‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 188 sur 406 · Voy. p. 20. note î · texte numérisé non relu

Voy. p. 20. note î

2. fudenc Oxf. .pradenc P. (v. 11S9), chien pour la chasse en plaine (prat) ?

3. Leos P. {v. 1160), ce qui paraît une correction arbitraire. Le broott, brohon, broion est fréquemment nommé dans nos aaciens poâmes et désigne certainement un jeune ours. Dans Râlant, Charlemagne songe qu'il tient un brohon enchaîné, et voilà que des ours viennent le lui réclamer, disant : n Nostre parent devons estre a tueurs > (v. 2562) 11 est donc légitime de- rapprocher le broon d'un passage de Grégoire de Tours (VHte Patrum, ch. xii; éd. Ruinart, p. m) rappelé par Ou Cange (s. v. braccoJ uîi il est dit, à propos du nom propre Braechio e quod [nomen] in eorum lingua interpretatur uni caiulus. ■• Le contexte montre que « eorum lingua n désigne ici la langue des Arrernes. Ce nom serai! donc d'origine celtique. On trouvera dans la Zeitschriftf. romanische Philologie, II, 171-3, de nombreux exemples du mot broon. Sainte- Palajre, ayant en vue ce passage de Gir. de Rousa., a supposé {Mém. sur l'anc. chevalerie, éd. Nodier, II, sSi) que les animaux sauvages que Charles emmenait avec lui usaient partie de son équipage de chasse : il est plus probable qu'ils étaient destinés à l'amusement du roi et de sa cour.

4. le traduis d'après P. mai hui sirvenc (v. 1 164] ; le sens de mesli:^ tebenc Osf. m'échappe. Ces derniers mots font allusion à la trahison de Richier de Sordane; voir plus haut, g 5g-6i.

GIRART DE ROUSSILLON 5y

B cheval. Pour donner ud riche conseil, on ne connut pas » son pareil. Sire, faites-lui bon accueil, sans rancune. Ses » logis sont déjà pris au llourg; là descendra le comte à son » hôtel, puis il viendra vers nous au perron gris, devant » votre chapelle de Saint Marcel. Qu'il ne tous trouve point B trop dur à recevoir les otages I » De colire le roi ferma l2s yeuT : « Seigneurs, moi et Girart sommes donc égaux? )' Je passerais ta mer dans un navire; je serais sept ans n c.mite en une forêt, avant que vous me mettiez sous ses B vie. 's ' ! »

III. Laissons le conseil que le roi n'accueille pas. Ses barons lui retracent le grand orgueil [qu'il a montré] quand i! prit i^e Roussillon le donjon élevé. De la colère qu'éprouve le roi, ses yeux se ferment : « Seigneurs, or, écoutez ce que

■ je viux dire ; de la perte que j'ai subie j'éprouve une vive

■ douleur. Voyez-vous par ces prés cette fbrél de lances, ces » hauberts, ces lances ? Avec tout cela, je ferai à Girart deuil B et tourment. Ne croyez pas que je lui laisse sa terre '. Je' n ne laisserai subsister ville sur sol ni arbre fruitier que je B ne déracine, de sorte que branches et feuilles s'en dessê- » cheront. > Et Thierri répondit : ■ Roi, Dieu t'affole! »

lis. Ce dit le duc Thierri : ■ Mal nous est pris quand » Charles, par ruse, nous demande conseil. Malheur à qui * le conseillera de tout ce mois ! Ce n'est pas droit que n je veuille du bien à Girart : son père [Drogon] et son » oncle , le comte Odilon , m'enlevèrent jadis ma terre » et mon pays; sept ans, j'ai été proscrit, vivant dans les n bois épais, travaillant de mes mains pour vivre, quand le

t. Je traduis d'apris Oxf.: Que vosja me metej en escabau, ren oh, si je comprends bien, i: trouve la latmt figure que dans ce verset ; Donec ponam inimïcos tuos scabellum pedum luorum (Ad. it, 35); la leçonde P. (v. ii88j est moins nette: Quejavoimintetaljabluicabau; ce qui semble vouloir dire: u Que vous me mettiez chet (cabau captai) > avec lui >, c'est-à-dire « de pair avec lui », ou encore, en rapportant cabau à lui, ■ avec lui pour chef s, c'est-à-dire au-dessoue de lui.

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» roi Charles m'en tira par sa merci. Il me rendit mon du- D ché tout entier et me donna sa soeur; avant elle j'avais » déjà eu trois femmes ; de celle-ci, j'ai deux 61s, charmants D enfants ' ; mais, pour nul ennemi que j'aie, je ne dois a être félon ni hésitant envers le droit, car quiconque fousse D le droit est un traître indigne et la cour oti il eat tombe 1 en interdit. C'est pour toi, Martel, que je le dis, qui rc- » pousses le droit, qui écoutes et regardes et- ne vois rien, » non plus que les Juife ne voyaient le Messie qu'ils crucifié- B rent ! »

1 1 3. Le conseil des barons se sépara. Le duc Tbierri d'Ascane sortit le premier, plein de colère et maudissant Charles ; il descendit par le pont voûté '. Galeran de Senlis pi-it le premier la parole : « Allons au devant de Fouque, faisons lui » accueil. — J'y suis tout disposé " », dirent Aimon et don David, et AndeFroi de Noîon tout dispos, n Attendons Ai- 1 meri sous Cauiz * ; ndus serons vingt barons choisis.* Belfadieu s'est mis en route tout le premier, avec lui les quatre fils de dame Beatrix, une dame veuve qui avait eu deux ' maris.'. De chacun elle eut deux fils qu'elle nourrit, l'un s'appelait Pons, l'autre Artaut, le troisième Félix, le quatrième Saloine de Mont-Escliz ^ Vous ne vîtes jamais si gracieux, si bien appris. Ils passent le pont de Loire aux arceaux voûtés, et vont à don Fouque, dans les prés fleuris. Le comte vit les enfants, il leur fit bon accueil: • Vous resten rez avec moi, le cœur me le dit, mais je vous vois encore

■ trop jeunes pour prendre les armes. Mettez-vous A mon * service : vous grandirez et vous serez pourvus d'armes et » de bons chevaux bien dressés ? » Les enfants s'inclinèrent :

■ Sire, nous serons vos hommes liges. > BelfaJieu le juif

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