Voy. p. 40, note i
4. CaEeneuve, qui a eu entre les mains un ms. de Gir. de Routt., celui qui appartient maintenant à la Bibliothique nationale, a remarqué sur ce passage, dans ses notes sur le Did. itym. de Ménage. 1724, 1, ig4, BU mot BIGOT, qu'ici Bigot est un nom de peuple; il l'entend u des peuples du Bas-Languedoc qui étoient anciennement appelés » Gols eu Wisigots, de sorte qu'il y a apparence que btgot est un » nom formé par contraction de Wisigott, et qu'il a été depuis appli- » que aux hypocrites : d'autant que les Wisigots étant hérériques » arriens, n'étoient religieux qu'en apparence. Quoi qu'il en soit, le n dernier vers de ce roman [il s'agit du v. i8g6 du ms. de Paris : n Bigot e Proensat veiigan esfems] témoignent que c'étoient deux n peuples voisins, ■ M. Fr. Michel accepte cette étymologie et voit encore les Goths dans le nom de cagot [ca goth , chien goth).
ioïGooqIc
GIRART LE BOUSSILLON 6l
■ Provençaux, les Rftuergats, les Basques, les Gascons, les
■ Bordelais. Mille barons seront couches et morts, sans par- » 1er de ceux dont on ne fera pas le compte ' 7 II y aura bien
■ en tout deux cent mille ' hommes réunis. Maintenant
■ parlons au roi sérieusement. Nous lui ferons droit en tout,
■ mais rien de plus. • Sur ces paroles ils montent sur les palefrois et rentrent par le pont à Orléans.
II 6. Au moûtier Saînt-Eloi il y avait un palais d'antique fondation, que Fouque avait reçu en héritage de ses parents. Fouque y avait mille chevaliers chases. Le comte entre au moûtier où il fit sa prière, puis il monta en la salle par les degrés; on n'y voyait mur ni pierre, ni bois, ni latte (?],
mais seulement des courtines de soie et ^ entourées
des plus beaux paiies que vous puissiez voir. Le jour vient â travers les vitraux. Les tables sont servies, on donne l'eau *. Aucun met délicat ne manqua au repas. Fouque fut trèsaimé ; avec lui sont les barons que je vous at nommés, ce sont les conseillers les plus estimés de Charles. Lorsqu'ils eurent mangé, le soleil était bas sur l'horizon ; ils firent enlever les nappes et se levèrent de taBle. Désormais le message sera exposé, considéré, délibéré. Ce n'est pas chacun qui
Hist. Jes Races maudites, I, :i55-6o. M. Litlré (Diet., au mot bigot] paraît disposé à l'accepter. Il y a cependant deux difficulifs phooéliquei : le changement de w en i ci la perte de 1'$, Mais, de toute Fafon, il faut reconnaîlie avec Caseneuve que Bigot désigne ici un peuple de la Gaule méridionale, et il ne paraît pas douteux qu'il convient d'attribuer le m£me sens au même mot dans le passage bien connu de Wace (cité notamment par du Gange, s. v" bigothl] où oa voit les Français donner aux Normands, avec une intention injurieuse, le surnom de bigots (éd. Pluquet, II, 71]; l'explication de ce surnom par iy God, n'a aucune valeur, quoique Diez {Etym. Wai-I. Il c) semble l'accepter.