I. Fronlin, Slralagemalicon, lib. Ill, cap. xv
a. Caiïl, dans tes Mémoires de f histoire du LangueUoe, tprit tivoir montré que l'histoire de la prise de Carcassonne connue sous le nom de Pkiiomeaa esl un pur roman, continue ainsi (p. 40H} ;
u Ceate hiiioire fabuleuse de la prinsedeCarcassonc faicce parChar- « lemagne a esté depuis amplifiée par de nouvelles fables, que ceux qui " ont parié de Carcaiaone (iic) ; car ils disent que Charlemagne, voyant « qu'il ne pouvoit prendre par force la ville de Carcassone, tascba de a la prendre par famine, leur ostam tous moyens de pouvoir recevoir u des vivres. Ce siege fui si long que la pluspart des habitans de Caru casaone mourujeni des incommodités qu'ils receureot durant la Iodu gueur de ce siege; tellement que dame Carcas, dame de ladite ville, u voyant la ville despourveue d'habitants, couvrit les murailles d'homu mes de paille, lesquels elle faisoît changer de leur lieu a toutes
■ heures, et afin que l'empereur ne creul pas que les vivres manquas-
■ sent a leur ville, elle fit isanger un minot de bled a une truye, et a aprËs la jetta morte dans les fossez, a dessein que les assiegans la a voyant pleine de grain, eusseol ceste opinion qu'ils «voient de bled u en abondance, puisqu'ils en nourrisoient le* truyes. >
m. — L ANCIENNE ET LA NOUVELLE CHANSON XXXIIl
bonnier, tandis que sa femme exerçait celui de couturière. Après sept ans d'esil et de pénitence, Girart rentre en grâce auprès de Charles, par l'entremise de sa belle-sceur EloTse.
II (SI 34-71). Excité par de mauvais conseillers, le roi cherche querelle à Girart, qui, après avoir épdsé tous les moyens de conciliation, se décide à faire la guerre. Le roi est vaincu en plusieurs batailles et refoulé jusque dans Paris. Lh il se disposait à conlinuer la guerre, lorsqu'un ange lui apparut qui lui ordonna de faire la paix avec Girart. ||S 72-125) C'est alors que Girart et Berte se vouent à l'accomplissement des bonnes œuvres et fondent des monastères.
III (Il 115-149). Nouvelle guerre dont le motif n'est pas indiqué et dont la conclusion manque. Le roi prend Roussillon par trahison ; Girart reprend son château. Une bataille b jour convenu a lieu k Val-Beton. Cette bataille était encore indécise lorsqu'une tempête épouvantable vint séparer les deux armées qui se retirèrent chacune de son côté.
Il est manifeste que ces récits ne peuvent être considérés comme un résumé fidèle de l'ancien poème. Girart est ici représenté comme un saint personnage, ne combattant qu^à son corps défendant. Le roi e3t visiblement sacrifié. De plus, la troisième guerre n'est pas motivée, et la seconde Test à peine. Cependant, dans l'ensemble, ces récits nous donnent une idée de ce que pouvait contenir rancieone chanson de geste. Ils nous permettent de rattacher le Girart de Roussillon épique au Girart historique, conclusion que n'autorisaient pas les allusions relevées au chapitre précédent, puisqu'il n'y était question ni de Berte ni de la fondation des monastères de Vezelai et de Pothières.
INTRODUCTION
g 3. — L'ancienne chanson 4e geste comparée à la chanson renouvelée.
Prenons maintenant comme terme de comparaison la chanson renouvelée, et résumons les récits qu'elle nous offre. Il est incontestable que tous les traits que ces récits auront en commun avec la vie latine devront être considérés comme appanenant originairement au poème primitif d'où ils seront passés à la fois dans la vie latine et dans le poème renouvelé.
L'histoire des luttes de Girart et de Charles, que nous ofire le poème renouvelé, se divise assez bien en trois parties qui correspondent fort exactement aux trois récits épiques de la vie latine qui, toutefois, ne se présentent pas dans le même ordre.
I (§S 38-i8g). La guerre éclate pour un motif qui Q'est nulle part clairement exprimé '. Charles s'empare du château de Roussillgn par trahison. Girart le reprend. Bataille de Vaubeton à laquelle met fin un orage épouvantable actompagné de signes merveilleux. Les deux armées se séparent et la paix est conclue à cette condition que le duc Thierii d'Ascane (d'Ardenne?) sera exilé pendant cinq ans.
II (§§ 190-549). La paix dure tout le temps que Tfajerri reste en exil. Mais h son retour, il est tué en trahison par des cousins de Girart. Charles rend Girart responsable de ce meurtre. La guerre dure au moins cinq ans f% 4r6). Girart battu, abandonné de presque tous les siens, est rédiiit à se cacher, et, pendant vingt-deux ans (g 534), il exerce le métier de charbon-
I. Au £ 3tt, le poite suppose que le* bons Kntimeais delà reine pour Girart avaient cxciié ta jalousie du roi. Mais ce motif ne reparaît plut nulle part.