir en conclusion qu'il estoit advenu de leur guerre, sur quoy Gerard luy respond!, disant ;
■ En vérité, beau père, de nostre guerre il est ainsi advenu qu« «.la plus part de mes hommes y ont esté mors et detrenchiés.
I. L'exposé qui suit, iusqu'à l'enJrgit où en placé le renvoi «u i Si8, se rapporte à des événements ricoatés pliv haut, d'tprii une source autre que notre chanson de Girart de Roussillon.
*. Sic, lacune? où faut-il substiter U roy à il qui mît.