I. Cf. p. 77, noie I
3. Le vers est complété par cetie cheville que/est (que fit) Ginarj Oxf., Gininr^'Ou Gunarj L., Gaigartif P. (v. 4370). Ce bbrioiat de heaumes ne m'est pai connu d'ailleurs.
GIBART DE ROUSSILLON I7I
343. Ce fut aux plus longs jours, à l'entrée de l'été , un mardi \ le soleil brillait de tout son éclat. Les armées se heurtèrent et ce fut péché. On ne cesse de frapper et de toer. Vous verriez mille hommes étendus sur la face ou sur le côté, qui ont perdu pied ou poing ou ont la tête tranchée, et tant de gonfanons rouges couverts de sadg, enfoncés dans le corps de chevaliers, et des milliers de chevaux si serrés qu'il n'y a [entre eux] aucun homme qui étende la main ou bras, car là nul ne peut vivre, sinon par miracle. GirarC vint par |a mêlée, plein de fureur; il a tué ou blessé vingt hommes. Son visage est altéré ; plein de rage, il met pied â terre, enfonce son enseigne en un pré, et crie aux siens : « Chargez, frap-
> pez, tuez, tranchez ; et, si vous êtes poursuivis, repliez>vous B sur moi, car, sachez-le, d'ici je ne bougerai que je ne sois » prisonnier, ou tué, ou victorieux. Charles sera roi ou dé- B chu' !» Puis il dit à Fouque : « Restez avec moi! » Et Fouque répondit sagement, en chevalier courtois et sensé qu'il était : » De tout temps tu as été léger, cruel, em- ■» porté, et c'a été un grand malheur pour le monde que le » jour où tu es né. Ce n'a pas été un don, mais une grande s perte. Par toi a été abaissée la sainte chrétienté. Homme
> cruel, ne vois-tu pas comme tes hommes sont réduits ! II y » en a plus de sept mille tant morts que blessés, et pourtant s nous les* avons bien repoussés, et Charles a perdu assez des » siens. Mais le roi est ton seigneur, une grande puissance.
■ C'est au milieu de sa terre qu'il nous a trouvés; les ren-
> forts lui viennent de tous côtés; il n'a qu'une lieue à faire n pour être à l'abri. Maintenant il n'y a pas de honte pour
■ vous â battre en retraite. Vous seigneurs, francs cheva-
> liers, donnez-lui le même conseil. Si vous avez parent ou » frère [qui soit blessé], enlevez-le,. et emportez-le au petit
> pas. Je ferai l'arrière-garde avec don Daumatz, Boson,
I. Le texte, et par suite le sens, est douteux. Oxf. ajoute : ■ rai ma terre quitte et en paix.s
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lya GIBABT DE ROUSSILLON
» Gilbert, Garin d'Ain; et, si vous subissez aucune perte, » rendez m'en responsable. » Girart quitta la mêlée, contraint et forcé; dès ce moment il ne fut pas poursuivi seulement un pied de terrain. Personne n'osa lui dire qu'il y eût eu, de sa part, faiblesse ni lâcheté, mais toutefois Charles et les siens restèrent maîtres du chahip de bataille.
3^4. Charles resta maître du champ de bataille. Il vît tant de damoiseaux étendus sous leur ventaille, tant de hauberts saffrés. aux mailles sanglantes. Aux vivants il donnera, ditil, assez de quoi vivre; quant aux morts, il ne sait penser chose dont ils aient besoin, sinon pour chacun un cercueil, et à celui qui le taillera ', il donnera cent sous. Un abbé breton de Cornouailles - dit alors : * Je ne demande pas à Dieu - » de me donner le relief d'une autre table ' ! n £t lé roi le lui donna en fief, et en bailla son gant.
345. " Que les évêques, les abbés, nos docteurs, fassent » un cimetière en l'honneur de Dieu, l'ous ceux qui sont H morts ici, les nôtres et les leurs, sont tombés les uns contre » les autres; pour leur seigneur '. » Tous les principaux [de l'armée de Charles] l'ont octroyé ainsi. L'abbé donna pour