H. — HISTOIRE DE CHARLES MARTEL CCXXV
devant la royne quy en eust tout grant pitié que elle plus ne pouoit : • Lasse I > fait elle, • mon chier seigneur, tous voulu •. ainsi eslongier d'icy sans moy, quant si longuement et jusques
« aujourd'uy vous aj^tenu tant bonne compaigme »
Ainsi comme la se doulousoient le duc Gerard et la duchesse, vint devant la royne uog escuier de moult bonne part, lequel estoit fils d'un ancienpreud homme et vaillant chevallier nommé Begon de Valaloy ; et se faisait son fîlz appeller Bertran de Valaloy ', quy de loyaulté, de preudhommie et de bonté estoit duit et asseuré par nature a enssieuvîr les meurs et les (v») conditions de son père Begon, et dist a la royne par très grant sens : ■ Ma-
• dame, je viens vers vous privéement pour mon cousin Gerard « qui cy est aidier de tout mon pouoir a saulver se je pouoie.
■ Et sachiés que le roy est très mal meu par l'enhort de son
■ conseil qui iraitie avecques luy de la mort du conte Fourques
• et de la sienne niepce, dont a paines se pourra garder se brief
■ vous n'y remédiés, car les parens du duc d'Ardenne en sont
■ de ceste heure a conseil, duquel je me suy party hastivement a pour TOUS en venir advenir. * Si fut le noble duc de ces nouvelles plus doulant que par, avant *, et moult en remerchia son cousin, priant humblement a la royne qu'elle le voulsist de leans délivrer. — < Certes, sire Gerard >, fet elle, • non feray. Et ja
• n'aies paour, car, maulgré tous voz ennemis, je vous remet-
• tray en vostre seignourie, puisque le roy m'a le don de vostre
■ paix ottroié, et bien en est en moy par les manières que vous « orrez, et sanz ce que le roy ne autre m'en sceUst reprendre.
■ Vray est que ja pîecha fut au ro^ et a moy par pèlerins rap-
■ porté et certifié pour vérité que vous estiés mort. Si deman-
• day au roy le douaire de ma sue» quy est icy, pour lequel il
• me donna RonciUon et tout le païs, Montargon, Dijon, Chas- € tillon, Vaulcoulour ' et plusieurs autres places fortes assez,
■ lesquelles j'ay tous jours depuis tenues en ma main, les ay
• fournies de gens quy y sont pour moy et qui, sans nulle con-
■ tradiction, seront a mes commendemens obetssans. Si vous y