II. — HISTOIRE DE CHARLES MARTEL CCXXXIII
fois le roy Chartes le Chauif de France, et comment il mendia par sept ans entiers pendant lequel temps il portoit le charbon vendre '.
Touteffois, jasoit ce que ceste histoire puist estre ou non estre veritable, comme jaye trouvé es croniques Martinien- Dçs Charles Martel mis pour la guerre qu'il eut encontre monseigneur Gerard de Ronciilon, duc et conte de Bour~ goingne, et après ce que j'ay veu Vincent en son Miroir Historial, ouquet il racompte que ou temps de Charles Martel par Gerard de Ronssillon, duc de Bourgoingne, fut translatté le corps de la benoitte Magdalene en l'église de Vezelay fondée par ledit monseigneur Gerard ' ; attendu aussi qu'en toutes les
I. Voici la partie correspondante dam l'abrégé imprinié (début du cfa. XXV. édii. Terrebasse, p. 137] : a Ces nouvelles ouyes, îtz com- « mencerent tous par vraye devotion a regracier Dieu de ce que ainsi
• il les avoit viùiés. Et alors, a grant hoaneur et reverence ilz alerent
■ descouvrir le laiact corps qui sept ans entiers geuren ce lieu et le
■ trouvèrent odourant très tonef et tout entier. Et l'evesque le leva et
■ l'enveloppa en ung net cendal, et puis ill le mirent en une noble
■ chasse et riche et le mirent en ce poini sur une liciiere, et le inene-
• rent a grant honneur et jubilation jusques a l'église de Poytiers < (Pouttieres, J. Mansel), dont, quant ilz approchèrent du lieu, l'abbé
■ et le clergié et lous les nobles et le peuple du pays environ vindrent
■ a torches et a banieres en notable procession a l'encontre du corps
■ saioct et le receurent et le portèrent a l'église en chantant graces et
■ loenges a nosire Seigneur, et l'enterrèrent en ladicte église de Foy- I tiers en ung noble sarcuz mouli riche tt bien entaillié, au plu* pris
■ de madame Berte sa ftmme. Quant le service divin fut acomply,
■ chascuo s'en allt en sa place en rendant graces a Dieu de l'honneur c que leur eust fait et de leur donner tetz intercesseurs au ciel, ayant
■ espérance de Dieu que, par le mérite de ces deulx sainctes person- '
■ ne*, Qostre Seigneur exaulceroit leurs prières, et que loot le pays en
■ vauldcoit mieuU. Et lors fut mis par etcript toute leur vie, leur couc versation et leurs faictz, et furent gardées leurs légendes en ladicte
■ église de Poytiers longtemps après leurs trépas. Mais aulcuns temps
■ apris ladicte église fut arse et destruycte ■ Même leçon dans
J. Manset, ms. cité, fol. cliX) d.
I. Vincent, Spec, hist. I. XXIll, ch. Cli, reproduit le passage deSigeben, cité plus haut (p. cxu), d'aprËs Jacques de Cuite.