Voy.î
GIRART DE ROUSSILLON. g5
lieu pendant les plus longs jours de mai, et dura jusqu'au coucher du soleil. Voici Thierrt remonté sur son cheval noir; il va frapper Odilon avec une telle force, qu'il lui perce l'écu et la cuirasse '. Le fer [de la cuirasse] ne peut ' résister à l' scier, et le bois de la lance ressortit de l'autre câté. Jeté à bas de son cheval noir, Odilon ne vécut que cinq jours. Les siens piquent des deus pour l'aller secourir, mais par la volonté de Dieu un orage éclata, fort, fier, horrible e^ redoutable. Charles vit son enseigne brûler et Girart la sienne tomber en charbon. A* la vue de ces signes que Oieu leur manifeste, ils arrêtent le combat.
[69. La nuit est venue, le jour est fini, le ciel est sombre et rembruni. Dieu leur montra un miracle qui fut un avertissement '. Des fiammes descendirent du ciel entr'ouvert : le gonfaoon de Girart en fut tout brûlé, et aussi celui de Charles qui était orné d'or ^. La chair tremblait aux plus hardis et la terre s'agitait sous leurs pieds. « C'est la fin du monde I » sedisait-onl'unà l'autre. Le comte Girart fut saisi de frayeur, et Charles, au milieu des siens, était tout troublé. L£s deux armées se séparent, et dès lors il ne fut plus que&> tion de se battre. Toute la nuit on resta [de part et d'autre] le haubert vêtu. Quand le jour parut, au contentement de tous,
1. Le texte {el culrtta^er) n'ett paa trit clair, a^erae peut ici signifier ■ ader ■; il s'agit mm doute d'une broigne, cuiraste en cuir, revêtue d'écaillea de (er imbriquées.