III. — L ANCIENNE ET LA NOUVELLE CHANSON XXXV
nier, foisent «n même temps pénitepce de ses &utes, et notammem de celles que l'orgueil lui avait commettre. Sa femme travaille comme couturière. Enfin, la récoDcUiatioii a lieu, grâce il l'eatremise de la reine, belle-sceur de Girart.
If (IS S49*^7S). Touterois le roi n'a pardonné qu'à contrecoeur. Il permet aux enfants de Thierri de recommencer la guerre contre Ginirt et les soutient, tandis que, de son côté, la reine aide Girart et les siens de ses conseils et de son argent. Mais les ennemis de Girart ne tardent pas à Stre battus et faits prisonniers. Girart, conseillé par la reine, se montre plein de générosité h leur égard ; il leur rend la liberté et une trêve de sept ans est conclue. Mais au bout de sept ans la guerre recommence (S 617) et cette lois le roi y prend part ouvertement. Mal lui en prend, car il en battu et fait prisonnier. Girart, cette fois encore, se montre généreux. La paix est conclue par l'entremise du pape, et Girart consacre le reste de sa vie à des fondations de monastères et autres bonnes ceuvres.
Je viens de dire que l'ordre des récits n'était pas 1« même dans la vie latine et dans le poème renouvelé. En effet, ces récits se correspondent d'un tex^e à Pautre selon le tableau suivant :
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En somme, la différence consiste en ce que la vie latine place en troisième lieu le récit de la guerre qui se clôt par la bataille de Vaubeton, tandis que, dans le poème, cette guerre est la première des trois. Si on considère que, dans la vie latine, elle, ne se ratit«^cbe
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XXXVI INTRODUCTION
aucunement à ce qui précède, qu'elle n'est nullement motivée, on sera sans doute poné à donner la préférence à l'ordre suivi dans le poème. D'ailleurs, puisqu'il faut nécessairement qu'il y ait eu transposition d'un côté Ou de l'autre, il est aisé de comprendre que l'erreur a pu être commise plus facilement par l'hagiographe que par le renouveleur de la chanson de geste. L'hagiographe, en effet, se souciait médiocrement de reproduire avec exactitude les faits de guerre que racontait le vieux poème. Ces récits n'étaient que la partie accessoire de la vie qu'il rédigeait. Il est .même fort possible qu'il n'ait jamais eu sous les yeux le texte du poème ; les manuscrits des chansons de geste devaient être singulièrement rares à la fin du xi* siècle, et vraisemblablement ne sortaient pas des mains des jongleurs. Il peut n'avoir connu le vieux poème que pour l'avoir entendu réciter ou chanter, et, dans ce cas, il n'est point surprenant qu'il ait mis hors de sa place tel ou tel récit. Au contraire, on s'explique difficilement qu'on puisse remanier ou récrire un poème dont on n'a pas le texte à sa disposition. Sî donc l'ordre primitif est celui que nous o£Fre la vie latine, si la transposition doit être imputée au renouveleur, il faut qu'elle ait été faite avec intention, de propos délibéré, et on ne voit pas pour quel motif cette modiâcation aurait été apportée à l'ordre suivi dans l'original '.
1. A ces considfmion*. déjà très sutïîïaates pour justifier l> thise que je toutîens, on peur ajouter un argument fpurni par le texte mime de la vie latine. Non-seutement la troisième guerre, qui, Kion moi, devrait fiire la première, est placée vers la fin de la vie comme ua épisode sans connexion avec ce qui précède et avec ce qui suit, mais encore il est notable que la deuxième guerre, qui, à mon sens, devtmit être la troisième et dernière, se termine par une paix qui, d'après les expressions mtrat de l'hagiographe, semblerait ne devoir jamais être
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m. — L ANCIENNE ET LA NOUVELLE CHANSON XXXVII
Dans le cas que nous venons d'examiner, il est évident que le poème renouvelé a mieux- conservé l'ordre du poèmt original que la vie latine. Mats c^est un pur accident. En général, lorsqu'une difEérence existe entre les récits du poème renouvelé et ceux de la vie latine, on peut affirmer en toute sécurité que cette dernière représente le mieux la rédaction originale. Nous allons passer en revue quelques-unes de ces différences. Nous nous formerons ainsi une idée de plus en plus exacte du contenu de l'ancien poème, et en même temps nous apprécierons de mieux en mieux la part d'originalité qui revient au renouveleur.
L'une des plus notables, entre les didérences que présentent les récits de la vie latine comparés à ceux du poèmtf renouvelé s'observe dès le début. Selon la vie latine, comme selon la chanson renouvelée, Charles ' et Giran ont épousé les deux sœurs ; celui - ci a pour femme l'aînée, appelée Berte, celui-là lacadette, qui s'appelle dans la vie latine Eloïse, nom qui se rapproche assez du nom d'Elissent adopté par le poème; mais là se borne la parité des deux récits. Dans la vie latine, les deux soeurs ont pour père Hugues, comte de Sens * ; dans le poème, elles sont tilles de Pempereur de CÀïnstantinople. On peut supposer que l'hagiographe a em-
iroublÀ : ( -. iaviceoi rei ci Gîrardus, commiisis indultïs et veteri-
■ biu quereljB sedatit, Armo perpétue et aincere ditectionii glurïoo in-
■ vïcem confèderantur, Girardo ntmiruni suo (ure libère ac quîete po- • tieate. tl sic Jînis tam diulurne controvirsie fuit «(î 73.).
I. Ctiarlea Martel selon le poËme, Charles le Chauve — ce qui serait en tout cas plus conforme à l'hUtoira — aelon la vie Itiine; )e reviendrai plus loin sur cette différence qui n'est peut-£tre qu'appa-