‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 194 sur 406 · Sire, > dit don Fouque, ■ voici le droit, de la part · texte numérisé non relu

Sire, > dit don Fouque, ■ voici le droit, de la part

■ de Girart mon oncle, sans injustice. S'il vous a fait tort B sans raison, nous vous en ferons droit ici même. Nous u serons à titre d'otages, par la foi que je vous dois, cent n barons de naissance, damoiseaux choisis. Roussillon est un n aleu, j'en conviens, mais outre Seine, le long du courant,

■ en la forêt de Montargon ', vous avez pour un mois droit o de chasse et de gîte, quatorze jours l'été, quinze l'hiver ;

» pendant les quatorze jouis, Girart vous doit le conroi ^ ; . » on l'apporte par Seine en bateau, là où se dressent ces pins n et ces lauriers, où vous vous déportez et vous ébattez. » Girar y possède quatre châteaux : Garenne, Châtillon et » Montalois ^ ; le quatrième est Senesgart, qui les domine

une terre produisant un marc de revenu. P. mas, c'esi-&-dire man-

t. Mantargeick, k cause de la rime.

1. Voir, pour ce mot, la note 1 de la page iq. On voit parce qui suit que le conroi, dans ce passage ci, désigne paniculiirement la nourriture due à Charles et à «a suiie.

3. Garane e Castaleone MontaleichOxf., Quai-ena e Caslelo eMatitaiekP. (v. 1371}. Il est probjble que Castaleon om Caitelo est Châtillon-lur-Sei ne, mai* je ne Murais dâierminer les deux autres noms. La ûnate ekh du ms. d'Oxford, eh du m«. de Pjris, répond au fran{ais

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n tous. Et si tout cela n'est [>as comme je vous l'ai dit, j'en x ferai la preuve et la défense '. Si j'ai tort, je ne veux pas » qu'on en fasse accord *. * A ces mots, il tendit son gant plié î.

1 20. c Seigneur, [reprit-il,] prenez ce gant que je vous » tends : de la part de Girart, mon oncle, je vous offre droit. » S'il vous a fait tort à son escient, il vous en fera droit à

* votre discrétion. Nous serons comme otages cent cheva- ■I liers, dont pas un ne mentirait pour or ni pour argent. » — Malheur sur moi, > dit le roi, c si je prends ce gant, n jusqu'à ce que j'aie forcé par les armes Girart à se taire ! » — Ce ne sera pas tant qu'il vivra, » répond Fouque ; mats

■ d'abord, faites-lui droit tout le premier. Celui qu'on n accuse de félonie, s'il ne se défend, n'est pas digne de tenir

• terre ni apanage. Vous l'avez fait parjurer, lui et les siens : » c'étaient des comtes, des ducs, des hommes sages, et le > pape tui-mëme qui tient Rome, A Constantinople, on l'a n entendu. Ils jurèrent que vous prendriez en mariage la » fîUedu riche empereur, et que Girart prendrait sa sceur. 1) Les siens le jurèrent pour lui. Ils s'en revenaient joyeux a lorsque vous vîntes à leur rencontre à Bénévent ■♦. Celui- ■1 là est vraiment traître à ses propres yeux qui laisse sa » femme et prend celle d'autrui, comme tu as fait de la » tienne, roi mécréant, en enlevant à Girart celle qui l'ai-

01 ; c'en pourquoi j'ai traduit Monlalots. Peut-£ire est-ce une corruption du Mont-Laçois, lieu sur lequel voy. p. 17, note 4.

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