‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 300 sur 406 · Voy. p. 157. n · texte numérisé non relu

Voy. p. 157. n

i). Cela veut dire que la mêk'c fut i.\ générale que les comi<attanis n'avaient pas le loisir de choisir leurs adversaires et devaient accepter mime les moins dignts. Les Gascons et les Lombards {par cette ticsigiiation on entend les Italiens) nu passaient pas, au moyen Age. pour

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383. La bataille coQimença le long de ta rivière, au port. On n'y observa aucune mesure ', on ne consulta ni augure ni sort ". Droit et tort furent confondus. Ne croyez pas que personne se retienne de frapper: on cherche par tous les moyens a su donner la mort. Ceux qui conservèrent le champ de bataille, les plus forts, n'y gagnèrent pas de quoi se consoler de Leurs pertes, car il n'en est aucun parmi euX qui ait été a sez épargné pour n'avoir pas lieu de s'affliger.

384. Le port a nom Civaux, sur la Vienne'; la rivière était tranquille, le terrain uni. Le soleil était chaud : c'était au mois de mai, à midi. Là vous auriez vu tant de damoiseaux mettam tous leurs efforts à frapper et à tuer. Vous en verriez mille étendus pâles, dont. le plus âgé n'avait pas trente ans et était sans un poil blanc. C'est là qu'on réveilla le souvenir de la quintaine oti moururent les deui fils de de Thierri, le duc d'Ascune. Ainsi la haine s'envenime et le mal s'accroît.

385. Voici par le champ Begon de Val Oleï, qui appelle Pierre de Mont-Rabei. Et Pierre lui répond : « Je vous vois > bien. 1 Ils piquent des deux et se frappent. Il n'y a si fort écu qui ne se brise; les quatre côtés des hauberts sont faussés. Ils s'abaitent l'un et l'autre en un chaume, et si Begon

£tre trùs loyaux ni lies vjjlbnis. Voir, pour les Lombards, les texies réunis par M. Fr. Mielicl, Guerre ds Navarre, p. 484, et par M. Tobler, Zeitschri/t fur romanUche Philologie, III, loo-i; pour les Gascons, voir ci-dessus, l 377.

i.Celd-veut dire, je suppose, <]ue l'on se bjttil avec acharnement, •ans tenir compte des usages giSnéralement observes dans les combats.

%. Cf. p. :85, n.4.

3. Sivaus Oïf., Sivax P. ;v. 5 100) ; Sival au cas régime, JJ 37; et 3go. C'esl, selon M. Longnon (Géographie de la Gaule au vi' siède, p, 577), Civaux, Vienne, arr, de Montraorillon, canton de Lusaac, village situe, en efli:t, sur la Vii;nne, et près duquel existent de nombreux sarcophages de pierre où l'imagination populaire voyait la trai^ d'une bataille sanglanle. Civaux est à 17 kîl. environ du S.-E. de Poitiers. On verra au % 398 que le lieu de la bataille n'était pas éloigné de celte ville.

I go ' GIRAKT DK ROUSSILLON

mourut, le roi ea fut content. Pierre, à la suite de cette rencontre, garda le lit pendant cinq ans, ne pouvant ni monter à cheval ni ri:ndre la justice.

386. Quand Gautier vit tomber son Sis Pierre, il ne faut pas s'étonner si en son cœur il en fut afRigé, Il frappe Begon à terre >, sous le nombril, de sorte que la lance pénétra dans le sol. Agenois et Fouchier arrivent au galop : ils frappent Gautier, lui fendent l'écu vermeil , et l'abattent mort si bien qu'oncques il ne bougea.

387. Par là sont passés sept cents * guerriers chases et habitants de Mont-Rabei; ils trouvent Pierre blessé et Gautier, leur seigneur naturel, leur porte-enseigae, mort. Ils l'enlèvent de la mêlée, tristes et sombres, puis ils y rentrent, irrités et farouches. Ils tuèrent beaucoup des gens de Fouchier, mais à la lin ils le payèrent cher, car il n'y en eut pas vingt qui échappassent sains et entiers.

'ii&. Fouque était un guerrier prudent et vaillant. 11 cx4tninala bataille, juges la position, et, laissant le ilanc gauche, il dirige ses hommes vers la troupe royale [i) et attaque sur le flanc droit, ils font un bruit de tempête. Là vous auriez vu tant de damoiseaux de franche naissance tomber à bas du cheval, et tant de téies se séparer de leurs bustes, sans qu'aucun d'eux fût assisté d'un prêtre ! Tant de noblesse resta sur le champ de bataille que les salles sont désertes quand vient une fête.

389. Henri vint criant : « Vauluc ! Vauluc! ■ Celui qu'il frappe de sa lance ne remue plus. Il appelle Girart traître! malheureux la C'est pour votre malheur que vous avez vu » la mort du duc Thierri 1 » Fouque courut le frapp er, quand il le reconnut. 11 lui trancha le haubert , lu poitrî ne, le buste et l'abattit mort â terre : ■ Désormais vous laisserez tran- ■ quille le duc Girart I •

f. Ségoa éiah lotabé de chevil. en minii temps que Pierre. I. H Deux siens guerrier* > P. v. 5139.

GlllABT DI£ ROUSSILI.ON I9I

390. Cette bataille eut lieu un samedi, à Civauic, le long de la Vienne, en un pré. Là vous auriez vu tant de damoi- . seaux, la bouche ouverte, tant de barons étendus morts [sur la route. Ce fut un jour de malheur, celui oil fut résolue et commencée cette guerre maudite de Dieu. France et Bourgogne en furent dépeuplées. Ah! Dieu, quel deuil pour les mesnies de Charles et de Girart, qui s'étaient engagées par serment à combattre jusqu'à lu mort. Ils étaient animés, mais leur ardeur ne venait pas de Dieu, à faire grand carnage ' ]par la plaine herbue. Tant de sang fut répandu par les champs couverts de rosée que l'eau de la Vienne en était sanglante pendant une lieue.

îgj' Cette bataille eut lieu un jour d'été et dura jusqu'i la nuit,tell£ était leur fureur. Landri ' et Auberi se sont rencontrés, frappés, renversés, blessés à mort. Si je nommais ' tous ceux qui ont jouté, si je contais coinment chacun s'ejt battu, je ne serais pas arrivé demain à la moitié de mon récit. Boson, Fouque, Bernart font un grant abattis. Ils n'avaient à leur suite que sept mille combattants, et cependant ils ont chassé du champ de bataille Charles qui avait dix mille hommes; mais, avant qu'ils les eussent fait reculer d'une portée de trait, la moitié d'entre eux était couchée sur le sol et les rangs de ceux de Fouque étaient bien éclaircis. Alors Charles eut peur et son cœur se remplit de dépit. Contraint par la nécessité ', il appela, en sonnant du cor, trois mille Allemands qu'il avait placés en réserve. Ceux-ci arrivent en rangs serrés ; ils trouvent les combattants [des deux partis] tout mêlés, et les ranjjs confondus; chargeant en masse, ils les ont troués et deux fois les ont traversés. Ï92. Les Allemands s'avancent, chantant leur Kyrie ♦.

I. Ce qui est eniri [) manque dans Oxf. iP. vv, âiSg-Gj). a. landri de Nevers.

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