‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 144 sur 406 · II. — HISTOIRE DE CHARLES MARTEL CCXXIU · texte numérisé non relu

II. — HISTOIRE DE CHARLES MARTEL CCXXIU

tel et le noble duc Gereid de Roucillon furent paciffiés ensemble de la grant guerre que ilz avoient menée l'un contre l'autre, selon ce que declaïre l'un des livres sur ce composé et escript en vieille rime ; si convient prendre la peyne de vous réduire d'icelle rime en prose, et vous de le lire et entendre, se bon vous semble, une autre manière de pacification que je ay trouvée et veue en ung autre livre rimé pareillement, lequel recompte du gentil duc si amplement que il declaire de ses fais jusques a sa fin, et sa mort meisme contient cestuy derrenier livre, et parle de son cousin Fourques quy toujours estoit en la prison du roy Charles Martel, puis vous racomptera comment [fol. t< xix, yo ) l'église de Vcselay fut fondée par beaulx miracles et de ta vie de la noble duchesse Berthe, sa femme, qui vesquy moult saintement, mais de sa- fin ne racomptera point l'istoire, car elle ne parlera fors jusques a la an du duc. Et de la mort du roy Charles Martel racomptera l'istoire en ung autre livre subsequent, lequel fera mention de son &lz Pépin le petit, lequel fut en son temps gamy de grant vaillance, jasoit ce qu'il fust de petite corpulence et stature. Si reprendra l'istoire a recompter du prince Gerard quy estoit au tournoy, ou luy et se compaignie regardoientjouster les barons auprès de Buitlon, la ou elle ploura mainte lerme en ramenant a mémoire le temps passé, tellement que ses lermes cheoient sur la face de son seigneur quy son chief avait mis ou giron de ta dame ainsi comme par ennuy '. Et ce que je diray, a celle fin que ce ne semble reditte aux Ibeurs ou aux escoutans abregeray couramment tout le mieulz que )e poufray, jusques a ce que ta matière soit changie que vous avez )a entendue. Si pourrez croire lequel que mieux vous semblera digne pour y adjouster foy, car en deux manières ne peurent les deux princes estre véritablement pacifiés. Et pour tant que je meisme ne le pourvoie croire, vous fay je recitation de ce que j'ay trouvé par escript comme dit est. Et puis par ce croire qne tous livres ne se ressemblent mie, combien qu'il z parlent tout d'une matière.

Quant le désolé prince Gerard se senty moullié des lermes quy des yeulx de la dame cheirent sur sa face, et il luy eust

j. Cf. la chanson, J iZ^.

iiizedoï'GoOQlc

CCXXIV APPENDICE

dit ce que cy dessus. est conleDu, {/oi.i^ ;ir;t:) elle le semondy et requist qu'il voulsist retourner a Paris, la ou il sçauroit estre le roy, disant que quaresme estait et bon temps, et que tout homme se devoît amender contre le jour de Pasques quy approu choit, ayant fiance en la royne sa suer, laquelle pou rcha* ceroit sa paix comme elle l'avoit en une nuit songié. Et, fin de compte, elle fist tant par ses parlers que le duc son seigneur s'i accorda. Lors ilz partirent d'illec et enquirent ou le roy se tenoit, et l'en leur dist qu'il aloit faire ses Pasques a Orleans. Si cheminèrent tant qu'ilz vîendrent en la cité tout ainsi mal habilliés povrement, comme vous le povez penser que si estoient ilz'...

102. — Comment la royne de France fist rendre et délivrer au duc Gerard Roncillon et ses autres places sans le sceu du roy.

L'anchienne histoire recompte que quant le duc Gerard et la duchesse Berthe sa femme eurent estez au roy Charles Martel présentez par la royne, quy l'ottroy avoit et le don de la paix du duc Gerard et de Berthe sa suer •, et le roy eust regardé le roy ' par despit et respondu a la royne qu'elle l'avoit trahy en la presence des barons quy la estoient, il * fu tant esbahy que merveilles, et non sans cause quant il le vist partir du prael sans avoir de luy nulle bonne response. Et dist a la royne qu'il vouldroit estre (fol. v xxvij) AoM'ii estoit venu, puis que autrement ne se povoit avecques le roy appointier. Et luy requist qu'elle luy feist ses meschans habis rapporter et qu'elle le feïst secrètement conduire en la cité, voire par ainsi que sa femme Berthe luy demouraat, et qu'il s'en alast tout seul a son aventure. Si devez sçavoir que grant fut le dueii que la duchesse démena quant elle ouy ainsi parler son seigneur, et respondî

Page 1