‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 19 sur 406 · III. — L ANCIENNE ET LA NOUVELLE CHANSON XXVII · texte numérisé non relu

III. — L ANCIENNE ET LA NOUVELLE CHANSON XXVII

1* Notions kistoHques. — Les notions historiques et généalogiques sur Girart et sur Berte qui occupent les premières lignes du récit sont données comme tirées des chroniques (g 3). Girart aurait vécu sous Charlemagne, Louis le Pieux, Charles le Chauve et Louis le B^e. Je ne saurais dire de quelles annales sont tirées ces notions qui ne se déduisent qu'en partie des documents connus concernant le comte Girart ; je me borne à dire qu'autant que nous pouvons les contrôler, elles sont exactes. Car nous avons vu qu'en Sig, cinq ans seulement après la mort de Charlemagne, Girart, le fondateur de Pothières et de Vezelai, était déjà l'époux de Berte. Nous avons vu aussi qu'il vivait encore en 87 1 , mais qu'i! n'était plus de ce monde en 879. Rien n'empSche que sa vie se soit prolongée jusqu'au delà du décès de Charles le Chauve, mort en 876. Notre biographe peut avoir eu à sa disposition des documents aujourd'hui perdus, notamment des pièces concernant l'abbaye de Pothières. Ce qu'il dit de la filiation de Girart et de Berte (§ 7) est sujet à discussion. Il n'y a guère de doute que le nom de Drogon, père de Girart, aura été tiré de l'ancienne chanson '. Hugues, comte de Sens, père de Berte, peut avoir été pris à la même source ' : nous ne sommes pa^ en mesure de le vérifier, puisque l'ancienne chanson ne nous est pas parvenue et que la chanson renouvelée donne à Bene une tout autre origine. Il ne me parait pas impossible, toutefois, que cette donnée ait été empruntée à la charte de fondation de Poihières, et de Ve-

I- Dn moins eal-il que dan* Il chanson renouvelée le pire de Girart •'appelle Drogon.

3. Cest l'opinion qui paraît la plui vraiiemblable à M. Longnon p. «71.

XXVin INTRODUCTION

zelaf, où les parents de Berte soift appelés Hugo et Bava '.

Une légende apocryphe, absurde même en toute sa teneur, qui est citée parfois sous le titre de « l^eade de saint Badilon * », racome qu'en l'an 749, sous le règoe de Louis le Pieux et de son fils Charles (!), le comte Girart, seigneur de la Bourgogne, envoya un certain Badilon en Provence, alors occupée et ravagée par les Sarrazins, avec mission d'en rapporter le corps de sainte Marie-Madeleine. Badilon réussit à enlever subrepticement le coït» saim, qui fut pl^cé dans l'abbaye de Ve- . zelai. Les Bollandistes, qui se sont donné la peine de démontrer laborieusement la fausseté de ce récit, supposent qu'il a été composé après 126a. It leur a échappé, ainsi qu'à d'autres qui sont venus après eux, qu'on en possède des manuscrits du xii' siècle ^. En réalité, c'est une fa-

T. M. LongnoD, I. I., trouve Mite supposilion peu vraisemblable. Il lui teiDble que si l'auteur de la Vie avait emprunté à la charte de fondation le nom du père de Berie, il lui luraîi emprunté àuasi le nom du père de Girart, qui, d'aprèi cette cbarte, eat Leuthard et tton pas Drogon. Celte observation n'esi pa* Mns valeur. Je ferai loutefoit remarquer que lei hagiographcs du moyen Ige ae piquaient peu de logique. 11 ett fort probable que le père de Berte n'était paï mentionné du» l'ancienne clianuin. [1 est vrai que, d'après le début de la chanton renouvelle. Bene est Slle de l'empereur de Constantinople, mai* nous verrons plus loin que ce début est l'ceuvre du renouveleur. Le moine de Polbièrei, auteur de la légende, a tri* bien pu «'en tenir aux données du vieux poème en ce qui concerne te père de Girart, et recourir i. la cbarie pour le père de Berte qu'il ne trouvait pas nommé tiUeurs.

1. Elle est ainsi désignée par Jacques de Guise ; voir ci-«près, ch. VI.

3. Voir ce que je dis, à ce suiei, dans la Ramania, VII, i3t-5. — 11 me pareil très probable que la mention faite par Sigebert de Gembloui (A. D. 746) de la translation à Vezelai du corps de Marie-Madelûne, n'a pas d'autre source que la légende de saint Badilon. De Sigebert n est passée dans de nombreuses chroniques.

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